Le Blog de Christian Grenier, auteur jeunesse

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Billets d'humeur

La minute du vieux schnock ...

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Lundi 20 février 2012

A bas la culture

La loi est passée : au concours d’entrée de Sciences Po et de plusieurs grandes écoles, on a supprimé l’épreuve de culture générale.

Objectif : ne pas pénaliser les candidats issus de milieux modestes.

Et pour démontrer le caractère démocratique de cette mesure, on interviewe des jeunes qui en effet affirment : est-ce que c’est important de savoir où la Loire prend sa source et qui est le peintre Géricault ?

Quelle perte de temps et d’énergie en effet !

Etrange mesure toutefois, qui fait suite à l’obligation aux étrangers sollicitant la nationalité française de connaître l’origine de la Bastille ou les fleuves et les montagnes de France… obligation dont sont dispensées les futures élites de la Nation !

Il est vrai que la culture a changé, il suffit de voir les nouveaux jeux à la télé où les questions portent sur les comédiens des séries américaines des années 80.

Aujourd’hui, c’est quand vous ne savez pas qui était Whitney Huston ou si vous n’avez pas vu La vérité si j’mens 3 que vous passez pour un plouc.

J’exagère ? Regardez donc, dans la dernière pub de votre supermarché, de quoi parlent les « pages culturelles » !

Il fut un temps où l’on saluait la culture de la rue comme si la connaissance naissait spontanément, de même que « le bon sens populaire ».

Aujourd’hui, la démocratie revient à encourager le peuple à regarder TF1 et à lui demander d’aller voter ensuite. On oublie que le plus grand nombre a droit au meilleur. Et surtout aux moyens d’y accéder.

Mais c’est bien plus pratique de penser que la culture ( la vraie, celle qui cherche à apprivoiser les connaissances pour affiner son sens critique et sa pensée ) n’est plus tendance.

D’ailleurs, aujourd’hui, dans certains collèges, la pire des insultes, c’est intello.

Lundi 13 février 2012

Repli ?

La pire des récessions, c’est sans doute le repli.
Un repli sur son pays ( nationalisme ) ou sur soi ( égoïsme ) qui suggère que si les autres, ce n’est pas encore l’enfer, ils ne deviennent sympathiques et fréquentables que s’ils sont loin de vous.

A l’occasion du dernier Salon de Montreuil, je suis allé passer quelques jours à Paris.
Ne plus vivre dans la capitale, y faire un saut bref deux ou trois fois par an, c’est être soudain frappé par une évolution rapide des comportements…
En six mois, il m’a semblé que le nombre des SDF s’était multiplié : impossible de faire cent mètres dans la rue ou de prendre le métro sans être croisé par quelqu’un qui vous demande une cigarette, un ticket-restaurant, un euro.
Peut-être pour échapper à ces indésirables solliciteurs, la plupart des passants et passagers du métro s’isolent au moyen d’un de ces nouveaux trucs électroniques sans lesquels vous passez désormais pour un plouc : I-Pad, DS, tablette, liseuse, téléphone portable… bref, un machin muni soit d’écouteurs ( pour vous occuper les oreilles ) soit d’un écran ( pour vous occuper les yeux et les doigts ). Privé de cet accessoire indispensable et tendance, vous êtes tout nu. Ou bien vous rejoignez un club privé, si intime que leurs adeptes ne communiquent que par un humour distant et complice.

C’est ainsi que je me suis retrouvé, début décembre, assis ( par chance ! ) dans une rame de métro de la ligne 9, un livre entre les mains ( La délicatesse de Foenkinos, voir ma critique sur le blog ! ). Ayant levé les yeux ( « bon, j’ai encore trois stations avant Robespierre » ), j’ai soudain noté qu’autour de moi, tous les passagers étaient occupés à communiquer avec l’un des appareils susnommés, chacun bien isolé dans sa bulle. Une vraie séquence de SF ! Un extrait vivant de THX 1138 ( premier film de George Lucas pour les non initiés ).
C’était si comique que je me suis surpris à sourire. Un sourire dont j’ai tout à coup aperçu l’écho sur les lèvres de la passagère qui me faisait face. Forcément : elle lisait, elle aussi - un livre de poche dont je n’ai pu voir ni le titre ni l’auteur.
En une seconde, son regard a balayé le wagon avant de revenir vers moi.
Traduction : « Incroyable, non ? Nous sommes deux à lire ! Et… à communiquer sans même avoir besoin de parler ! Nous faisons partie d’une espèce en voie de disparition… »
Les yeux de la passagère se sont abaissés vers l’ouvrage que j’avais en main. Elle a incliné la tête et son sourire s’est accentué.
Traduction : « Très bon choix. Je l’ai lu. Vous allez voir, c’est formidable. »
Puis elle a replongé dans sa lecture. Et moi dans la mienne.
Un bref moment de complicité qui m’a ravi.

Je ne critique pas celles et ceux qui passent leur vie avec ces nouveaux moyens de communiquer. Après tout, le livre est aussi un moyen de fuir le réel et de dialoguer… avec des écrivains souvent disparus et des héros virtuels !
Mais je m’interroge.
Mes petites-filles n’échappent ni à la règle, ni aux modes. Pendant les congés de Noël, elles se disputaient souvent pour accéder aux deux ordinateurs de la maison connectés sur Internet tandis que l’aînée, entre deux devoirs, tripotait elle aussi son téléphone portable pour rédiger des textos.
Rentrée chez elle à Paris, notre fille a eu la bonne idée de les interroger :
- Quel a été le meilleur moment de vos vacances de Noël ?
Elle pensait qu’elles évoqueraient le repas du réveillon ou la découverte des cadeaux… eh bien non !
L’une a répondu : « Les parties de scrabble qu’on faisait le soir tous ensemble ! »
Une autre : « Le puzzle qu’on a mis trois jours à finir ! »
La dernière ( la plus jeune, 6 ans ) : « L’après-midi passée en forêt à cueillir des champignons ! »
Nous ne sommes pas trop guettés par le repli.
Et le réel a encore de beaux jours devant lui.
Merci, les enfants !
C.G.

Jeudi 12 janvier 2012

Paris-Dakar ? Pas d'accord !

On le sait : les trois mousquetaires étaient quatre, la Révolution d’octobre a eu lieu en novembre  et le Paris-Dakar se déroule désormais en Argentine, quelques heures après le départ la course 2012 compte déjà un mort ( le 21ème du Paris-Dakar ) et un blessé grave.

On va me rétorquer : après tout, si des casse-cou trouvent plaisir à crapahuter dans des contrées désertiques, pourquoi pas ? L’Atacama, c’est quand même mieux que l’Afrique où nos représentants motorisés du monde riche traversaient les villages de populations souvent affamées.
Et puis le sport automobile n’est-il pas apprécié des médias ?
Euh… vous avez dit sport ?

Là encore, je m’interroge.
Se faire les muscles sur un stade  ( ou un cheval ), avec un vélo ( ou un kayak ) bon ! Mais dans une grosse cylindrée ?
Comment ? Ah oui : c’est une compétition et on transpire ( normal, avec 50° ! )
Mais assimiler à un sport une activité qui pollue la planète et prend le risque de faucher des spectateurs m’a toujours paru une activité bizarre.
Peut-être parce qu’elle valorise la vitesse et glorifie le risque.
Comme si c’était là un modèle, un exemple à suivre. Mais si, comment s’étonner après ça que certains se risquent à jouer au rodéo la nuit sur les parkings ou à rouler sur l’autoroute à 230 à l’heure - voire à contresens, histoire de corser la difficulté ? On nous demande sans cesse de lever le pied, d’être prudent, de respecter la vie ( et de consommer moins ) tout en valorisant une activité qui montre… exactement l’inverse !

A y bien regarder, un certain cinéma d’action a d’ailleurs le même programme : ses héros tirent sur tout ce qui bouge ; ils provoquent des carambolages, bousillent dix voitures à la minute, pillent des banques et échappent à la police au plus grand soulagement, parfois, des spectateurs invités à être complices.
Oh, loin de moi l’idée de moraliser, ou de censurer quoi que ce soit.
Mais je note, à titre d’exemple, que depuis deux ans, il a été demandé aux journalistes de ne plus évoquer, le matin du 1er janvier, le nombre de voitures brûlées pendant la nuit. Afin que cette compétition annuelle, cette sympathique tradition incendiaire, soudain privée d’images et de publicité, ait moins d’adeptes.
Et si ce n’était pas si mal vu, après tout ?
N’est-il pas hypocrite d’interdire au public des comportements que les médias célèbrent et, d’une façon insidieuse et détournée, finissent peut-être par encourager ?

Mercredi 04 janvier 2012

Pourquoi vous écrivez ?

( les lecteurs de l’éditorial du site peuvent passer au chapitre suivant ! )

Ou, posée par les adultes : Pourquoi écrivez-vous ? Ou encore :

Vous écrivez… pourquoi ? Pour quoi ? Un quoi qui sous-entend pour quoi faire et pour qui ?

Cette question pourtant simple ( trois mots ! ) me plonge dans l’embarras !

Souvent, je réponds : demande-t-on à un chanteur un peintre ou un alpiniste pourquoi il chante, peint ou part à l’assaut des sommets ?

C’est à la fois gratuit et assez mystérieux.

Gratuit ?

Oui. A dix, quinze ou vingt ans, je n’écrivais pas pour gagner ma vie mais par passion, par besoin. D’ailleurs, il y a mille autres moyens plus rapides et plus efficaces pour vivre, 49 écrivains sur 50 ont un autre, un vrai métier.

Ce n’était pas non plus pour devenir célèbre – ou même avoir mon nom sur la couverture d’un bouquin.

Ce qui ne répond pas à la question.

Longtemps, j’ai répondu : « j’écris pour changer le monde », à l’image de Jean Ferrat qui avouait : « je ne chante pas pour passer le temps ».

C’est vrai : j’ai des angoisses, des convictions, des espoirs. Et l’écriture est un acte magique ( au sens propre ) qui me permet de les matérialiser.

C’est une façon de les formuler et de me désinhiber, je suppose.

On me rétorquera que je raconte d’abord des histoires avant de vouloir en tirer des leçons. Sans doute. Mais depuis mon premier récit ( Les méchants sont toujours punis, conte utopique écrit à six ans et demi ), je cultive le besoin de communiquer avec d’improbables lecteurs, le premier d’entre eux étant moi-même à qui je formule souvent une question déguisée ou un défi.

Ecrire, c’est dialoguer avec soi par écrit, pour fixer sa pensée et la faire avancer.


Suite de la réponse livrée dans l'éditorial :


Ces questions, la fiction me permet d’y répondre au moyen de personnages et d’aventures imaginaires, parce que la vie courante ne me permet pas d’agir.

Ecrire, c’est donc se projeter dans d’autres situations – de même que lire, c’est vivre d’autres vies par procuration.

Soixante ans plus tard – eh oui ! – se profile un autre élément de réponse, que Jules Renard a formulé de façon lapidaire :

Ecrire, c’est une façon de parler sans être interrompu.

Là encore, mes lecteurs vont sourire : quand vous parlez, on ne vous interrompt pas !

Détrompez-vous. Quand je suis en intervention, je trompe mon monde. On me laisse la parole et je la prends. Mais dans la vie courante, j’écoute surtout mes interlocuteurs. Je m’intéresse à ce qu’ils me confient. Un écrivain est souvent un auditeur attentif, qui fait son profit de tout, qui le digère pour le ressortir magnifié sous la forme déguisée d’un roman.

Enfant, je n’avais pas la parole. J’ai grandi en écoutant. En ruminant et en cogitant. Ecrire, c’était je crois « parler sans être interrompu ». Sans qu’on m’oppose une interdiction, un rire ou la formule : Les enfants n’ont pas la parole...  Tu te tais...  Tu comprendras plus tard !

Aujourd’hui, les enfants ont la parole. Et les ados s’expriment bien plus qu’avant. Ne serait-ce qu’avec les SMS, textos, blogs et autres réseaux sociaux. Echanges à la frontière de l’oral, souvent superficiels et factices.

Très tôt, j’ai utilisé l’écriture pour construire et formuler ma pensée. Sans génie, simplement par imitation. Parce que les auteurs que je lisais ( que faire d’autre que lire quand on n’a ni télé, ni frère et sœur ni copains ? ) me faisaient réfléchir et rêver. Et que, sorti de l’école, ces deux activités meublaient et comblaient ma vie.

En même temps, soixante ans plus tard, il m’arrive de m’interroger : » Tu écris encore et toujours. Mais pourquoi ? Que d’énergie et de temps perdus ! » Au fond, l’écrivain n’est pas vraiment responsable. Ecrire devient peu à peu une maladie, une drogue, un besoin. Une obsession que des milliers de lecteurs, parfois, encouragent. Une douce aliénation qui peut tourner à la frénésie maniaque et solitaire. Car à l’inverse du comédien qui a besoin du public, l’écrivain n’a pas toujours besoin du lecteur.

Au fond, face à l’écriture, deux attitudes sont possibles :

1/ Je veux publier, être lu, rejoindre ce prestigieux club fermé. Je veux devenir le nouveau Rimbaud ( Flaubert, Tolkien… Hugo voulait bien être « Châteaubriand ou rien » ! ) et, pour cela, me plier au besoin… aux besoins et aux désirs des lecteurs – ou des éditeurs, question de plus en plus épineuse. Faute de quoi écrire est inutile et vain.

2/ Le besoin d’écrire me dévore ( lire Lettres à un jeune poète de Rainer Maria Rilke ) et je l’utilise pour m’exprimer, au sens propre : faire sortir en mots ce que j’ai en moi. Du moi au mot. Des mots à l’émoi – quitte à ne pas être lu ou compris, dès l’instant où je peaufine et grandis mes exigences.

Bien sûr, la plupart des auteurs ne cessent de louvoyer, d’hésiter ( parfois leur vie durant ) entre ces deux nécessités, ces deux exigences.

Sans caricaturer, disons que les échanges épistolaires entre Flaubert et Sand ( voir ma lecture du mois du ) évoquent souvent ces deux points de vue extrêmes, Sand écrivant pour faire vivre sa famille, Flaubert de façon plus gratuite.

Pourquoi, pour quoi écrire ?

Une question simple et grave, qu’un auteur se pose sa vie durant, et à laquelle il ne cesse de répondre de façon souvent nuancée et différente.

CG

Lundi 19 décembre 2011

Ecrivains ou écrits vains ?

Cet automne, deux écrivains défraient l’actualité : Tristane Banon et Charlotte Valandrey.

Euh… des écrivains, vraiment ?

Attention : loin de moi l’idée de minimiser l’importance d’une tentative de viol présumée, ou la sincérité d’une femme persuadée que son esprit est piraté par l’intrus ( providentiel ) dont le cœur lui permet par ailleurs de continuer à vivre.

Mon propos est seulement ( voir le titre de la chronique ) de passer au crible de la critique le caractère authentique de ces écrivains présumés – pardon : susnommés.

A mes yeux, un écrivain est quelqu’un pour qui écrire est une nécessité, il est moins préoccupé par la reconnaissance du public ou les chiffres de vente de son œuvre que par le caractère impératif, nécessaire, du récit qu’il porte en lui.

Or, je m’interroge…

Et j’ai, quitte à choquer, l’impression gênante que cette tentative de viol est en définitive une aubaine pour un auteur en recherche de chiffre de vente. Des viols réels, il s’en commet hélas chaque jour ; et celles qui en sont les victimes n’ont pas le cœur d’en faire un fonds de commerce, elles ne passent pas à la télévision et ne mettent pas en avant le crime qui a été commis sur elles pour en retirer une jolie publicité.

Avouons-le, l’opération est largement positive : non seulement ( ou alors je n’ai rien compris ) – Tristane Banon, de son propre aveu n’a pas subi les derniers outrages, mais elle réussit ce tour de force de publier ( le 16 octobre ) 126 pages sur un événement… qui, euh, aurait pu avoir lieu. Un récit qui, à grand renfort de publicité, risque d’approcher le tirage d’un Goncourt. Mais oui, il y a fort à parier que des centaines de milliers de lecteurs vont se précipiter sur ce livre, les mêmes que ceux qui, haletants, attendaient de savoir si oui ou non DSK était toujours dans son appartement new yorkais, ou à quelle heure il allait finir par en sortir.

Le cas Charlotte Valandrey me pose aussi problème.

D’abord comédienne, cet écrivain ( ? ) fait un tabac en relatant la façon dont elle a été contaminée par le SIDA. Eh oui, l’Amour dans le sang ( une mention spéciale pour le titre ) s’est vendu à 300 000 exemplaires.

Mais la plus belle opération médiatique est actuellement réalisée avec De cœur inconnu, où l’auteur séduit des milliers de lecteurs en affirmant qu’elle possède les souvenirs de la personne dont elle possède le cœur greffé.

Impossible ! affirment scientifiques et médecins d’une seule voix.

Qu’importe. De même que Paris valait bien une messe, cette fable justifie largement ce gros succès de librairie, relayé avec complaisance par tous les médias.

Voilà Marc Lévy battu sur son propre terrain. Non, ce n’est pas vrai, mais on a tellement envie d’y croire, n’est-ce pas ?

Seul petit problème : la comédienne signataire de l’ouvrage ne l’a même pas vraiment écrit. Au moins a-t-elle l’honnêteté ( il suffit d’ouvrir le livre pour le constater, sous le titre… ) de révéler qu’un inconnu lui a servi de prête-plume. Une pratique courante, qui n’empêche pas la pseudo écrivaine d’être présente sur à peu près tous les plateaux télé.

On l’aura compris : un écrivain authentique et sincère peut vendre peu, et même n’être pas publié ( combien Arthur Rimbaud a-t-il vendu de recueils de son vivant ??? ) ; Tristane Banon et Charlotte Valandrey : écrivains… ou écrits vains ?

Je ne déplore pas qu’il faille être contaminé par le Sida ou violé par DSK pour vendre ; je suis triste de constater que de tels récits soient assimilés à de la littérature, et que leurs auteurs soient gratifiés du nom d’écrivains.

CG

Jeudi 15 décembre 2011

Je prends La Mouche…

... pour rendre une fois de plus à César ce qui lui appartient.

Et je profite pour cela de la double sortie de :

* La délicatesse deDavid Foenkinos, à la fois l’auteur du roman ( voir la note de lecture juste en dessous sur ce blog ) et réalisateur du film.

* la nouvelle sortie ( en salle et en DVD ) du film La Mouche de Cronenberg.

David Cronenberg, ça vous dit quelque chose ? Evidemment.

Et La Mouche ? Bon, d’accord, inutile de vous raconter l’histoire.

Ce film, vous êtes des millions à l’avoir vu. Aux Etats-Unis, en France et ailleurs. Et quand je dis le film, encore faudrait-il savoir lequel. Parce que des mouches, si j’ose dire, il y en a eu beaucoup sur les écrans…

Vous voulez tout savoir sur La Mouche ?

Eh bien je vais vous en apprendre.

Si, si, sûrement.

Au cinéma, la première mouche, c’est…

En 1958, La Mouche noire réalisée par Kurt Neumann.

En 1959, Le retour de la Mouche, suivi…

En 1965, de La malédiction de La Mouche, on n’en finit plus.

Cependant, le film qui a eu le plus de retentissement est sans doute :

En 1986, La Mouche de David Cronenberg

En 1989, La Mouche 2 ne mérite guère son nom puisque tout un essaim la précède, ce que beaucoup de téléspectateurs ignorent.

Ces suites et autres variantes ne sont que les déclinaisons d’une idée de départ de SF géniale : un savant met au point un transmetteur de matière - donc deux cabines. Mais quand il pénètre dans la première pour se matérialiser dans la seconde, il ne s’aperçoit pas qu’une mouche est entrée et que l’ordinateur chargé de reconstituer dans la seconde cabine le contenu de la première va… faire son possible mais se mélanger les pinceaux en ne restituant qu’un seul être vivant.

Une hypothèse farfelue à l’origine d’une réflexion sur l’intelligence, le vivant et les risques de l’utilisation de certaines technologies.

Un thème qui m’est cher, on le sait.

Un opéra ( mais si ! ) au titre éponyme a même été créé. A l’initiative de Placido Domingo qui, en 1986, a commandé le livret à David Cronenberg.

La première a eu lieu en 2008 au Châtelet, à Paris.

Venons-en à César, c'est-à-dire à…

George Langelaan, vous connaissez, bien sûr ?

Non ?

Pas étonnant mais très dommage.

Parce que La Mouche, c’est lui.

Si j’ose dire.

Eh oui, La Mouche est une nouvelle de SF écrite par George Langelaan. Quarante pages d’un récit génial et bouleversant. Dont le narrateur est le frère de l’inventeur, Robert Browning. Une histoire que son auteur a dédiée à Jean Rostand et qui, à mes yeux, vaut évidemment toutes les mouches du cinéma. Parce que Langelaan dit en quelques dizaines de pages ce que plusieurs réalisateurs ont plus ou moins bien suggéré en beaucoup d’heures de films.

La Mouche fut publiée pour la première fois en 1957 dans Playboy ( version américaine ). Son auteur, dont le père était anglais et la mère française, fut avant tout journaliste et… agent secret, il était parfaitement bilingue et fut un grand résistant. Son récit le plus célèbre fut édité en français dans plusieurs recueils.

* Les nouvelles de l’antimonde, chez OPTA, où il travailla – il travailla aussi, dans les années soixante, pour les revues Plexus, Planète et Pilote ( mâtin, quel journal ! ) 

* Les vingt meilleurs récits de science-fiction ( choisis et présentés par Hubert Juin ), publié par Marabout en 1964 – en France et en Belgique, bien sûr

Bien entendu, aucun de ces ouvrages n’est réédité.

La Mouche originelle s’est envolée, écrasée ou plutôt dévorée par ses multiples versions sur écran.

Vive Cronenberg, oublié, Langelaan !

Quelques rares collectionneurs ( dont je suis ) ont encore le texte entre les mains. Combien eut-il de lecteurs ?

Oh, moins que ça encore, je le crains.

Dans les années 80, j’avais programmé La Mouche dans un recueil Folio Junior SF, mais j’ai été remercié avant de pouvoir faire sortir l’ouvrage.

Si vous voyez l’une de ces mouches au cinéma ou en DVD, ayez une petite pensée pour son inventeur, dont le nom, au générique, s’inscrira pendant une ou deux secondes. Ou moins que ça encore, je le crains.

George Langelaan est mort en 1972. Lui rendre ce bref hommage me semblait nécessaire. Comme me semble indispensable de rappeler deux évidences :

* Dans tout récit, y compris cinématographique, il y a avant tout un scénario. Donc une idée de départ, un scénariste – ou un écrivain, donc un texte.

* L’objectif ultime d’un récit n’est pas de devenir un film. Ce n’est ni une consécration, ni ( forcément ) une réussite. Et l’adaptation cinématographique la plus réussie ne devrait donner au spectateur qu’une seule envie : aller voir du côté de l’original.

Dernière info, livrée par mon webmaster Patrick Moreau : on trouve cette nouvelle depuis 2008 dans le recueil La Mouche / Temps mort judicieusement (re)publié par Flammarion ( Etonnants classiques N° 330 ).

Samedi 10 décembre 2011

7 buts à 1… et 1,4° de plus !

TerreSacree.org

France-Info, le 8 décembre à 7 heures du matin…

1/ Long flash spécial consacré à la victoire historique de l’Olympique Lyonnais contre l’équipe de Zagreb, 7 buts à 1 – un événement majeur.

2/ Quelques mots sur la réunion, ce même jour, du sommet européen. En cause : l’avenir des 27 pays de l’Europe en général et de l’euro en particulier.

3/ Accessoirement, on apprend que quels que soient les chiffres de décembre, 2011 sera l’année la plus chaude jamais connue sur notre planète : novembre est plus chaud de 1,4° par rapport aux moyennes saisonnières ! Le record de production de CO2 aura également été battu, contrairement aux vœux pieux et aux intentions théoriques qui ont suivi le protocole de Kyoto ( pour les oublieux, 182 pays ont accepté en théorie ou ratifié en 1997 ce protocole qui préconisait d’abaisser progressivement la production des gaz à effet de serre… ouarf, quelle utopie ! D’autant que parmi les non-signataires, on trouvait, excusez du peu, la Chine, l’Inde et les Etats-Unis ! ) Le sommet de Durban va s’achever sur des bonnes intentions et des promesses. Bah, on fera mieux la prochaine fois ?

J’avoue ( une fois de plus, devrais-je ajouter ) être assez stupéfait par l’ordre d’importance accordé à ces événements. Pour ma part, je l’aurais volontiers inversé. Parce que le troisième point me semble primer sur les deux autres.

Les deux autres ? Mais oui !

A quoi bon se préoccuper de la crise de la dette et de l’avenir de l’Europe si, dans les décennies à venir, on ne contre pas un réchauffement climatique qui, à terme, bouleversera l’économie mais aussi la survie de toute la planète ?

Mais voilà : aux yeux des journalistes ( ou plutôt aux responsables des diverses chaînes, soucieux avant tout de capter l’attention des auditeurs ), l’important, c’est ce qui intéresse le public en priorité…

Donc les résultats du foot.

Je propose de modifier quelques vieux dictons toujours d’actualité :

* non plus « du pain et des jeux » mais « des jeux et du pain », la coupe du monde de foot, le loto, le rubgy et les tournois de tennis ayant la priorité sur les problèmes de pouvoir d’achat.

* non plus « Après nous, le déluge » mais : « Après moi, le réchauffement climatique ! »

Dans mon roman Face au Grand jeu ( paru en 1975 à la Farandole, épuisé et jamais réédité ), le mot d’ordre des économistes qui gouvernaient le monde du futur était : « Vivez d’abord, vous paierez ensuite ! »

C’est un peu ce que nous avons fait sur le plan financier : nous avons vécu à crédit en laissant à nos enfants... les dettes.

Sur le plan climatique, idem : après l’avoir vidée de son charbon, de son gaz et de son pétrole, nous laisserons aux générations futures le soin de gérer une Terre exsangue et surchauffée. Avec, en prime, quelques tonnes de déchets nucléaires ( du type strontium et césium ) à longue durée de vie.

Longue ? Une paille : 28 000 ans.

Il est vrai que d’ici là… « l’humanité disparaîtra, bon débarras ! »

Mais là encore qui se souvient de René Dumont ?

Et qui connaît Yves Paccalet ?

CG

P.S. Ecrivain et écologiste militant, Yves Paccalet est l’auteur de: L'Humanité disparaîtra, bon débarras ! (2006), « plaidoyer contre la politique de croissance sans limites, responsable selon lui de l'épuisement de la planète et, à court terme, du risque de disparition de l'espèce humaine dans la violence la plus extrême. » ( Wikipédia )

Mardi 29 novembre 2011

L'enseignement par l'écran

Il y a vingt-cinq ans, il m’arrivait d’assurer auprès d’enseignants ou/et bibliothécaires une conférence au long titre étrange et provocateur : La place de l’école, de l’éducation et de la pédagogie à travers la SF.

Son contenu ? Un florilège d’extraits de nouvelles et de romans de SF abordant de façon originale et futuriste tout ce qui a trait à l’enseignement.

On riait beaucoup, notamment quand je lisais cette nouvelle dans laquelle une prof d’anglais effectuait devant sa classe un strip-tease torride pour que les élèves mémorisent le vocabulaire des vêtements. Je passe sur les « robots-enseignants » et autres gadgets pour m’arrêter, ici, sur un procédé qui faisait déjà un peu moins rire mon auditoire dans les années 70 : les enseignants avaient tous été supplantés par des écrans qui diffusaient des cours magistraux.

- On a enfin compris, expliquait le ministre de ce futur improbable ( du moins improbable dans les années 60 et 70 ), qu’il y a des enseignants plus passionnants et des cours mieux ficelés que d’autres. A quoi bon payer des profs dont les compétences sont discutables ? On a donc fini par déterminer quels étaient les meilleurs et par les enregistrer ! Quant au suivi et au contrôle individuel des connaissances, ils sont assurés par des programmes informatiques auquel doivent se soumettre les élèves jusqu’à ce que les ordinateurs jugent, d’après les résultats de chacun, que les notions enseignées sont enfin acquises.

Dans le cadre de l’opération « la SF ne sert à rien puisque la plupart des impasses qu’elle a explorées et dénoncées sont aujourd’hui en fonction sans que personne ne proteste », on pourrait se demander si cette solution finale ( sorry ! ) ne finira pas par être adoptée.

D’ailleurs, n’en prend-on pas tout doucement le chemin : disparition du sac au profit de l’ordinateur, du livre au profit de la tablette numérique et des clés USB, du prof par le tableau électronique - oui, je sais, je caricature… mais la caricature d’aujourd’hui préfigure la réalité de demain, voir la novlangue et les caméras de surveillance de Big Brother !

Reconnaissons que l’usage intensif de l’écran requiert tout de même bien mieux l’attention de l’élève que l’éternelle binette de son instit ou de son prof…

J’ajoute, à l’intention des syndicalistes, que l’usage des robots de tout poil ( sorry, indeed – disons de tout circuit imprimé ) offre mille avantages sur le corps enseignant : un corps d’ailleurs peu à peu transformé en cyborg puisqu’un enseignant sans ordinateur, sans écran et sans moyen audio-visuel devient aujourd’hui terriblement handicapé.

Eh oui, imaginez les économies !

Ne plus remplacer un enseignant retraité sur deux ? Mais non : on remplacerait désormais chaque partant par ce nouveau procédé ! Après tout, les ordinateurs, les programmes et les moyens audio-visuels sont, eux, disponibles jour et nuit, 24h sur 24. Ils ne tombent jamais malade, ils ne demandent pas de congé de maternité – et ils ne se mettent jamais en grève ! Quel rêve !

Quelle magnifique utopie !

Des esprits grincheux vont peut-être rétorquer qu’il faudra tout de même recruter un personnel humain de surveillance, dans les établissements scolaires comme à la maison, pour vérifier que… les élèves sont attentifs devant leurs écrans ( ! ) ?

Pas si sûr.

Déjà, à la maison, on sait que la nounou la plus économique, c’est la télé. Si l’écran est bloqué sur le programme de 6ème, aucun risque.

J’ajoute qu’un contrôle automatique d’attention, ou des exercices de vérification aléatoires pourraient être imposés au jeune télésp… pardon : à l’élève. Et s’il ne peut pas répondre ou s’il se révèle en faute, on lui enlève des points. Un nouveau système de radar sur la route des examens, vous me suivez bien ?

Et s’il faut trouver tout de même quelques gendarmes humains - pardon : je voulais dire « des surveillants » - ils se recruteront sans peine, ce seront des CDD à bas prix dont la tâche ne sera pas plus compliquée que celle d’un veilleur de nuit.

Invraisemblable, tout ça ?

Regardez-y d’un peu plus près.

Vous verrez que nous nous engageons sur un chemin qui y ressemble déjà assez bien…

CG

Mardi 08 novembre 2011

Une victoire de la démocratie ?

Depuis quelque temps, cette expression est très tendance.

Etrange… on ne l’emploie en réalité que dans quelques cas très précis : quand le vote populaire se prononce « dans le bon sens », quand l’opinion du peuple rejoint celle de nos sociétés occidentales en général et de l’économie de marché en particulier.

Récemment, en Grèce, le premier ministre Papandréou a proposé un référendum au peuple. Levée de bouclier immédiate en Europe ! A cette occasion, il semblait que la démocratie était priée d’aller se rhabiller. Ce n’était pas, mais pas du tout le moment de demander l’avis de la population. Pensez donc, elle aurait pu répondre NON à la question… au fait, quelle question ? Le G 20 a aussitôt débattu de ses termes, au cas où Papandréou se serait obstiné ! 

Parce qu’un NON aurait été… une défaite de la démocratie ?

Sans doute. Le peuple se serait trompé. Il aurait provoqué le départ de son pays de la zone euro, la faillite quasi immédiate de la Grèce et celle, à plus ou moins long terme, de l’Italie puis de l’Europe, entraînant un bouleversement mondial aux conséquences inimaginables.

On va me dire que j’exagère, que l’exemple est mal choisi, que la population n’a pas été mise assez clairement au courant des conséquences d’une éventuelle réponse négative… soit !

Prenons un exemple récent.

Celui de la Libye qui, à peine libérée du joug de Kadhafi, se prononce pour un gouvernement islamiste qui rétablit la charia. Gros embarras des pays occidentaux qui ont aidé le peuple à gagner sa liberté et à organiser des élections libres.

Là, personne n’a évoqué une « victoire de la démocratie », on se demande bien pourquoi !

On pourrait d’ailleurs se poser la même question en ce qui concerne les élections libres ( passées ou à venir ) dans des pays comme l’Afghanistan ou la Syrie - loin de moi l’idée d’être un sympathisant des Talibans, de feu Kadhafi ou de Bachar El Assad !

Je suis de mauvaise foi ?

Très bien. Alors voyons, à reculons, d’autres exemples à mes yeux édifiants : celui de certains pays de notre future Europe invités par référendum ( tiens ? ) à ratifier d’abord ( en 1992 )

* le traité de Maastricht ( la France l’a approuvé à 51%... ouf ! Embarras des instances dirigeantes face au refus des Danois puis des Pays Bas : « la population n’a rien compris » )

* la Constitution européenne. Une constitution refusée par les Français et qui oblige les dites instances à modifier quelques termes pour que, enfin, « ça passe ».

Bref, les peuples sont vraiment stupides – sauf quand ils votent dans le bon sens.

Faut-il remonter au vote algérien de décembre 1991 ? Un vote qui, dès le premier tour, sur les 430 sièges de l’assemblée, en accorde 231 au Front Islamique du Salut … Une victoire de la… pardon : une catastrophe de la démocratie, un vote si scandaleux que les élections sont aussitôt annulées et qu’un coup d’état met les militaires au pouvoir !

Faut-il aller plus loin et évoquer le 11 septembre ( 1973 ), date à laquelle, avec l’appui de la CIA, un certain Salvador Allende, démocratiquement élu au Chili, est renversé et « suicidé » au profit de ce brave Pinochet… qui mourra dans son lit après avoir fait exécuter des milliers de… j’allais dire « d’opposants »… mais non : ceux qui furent arrêtés et assassinés voulaient justement que soit appliquée cette fichue « démocratie » !

Moralité : avant de se risquer à organiser des « élections libres », sans doute faut-il laisser couler beaucoup de temps pour que les peuples apprennent à penser par eux-mêmes, au sein d’un bon système, et qu’au lieu de subir le lavage de cerveau imposé par un dangereux dictateur ou des fanatiques religieux, ils aient enfin accès à la société de consommation et à la télévision.

Là, enfin, ils pourront bien voter : élire et réélire un George W. Bush.

Ou un Berlusconi.

Lundi 26 septembre 2011

Infos people, infos pipeau ?

     Est-ce un effet des vacances ou de l’été ?
     J’ai de plus en plus l’impression, à la radio comme à la télé, que l’information n’est plus livrée par des spécialistes, mais confiée au public lui-même par le biais d’interviews complaisantes.
     Il n’y a pas si longtemps encore, les informations livraient soit des faits et du concret, soit des analyses confiées à des spécialistes du domaine en question.
     Mais cet été, la priorité était au qu’en dira-t-on ( DSK est-il encore dans cet appartement ? Qu’aurait-il dit, fait, où a-t-il dîné, qui détient son passeport ? ), assorti d’images vides et d’incertitudes... et aux interviews passionnantes de gens à la campagne ( enquête sur le camping, le caravaning, les tendances écolo dans la cuisine ) ou sur les plages ( reportages sur les sports nautiques à la mode, la température de l’eau, le bronzage, la baisse de fréquentation des bars et restaurants de bord de mer... )
     Est-ce l’influence de TF 1 ou des émissions de télé-réalité ?
     Jamais on n’avait vu autant de vacanciers, de touristes, d’automobilistes questionnés sur leur destination, la durée de leur stationnement sur l’aire d’autoroute, le contenu de leur casse-croûte, les distractions de leurs enfants pendant le trajet.
     A chacune de ces « informations, passées dès 13H10 ou 20H15, je suis consterné !
     C’était comme si on disait au téléspectateur :
     Voyez, n’importe qui peut passer à la télé !
     Vous n’avez rien à dire ? Pas grave, répondez quand même !
     La conclusion du vieux schnock est assez terrifiante... Evitons de parler trop longtemps de sujets sérieux ou difficiles ( La dette ? On n’y comprend rien ! La Libye ? comme c’est compliqué – et puis c’est loin, qu’ils se débrouillent ! ) pour montrer au citoyen lambda qu’il y a ( ouf ! ) des gens comme eux. Des gens préoccupés avant tout par le lieu de leurs vacances, l’état de la météo – ou par les traditions de ce sympathique village de Haute Provence...
     C’est très rassurant de voir sur l’écran des gens comme vous et moi. Avec des préoccupations identiques...
     Sauf que les informations, ce n’est pas fait pour ça.
     Pour ce genre de reportages, il y a des magazines, papier ou télé.
     Mais non : désormais, on nous livre pendant les journaux nationaux, et de façon détaillée, des « informations » qui consistent à livrer la paroles aux familles qui prennent l’apéro dans les campings du bord de mer.
     La vérité, c’est que ça doit tout simplement faire de l’audience. Parce qu’il est plus difficile d’être attentif à un spécialiste qui parle de son sujet que d’avoir l’impression d’être soi-même sur l’écran. Une forme de démocratie qui ressemble à un nivellement par le bas.

Samedi 10 septembre 2011

Vivent les classiques !

    
     Comme le savent les enseignants de Lettres des collèges, les nouvelles instructions les invitent à bouder les textes de « littérature jeunesse » pour privilégier « les classiques ».
     Cette nouvelle méthode va évidemment révolutionner l’enseignement du français et donner enfin aux plus jeunes l’accès aux textes majeurs de la littérature... ouf !

     Je me demande quels spécialistes se sont prêtés à une telle analyse ?
     Sûrement pas les profs des ZEP qui, dès la 6ème, ont déjà bien des difficultés à intéresser les jeunes à l’écrit en général, et à la lecture de récits qui pourraient faire de leurs élèves des lecteurs attentifs et passionnés !
     J’ai connu l’époque héroïque, les années 80, où mes propres enfants ( qui sur le plan littéraire n’étaient pas vraiment des « laissés pour compte » ), peinaient sur la version intégrale des Misérables qui leur était imposée. Sans parler du Père Goriot lu en classe de 5ème.
     Mais si, j’ai des noms, des lieux, des dates et des faits !
     Bon, mes propres enfants étaient issus d’un milieu assez favorisé pour franchir l’obstacle et continuer à aimer lire... mais que de non-lecteurs définitifs a-t-on fabriqués à l’époque avec de telles méthodes !
     Eh bien trente ans après, on y revient !
     J’entends d’ici quelques réprobations :

     1/ Mais alors, faut-il définitivement abandonner La Fontaine, Voltaire, Zola et Maupassant ?
     Bien sûr que non ! C’est justement pour que les débutants lecteurs puissent un jour y avoir accès qu’il faut, en parallèle, leur proposer une autre littérature, attrayante et contemporaine, dont le vocabulaire et les thèmes les touchent ! Utiliser ces textes comme tremplin n’a jamais supposé qu’il faille remplacer Stendhal par Christian Grenier !
     D’ailleurs, ces grands classiques sont abordés par les livres de lecture, qui en livrent des extraits. Il va de soi que notre grand fonds littéraire doit perdurer, et que les fables de La Fontaine ou les pièces de Molière restent d’actualité !

     2/ Ah ah, vous prêchez pour votre chapelle ! C’est là un point de vue corporatiste !
     Sûrement pas.
     Même si je suis devenu un professionnel de l’écriture, j’ai trop longtemps été enseignant pour ne pas voir, au-delà des intérêts privés d’une profession, celui de la littérature en général... et des lecteurs en particulier !
     Ce que je défendrai jusqu’au bout, ce n’est pas la littérature jeunesse ( on y trouve aussi le pire... comme partout ailleurs ! ), c’est la littérature tout court, dont certains grands textes de littérature jeunesse font indéniablement partie, et dont certains autres, parfois modestes, participent au plaisir et à l’élan nécessaires auxquels les jeunes lecteurs doivent avoir accès s’il veulent aborder plus tard les textes majeurs de nos grands ancêtres.

     Ces mesures, si elles sont appliquées à la lettre, vont avoir deux conséquences évidentes :

     * La reprise à grande échelle des grands classiques abrégés. Certains éditeurs en font leurs choux gras. Certes, publier une version réécrite et raccourcie de L’Iliade et L’Odyssée en 150 pages est une opération lucrative... et sans risque. Seulement la littérature, c’est aussi la vie, l’actualité et l’authentique. De même que les jeunes générations fournissent les retraites de leurs aînés, c’est la littérature d’aujourd’hui qui fait perdurer celle d’hier.

     * La désaffection définitive de plusieurs classes d’âge pour la lecture en général.
     A l’image de cette vieille publicité : « Un Ricard sinon rien ! », il sera proposé aux élèves des collèges : Une Chartreuse ( de Parme ) ou rien !
     Grâce aux efforts déployés pour privilégier les écrans, ordinateurs et autres tablettes numériques au détriment des budgets alloués au Livre... gageons que le RIEN a de fortes chances de l’emporter.
CG

Mercredi 29 juin 2011

Zut, on a encore oublié le nom de l'auteur !

Merci à Françoise Xénakis, l’auteur de Zut, on a encore oublié madame Freud ! ( 1984 ) de me permettre cette parodie.

En effet, ce petit billet n’a ici qu’un objet : m’indigner que soit fréquemment oublié ( à la radio, sur Internet, dans les médias… et surtout à la télé ) le nom de l’auteur du livre dont un film a été tiré.

Evoquant récemment le sujet d’un roman qui a bercé mon enfance ( je l’avais emprunté et je ne le possède pas ), Les Cinq sous de Lavarède, je fais un saut sur Internet : en effet, j’ai un doute sur le nom de l’auteur. Eugène Suë ? Zevaco ?

Surprise ! Les cinq sous de Lavarède n’est pas un livre mais un film, tourné en 1939, dont Fernandel est la vedette.

Je me précipite sur la fiche du film… où ne figure pas le nom de l’auteur du livre.

C’est à la énième occurrence que je finis par apprendre, enfin, que le film est tiré du roman éponyme publié en 1894 par Paul d'Ivoi et Henri Chabrillat, ( il fait partie des Voyages excentriques )

Au cinéma, de plus en plus souvent, il faut attendre longtemps pour voir apparaître ( très brièvement ) au générique de fin le titre et le nom de l’auteur du roman dont a été tiré le scénario. Oubli bizarre, à l’époque où doivent être obligatoirement inscrites la traçabilité et l’origine des produits !

Plus récemment, sur Antenne 2, a été annoncée la sortie d’un film 3D : La nuit des enfants rois. On a tout évoqué : les conditions du tournage, les trucages… on a même eu droit à une interview du réalisateur et de Mathieu Kassovitz, l’acteur qui double la voix du personnage principal. Tout sauf… le nom de l’auteur du roman, sorti en 1981 : Bernard Lenteric !

A sa place, je serais vexé et je vérifierais que mon nom figure, même en tout petit, au générique du film. Ah, zut ! Pas de risque : Bernard Lentéric est mort il y a deux ans.

Un ami, à qui je confiais mon indignation, m’a presque sermonné :

- Au moins, en France, l’éditeur qui vend les droits d’adaptation du roman peut exercer un droit moral sur l’utilisation du récit à l’image. Un droit qui n’existe pas dans bien d’autres pays ( comme les Etats-Unis ) où, une fois le roman « vendu » au producteur, ce dernier en devient quasiment le propriétaire. Et puis au moins, l’éditeur verse à l’auteur du roman la moitié des droits générés par cette vente. Parce qu’il existe une autre pratique moins honnête : un producteur lit un roman et veut en tirer un film ; il demande alors à un ( ou à plusieurs ) scénariste(s) de lire l’ouvrage et de s’en inspirer pour rédiger un scénario suffisamment différent du livre. Cela évite bien des tracas moraux et financiers. Et là, l’auteur du bouquin n’a même pas à protester puisque son nom ne figurera jamais au générique ! Il se trouvera simplement quelques spectateurs pour constater, s’il leur arrive de lire le roman : « tiens… pour écrire son roman, cet écrivain s’est sûrement inspiré du film ! »

Mes jeunes lecteurs ne me demandent-ils pas fréquemment : « Vous allez souvent au cinéma et vous regardez beaucoup la télé pour avoir des idées ? »

CG

Mercredi 15 juin 2011

Soleil Vert... c’est pour quand ?

Dans le cadre de l’opération « la science-fiction ne sert à rien » ( voir mon vieux billet d’humeur à ce titre ), on peut légitimement se poser cette question en apprenant que les farines animales vont sans doute être réutilisées pour nourrir les poissons d’élevage, la volaille et enfin l’élevage porcin.

Les plus jeunes d’entre vous se souviennent peut-être mal de la « crise de la vache folle », épidémie qui, en 1996, a provoqué 200 décès… et une jolie panique ! A l’origine : le prion de l'ESB ( encéphalopathie spongiforme bovine ) transmis à l’homme par le biais de bovins nourris avec des farines animales provenant de carcasses d’animaux morts – ces mêmes farines bon marché qu’on se propose de… remettre sur le marché pour des raisons climatiques - et, euh, financières ?

Et qui, parmi vous, se souvient du film ( 1973 ) Soleil Vert de Richard Fleisher, dont le scénario était tiré du roman éponyme ( 1966 ! ) de l’écrivain de SF Harry Harrisson ?

Le sujet ( du roman, donc du film ) ? En 2022, sur Une Terre exsangue et surpeuplée où la famine menace, la population survit grâce à un lobby de l’agroalimentaire et à son étrange aliment, le fameux « Soleil Vert ».

Le rapport avec les farines animales ?

Devinez ! Ou lisez le livre ( et à défaut hélas, procurez-vous le DVD du film ! )

Un indice : on utilise aujourd’hui des farines à base de déchets carnés pour fabriquer des aliments destinés aux animaux eux-mêmes destinés à être consommés par des humains.

Un soupçon : et si, demain, pour gagner du temps ( et de l’argent ), on faisait l’économie d’une partie de la chaîne ?

Question ultime : jusqu’où pourrait-on aller ? La réponse, Soleil Vert la donne.

Un autre écrivain, Romain Gary, en livrait une version SF ( mais si ! ) à la fois humoristique et cruelle dans son excellent roman ( méconnu ) Charge d’âme ( 1977, réédité en Folio en 1991 ), dans lequel un savant découvre qu’en mourant, un être humain dégage… une forme d’énergie récupérable. Et il en imagine des conséquences savoureuses !

Qu’on ne me dise pas : « on n’ira jamais jusque là ! »

Relisez plutôt Le meilleur des mondes ( 1932 ) ou 1984 ( 1948 ). Et vous constaterez que sur le plan de la génétique, de la novlangue, de Big Brother et des caméras vidéo de surveillance, la réalité a rejoint la fiction sans que la population s’en émeuve !

A terme, ce problème des farines animales repose le problème de la consommation de viande.

Dès les années 70, dans mes débats avec de jeunes lecteurs, j’affirmais que dans moins d’un siècle, la consommation de viande sur Terre serait sinon interdite ( pour des raisons d’économie, de santé et d’éthique ), du moins plus du tout tendance – à l’image de ce qui se passera d’ailleurs pour… la cigarette.

Attention : ce discours n’est pas militant. En effet, je mange de la viande ; et au village, notre ( excellent ) boucher est un ami !

Mais nos goûts sont une chose et l’avenir de la planète ( et de ses habitants ) une autre.

D’ailleurs, pour ralentir sa propre consommation de viande, il suffit de voir l’un de ces reportages dénonçant l’élevage intensif ( de bovins en Argentine, de porcs et de poulets plus près de chez nous… ) et les conditions stupéfiantes dans lesquelles les animaux sont transportés et abattus.

Ah… c’est l’heure du déjeuner. Bon appétit !

CG

Mardi 31 mai 2011

Les éditeurs ne répondent pas ...


     Les éditeurs de répondent pas aux auteurs inconnus qui leur adressent un manuscrit...
     Pourquoi ?

     Contrairement aux bruits qui courent, les jeunes lisent ( sur écran, certes... et ils zappent ! ) et ils écrivent de plus en plus !
     Comme beaucoup d’écrivains, je reçois de nombreux mails d’auteurs ( jeunes ou moins jeunes ) qui sollicitent mon aide et me demandent :

     — de lire leur récit joint ( je ne le ferai pas... d’abord par manque de temps ; ensuite parce que je ne me juge plus compétent ; enfin pour ne pas prendre le risque d’être accusé plus tard de leur avoir piqué une idée – si, si, ça m’est arrivé ! ! )
     — de leur confier l’adresse de plusieurs éditeurs ( ces adresses sont toutes trouvables sur Internet ! Il faut faire l’effort d’inscrire éditeurs adresses sur Google... et de cliquer en suivant pas à pas les mentions qui s’inscrivent ! )
     — pourquoi l’éditeur à qui ils ont envoyé leur récit ne leur répond pas.

     Je crois pouvoir livrer quelques éléments de réponse à cette question !

     1/ Vous avez envoyé votre texte par mail en document joint.
     Ne vous étonnez pas : le plus souvent, le fichier ne sera pas ouvert. Les raisons en sont multiples : on redoute que le fichier ne contienne un virus, les envois de ce genre sont nombreux et pas toujours très sérieux, etc.

     2/ Vous avez envoyé un vrai manuscrit papier chez l’éditeur...
     Il se peut alors que...
     — vous vous soyez trompé d’éditeur !
     Celui auquel vous avez envoyé votre texte ne publie pas ce genre de récits. Avant de choisir un éditeur, vérifiez que ce dernier a déjà publié des récits pour la tranche d’âge concernée, ou dans le même genre ( fantastique, SF, policier, conte, etc. )

     — dès la première page, dès les premières lignes, la personne chargée de « défricher » les envois ( certains éditeurs reçoivent des dizaines de manuscrits chaque jour ! ) comprenne que le récit en question ne concerne aucune collection de la maison. Ou qu’elle juge le style maladroit, l’imaginaire pauvre et devine ainsi ( ou croit savoir ? mais c’est ainsi ! ) qu’il est inutile d’aller plus loin dans la lecture.
     Elle le feuillettera pour en avoir la confirmation et votre envoi ne franchira pas la première barre d’obstacles.

     — votre récit soit « retenu pour lecture ». C'est-à-dire que le « défricheur » l’a lu et a jugé qu’il pouvait peut-être être publié. Le texte sera alors le plus souvent photocopié en trois ou quatre exemplaires et envoyé à des « lecteurs » : des gens de la maison ou des personnes extérieures qui sont payées pour lire des manuscrits et livrer leur avis. Si l’ensemble des avis est positif, le responsable de la collection prendra alors contact avec vous pour vous informer... et vous demander souvent, avant la signature de tout contrat, de modifier ou d’améliorer votre texte.

     — votre récit soit finalement rejeté, pour de multiples raisons : il est trop compliqué, il souffre de faiblesses jugées trop graves pour que des modifications ou améliorations soient demandées... mais ces fameuses raisons, il ne vous les livrera pas !

     POURQUOI ?
     Là encore, les facteurs sont multiples !

     1/ Il n’a pas de temps à perdre.

     2/ S’il prenait le risque de vous livrer les raisons de son refus...
     — vous pourriez vous vexer. Et la prochaine fois que vous écrirez un récit... vous l’enverrez à un autre éditeur, ça, c’est sûr !
     — vous pourriez améliorer votre texte en fonction de ses judicieux conseils – mais en cas de nouveau refus de sa part, vous pourriez... soit vous fâcher car finalement, vous pensiez aboutir et vous avez retravaillé votre récit pour rien ( voir ci-dessus ), soit l’envoyer à UN AUTRE EDITEUR ( concurrent, forcément ) qui, du coup, bénéficiera des conseils que le précédent éditeur a pris le temps de vous donner !

     Dernière réponse à une question que me posent de nombreux auteurs débutants :
     Je n’ai pas reçu de réponse... pourquoi ?
     Là encore, les raisons sont diverses !

     1/ L’éditeur est si débordé qu’il a remis à plus tard la lecture du texte de cet auteur inconnu

     2/ L’éditeur reçoit tant de manuscrits qu’il ne les renvoie plus à leurs auteurs ( c’est de plus en plus fréquent, et d’ailleurs précisé sur le site de l’éditeur )

     3/ L’éditeur ne renvoie par la Poste le manuscrit refusé que si l’auteur a pris la précaution d’ajouter à son envoi une enveloppe correctement timbrée pour le retour.

     4/ L’éditeur a indiqué sur son site ( ou a eu la gentillesse de vous répondre ) que si l’auteur n’est pas venu récupérer son manuscrit dans les locaux de l’éditeur avant un, deux ou trois mois, celui-ci sera automatiquement détruit.

     Ouf !
     Si ce petit billet ne donne aucune piste aux auteurs débutants pour être publiés, au moins leur permettra-t-il de les aider à aborder plus lucidement les labyrinthes de l’Edition !
C.G.

Mardi 17 mai 2011

Le nucléaire… la bonne solution ?


     Trois jours après l’accident de Fukushima, un débat opposa les partisans de « sortir du nucléaire » à Claude Allègre qui jugea fort malvenu d’envisager un tel débat « à chaud ».
     Deux mois après Fukushima, est-il encore trop tôt ?
fukushima
     Vingt-cinq ans après Tchernobyl ( 1986 ) et trente-deux ans après Three Mile Island ( 1979 ), peut-on enfin reposer la question ?
     Ou bien faut-il attendre 5 000 ans, durée de la dangerosité de la zone de Tchernobyl, ou encore 24 000 ans, délai après lequel le plutonium ( qui sort de nos 59 centrales ) perd... la moitié de sa radioactivité ?
     Au début des années 70, la France jugeait que le nucléaire était la solution à la fois propre ( qui nous libérait du pétrole on n’a pas d’pétrole mais on a des idées, vous vous souvenez ? ) et économique !

     Aujourd’hui, on découvre que les centrales offrent des inconvénients inédits – qui se souvient de l’inondation de la centrale du Blayais, jugulée à temps ? Tremblements de terre, terrorisme, on a tout prévu sauf... l’imprévu, justement !
     De plus, on ne sait toujours pas où enfouir de façon durable et fiable les déchets à longue durée de vie... les inconditionnels du nucléaire sont les premiers à dire : « s’il vous plaît, pas chez nous ! »
     Bah, nos descendants trouveront bien une solution !
     Sauf qu’avec les dangers que l’humanité cumule (zut, c’est vrai, il y a aussi le changement climatique ! ), elle risque de ne plus avoir de descendants, ce qui règlerait la question.

     Reste, pour le nucléaire, l’argument du : « c’est bon marché » !
     Un argument qui s’effrite peu à peu. Parce qu’une centrale vieillit. Il faut l’entretenir, la sécuriser. Sans parler, en cas d’accident, des sarcophages successifs dont elles doivent être recouvertes sans qu’on sache vraiment ce qui se passe au-dessous et combien de temps le dit sarcophage va durer. Pas grave : ce sont Bouygues, Vinci et Areva qui s’en occupent et ça crée des emplois. Sauf qu’au bout de la chaîne, c’est le consommateur qui paie les factures.

     A long terme, les ( coûteuses ) énergies renouvelables risquent de devenir compétitives. Et puis jusqu’à présent, les accidents d’éoliennes et de capteurs solaires sont assez rares...
     En théorie, une maigre portion du Sahara aménagée en capteurs solaires suffirait à alimenter en énergie... la planète ! Tiens, et si on passait à la pratique ?
     Un jeune chercheur a mis au point un groupe électrogène... solaire ! Il fonctionne. Une aubaine pour les pays africains ? Eh bien non, parce qu’il en est de ce genre d’inventions comme des médicaments pour les maladies rares : les fabriquer ne rapporterait rien !

     Pour l’Etat, les énergies renouvelables sont peu rentables. Et puis elles pourraient libérer les particuliers des énergies qu’il contrôle... lui ou des groupes comme Total.
     Une hausse de 15 centimes d’euro du prix du carburant à la pompe rapporte 1,5 milliards d’euros à l’Etat ( pour Total, on connaît le chiffre de ses bénéfices en 2011 ! )

     Notre société de marché a un objectif avoué : non plus améliorer le confort mais créer de nouveaux besoins, qui exigent de plus en plus d’énergie.
     Un exemple ? La voiture hybride. Prenons la Lexus RX 450H. Elle est en vente : 78 000 euros – mais si, vous avez bien lu !
     Ses performances ? 6,3 litres aux 100km en consommation mixte. Et 148 g/km de CO2.
     A qui profite l’hybride ?
     A la planète ? Pas vraiment.

     Là comme ailleurs, peut-être serait-il temps de remettre les pendules à l’heure : nous préparer à gérer la fin des centrales – un héritage déjà très lourd – et à privilégier d’autres modes d’énergies. A vivre en refusant la fuite en avant d’une consommation qui ne fait grossir que les plus nantis. Parce que si certains pays regorgent d’accessoire, d’autres manquent de plus en plus de l’essentiel.
     Ne serait-ce que l’eau potable.
C.G.

Lundi 02 mai 2011

Ben Laden est mort !


     BEN LADEN EST MORT !
     et... on a retrouvé l’une des boîtes noires de l’Airbus Rio-Paris qui s’est crashé en mer le 2 juin 2009 !

     Ces infos du 2 mai n’ont en apparence aucun rapport l’une avec l’autre.
     La mort de Ben Laden fait la Une. La liesse est de mise et certains ministres français parlent d’une « victoire de la démocratie ».
     Soyons clairs : je n’ai pas pleuré à l’annonce de la mort de Ben Laden.
     Mais les rassemblements festifs et les cris de victoire des pays occidentaux me surprennent et m’interpellent... peut-être parce qu’ils ressemblent bigrement à ceux des intégristes célébrant les victimes des attentats qu’ils provoquent. Euphorie d’autant plus étonnante qu’elle émane souvent de pays catholiques (les USA ont placé Dieu dans leur constitution et sur les dollars ) dont le dogme ( et les prêcheurs ! ) prônent plutôt le pardon.

     Pardonner à Ben Laden et à Al-Qaida ? Difficile, je l’admets !
     Mais si les Etats-Unis avaient de la mémoire, ils se souviendraient que Ben Laden est un peu leur enfant : il y a 35 ans, à l’époque où l’URSS et le communisme constituaient une menace pour les pays de la libre entreprise... qui a soutenu, qui a armé les talibans et les islamistes fanatiques susceptibles de repousser le pouvoir soviétique ?
     Les Etats-Unis.
     Célébrer une victoire parce qu’un chef a été abattu me semble prématuré. Une vengeance ( qu’on peut juger légitime) a peut-être été effectuée — mais qui peut dire « justice est faite » ?
     De même, évoquer une « victoire de la démocratie » commence à m’inquiéter...
     Si la démocratie envisage de bombarder tous ceux qui ne prônent pas la démocratie, la méthode me rappelle celle des fanatiques religieux de l’autre bord !

     La vraie « victoire de la démocratie », pour Ben Laden, aurait été de le capturer, de le juger et de le condamner. Oui, j’aurais été très curieux d’entendre l’avocat de Ben Laden s’expliquer sur les motifs et justifications des attentats qu’il a commandités ( sans doute parce qu’ils sont justement injustifiables ! )
     L’éliminer d’une bombe est une liquidation à la fois rapide, expéditive mais trompeuse. Parce que la mort de Ben Laden ne supprime pas Al-Qaida ; elle ne résout en rien les problèmes du terrorisme en général, et du terrorisme des fanatiques islamistes en particulier.
     La mort de Ben Laden ne fera pas revivre les victimes des attentats – elle pourrait même, à terme, en provoquer d’autres, par représailles... un cercle vicieux bien connu !

     L’une des boîtes noires du Rio-Paris a été retrouvée. Son examen ne fera pas revivre les 228 victimes de l’accident. Mais il permettra peut-être d’éviter d’autres crashs, donc d’autres centaines de morts. C’est moins spectaculaire et bien différent.

     Etre parvenu à tuer Ben Laden me fait penser à ces uchronies dans lesquelles l’auteur imagine qu’Hitler a été tué dans son berceau par un inconnu venu du futur.
     Si Hitler n’avait pas existé, le nazisme serait sans doute né. D’autres hommes providentiels seraient apparus. La vengeance contre la défaite allemande de 14/18 aurait été prônée par d’autres théoriciens. A cause des conditions du traité de Versailles, de l’humiliation de l’Allemagne, de la nécessité de trouver un adversaire de poids à l’ennemi de l’est ( Staline ), et de l’antisémitisme rampant qui, hélas, débordait largement des frontières de l’Allemagne !
     Aussi, au-delà de la vengeance et de la disparition de l’ancien responsable d’Al Qaida, la mesure la plus salutaire consisterait sans doute à s’interroger sur les motifs de la montée du fanatisme – de tous les fanatismes. Le mode de vie, de consommation et de pensée de nos sociétés occidentales déçoit une partie du monde. Et si l’ont tentait d’étudier de plus près les ferments du renouveau des intégrismes ? De comprendre les motifs de la haine, de la rancœur ou de la simple désespérance d’une partie de la planète, de plus en plus tentée par les aspects les plus destructeurs du mysticisme et de la foi ?
     Alors, grâce à cette analyse, peut-être lutterait-on plus efficacement contre les successeurs de Ben Laden. Car, je le crains, il y en aura.

     Le rapport entre ces deux informations ?
     Tuer Ben Laden : spectaculaire mais peu utile... voire contre-productif !
     Retrouver les boîtes noires : dérisoire en apparence... mais là au moins, on cherche les causes de l’accident. Et des solutions pour y remédier.
     Si on appliquait la même méthode pour le terrorisme ?
C.G.

Jeudi 21 avril 2011

La prime à la caisse

De la casse à la caisse, il n’y a qu’un pas, franchi grâce à une loi.

Fin 2010, les garagistes se frottaient les mains : les commandes de voitures neuves ont été trois fois plus nombreuses que prévu. Un concessionnaire ( vu à la télé ) a cependant eu un geste désespéré vers le parc de voitures d’occasion rempli à ras bord.

- Dommage, a-t-il déploré. Certaines sont encore en excellent état. Mais elles vont être détruites, il y en a tant qu’on ne sait plus quoi en faire.

Réjouissons-nous : la consommation repart !

L’état a déboursé des milliards pour cette prime à la casse, milliards fournis par le contribuable ordinaire. Milliards qui ont sans doute permis de sauver une partie de l’industrie et des emplois, mais milliards également engrangés par l’industrie automobile – et aussi par les trusts pétroliers, puisque les voitures ainsi vendues fonctionnent toujours ( à 99,7% ) avec du pétrole.

On me dira qu’elles consomment un peu moins.

Vraiment ?

La mienne, bien entretenue, a 14 ans et 300 000 kilomètres ; elle consomme toujours ses 5,5 aux cent. Au dernier contrôle technique, son taux de pollution était de 130g – certains véhicules neufs font beaucoup plus !

Serais-je un mauvais citoyen ?

Je ne crois pas. Je pense au gigantesque gâchis de ces dizaines de milliers de véhicules qu’on va détruire davantage au profit de la consommation qu’à celle d’une maigre économie de carburant. Ainsi, ce n’est pas la planète qu’on cherche à sauver, puisqu’on fait perdurer le pétrole, mais l’économie de marché. On est prié de consommer !

Le bon investissement, pour le futur, serait celui de la recherche de nouveaux modes de déplacement et de carburant. Ils existent. Certains sont déjà très au point, du moteur à eau ( qui fait gagner 90% de CO 2 ! ) à celui à air comprimé. Il semblerait que les trusts pétroliers ne soient pas tout à fait d’accord…

La grande question est : l’écologie ( et à terme la survie de la planète ) est-elle compatible avec l’économie de marché ? Nicolas Hulot a enfin répondu non. D’autres l’avaient constaté bien avant lui.

Aujourd’hui, tout est vert ! De l’enseigne des Mac Do aux produits de beauté en passant par AREVA qui nous inonde à la télé de paysages champêtres… Bientôt, on nous convaincra qu’il y a du carbone bio. Parce que pour maintenir le système, il faut concilier une production sans cesse en hausse avec des exigences d’économie d’énergie. Du moins en théorie.

Je suggère une prochaine mesure qui concernerait l’habitat : puisque les maisons anciennes sont mal isolées, on pourrait, afin de relancer l’industrie du bâtiment, imiter l’opération qui a si bien réussi dans l’automobile : inciter les propriétaire à détruire les maisons qui ont… disons plus de cent ans ( une mesure qui ne toucherait pas, enfin pas encore, les monuments historiques ) ?

Ou celles qui ont été construites avant 1945 ?

A moins, comme on disait autrefois, qu’une bonne guerre relance l’économie…

CG

Jeudi 07 avril 2011

Deux écrivains face à la justice

Le premier, Aurélie Boullet, est une jeune fonctionnaire qui a commis l’erreur d’écrire ( sous pseudonyme ! ) un pamphlet ( Absolument dé-bor-dée ! chez Albin Michel ) dénonçant les pratiques et abus de son service. Assignée en justice par sa hiérarchie, passée en conseil de discipline pour manquement à son devoir de réserve ( ? ), elle a été condamnée à quatre mois de suspension d’activité. Que lui reproche-t-on ? D’avoir révélé certaines vérités pas bonnes à dire ! Son avenir professionnel semble plutôt compromis.

Que les policiers, gendarmes, ou hauts fonctionnaires aient un « droit de réserve », passe encore. Mais qu’une fonctionnaire soit condamnée pour avoir publié un livre… cela pourrait faire rire au pays des droits de l’Homme qui lutte pour la liberté d’expression en Chine ou en Corée du Nord ! Je l’avoue : je n’ai pas lu cet ouvrage signé Zoé Shepard ; d’ailleurs, il se peut que son contenu me révolte. Mais je me déclare solidaire de son auteur !

Le deuxième écrivain est Alain Vircondelet, l’auteur de l’ouvrage Séraphine ( biographie de Séraphine Louis ). Il a déposé une plainte pour contrefaçon auprès des producteurs du film Séraphine, y dénonçant des emprunts à son ouvrage. Sa plainte a abouti, et les producteurs ( ainsi que le réalisateur, Martin Provost ) s’en étonnent et protestent : « Si quelqu’un réalise un film sur Victor Hugo, devra-t-il acheter les droits de tous ses biographes ? »

A première vue, cet argument semble pertinent. A mes yeux, il est totalement faux.

Le réalisateur a avoué avoir lu le livre… et « s’en être nourri » ( ainsi que des deux autres biographies de Séraphine Louis )

Le premier problème, c’est que Martin Provost n’aurait sans doute jamais réalisé le film Séraphine s’il n’avait pas lu l’ouvrage de Vircondelet. De toute évidence, le film reprend d’ailleurs certaines scènes imaginées par l’auteur du livre. Les producteurs auraient donc dû demander le droit d’utiliser certaines scènes évoquées par l’ouvrage. Ce qui supposait un contrat, un accord… et un petit pourcentage sur les entrées.

Visiblement, l’auteur du livre Séraphine n’a rien eu. Certes, les sept César du film et ses 850 000 entrées ont provoqué par ricochet la réédition de son récit ( en clair, 3 ou 4 000 exemplaires, soit 3 ou 4 000 euros pour l’auteur )

Le second problème, c’est que réaliser un film sur Séraphine Louis n’a rien à voir avec un film sur Victor Hugo. Séraphine était une inconnue ; Hugo est un personnage célèbre, comme Napoléon ou De Gaulle.

C’est donc une biographie qui a fait connaître Séraphine à un réalisateur ( dont le talent a été de réaliser un excellent film ).

Je vis ce petit conflit à la lumière d’une de mes futures publications chez Bayard : Pour l’amour de Vanille, biographie romancée d’Edmond Albius.

Edmond Albius, ça vous dit quelque chose ? Non ?

C’est le jeune esclave noir de 13 ans qui a découvert le secret de la reproduction de la vanille en 1836, sur l’île de La Réunion.

Eh bien imaginons qu’en 2015, un réalisateur sorte un film sur Edmond Albius. Et qu’on retrouve dans ce film des scènes entières empruntées à mon ouvrage. Imaginons que ce réalisateur avoue qu’il a lu mon récit, mais qu’il ait négligé de prévenir l’éditeur.

Ce dernier ne serait pas content.

Moi non plus.

Et si le film était un succès, j’imagine mon dépit. Pour des raisons financières ? Certes, mais aussi parce que la bonne idée de sortir Edmond Albius de l’ombre passerait désormais pour être celle du réalisateur, et non la mienne.

J’ajoute que je ferais une drôle de tête si, rencontrant plus tard les lecteurs de mon ouvrage, ces derniers me demanderaient sûrement :

C’est en allant voir le film que vous avez eu envie d’écrire le livre ?

[ voir Alain Vircondelet plagié par Séraphine ]

Jeudi 24 mars 2011

Trente ans de littérature jeunesse … anéantis ?

On le sait : de récentes mesures ministérielles ont récemment imposé aux enseignants des collèges de restreindre - voire de supprimer – la lecture des textes dits «  de littérature jeunesse » pour privilégier celle… des classiques.

Prenant le train en marche, des gens importants de la littérature, écrivains ( comme Danièle Sallenave ) ou critiques spécialisés ( comme François Busnel ) tirent à boulets rouges sur cette littérature porteuse de tous les maux, suspecte de véhiculer une médiocrité littéraire obligée. Ces pourfendeurs affirment d’ailleurs qu’eux même ont fort bien grandi avec Robinson Crusoé, Jack London, Stevenson, Maupassant – et même L’Iliade et l’Odyssée !

Pendant plusieurs dizaines d’années, des spécialistes, des critiques, des enseignants, des bibliothécaires ( et des auteurs ) ont tenté de montrer, et ont même démontré, combien certains textes dits « jeunesse » permettaient de faire entrer en littérature des enfants qui, jusque là, en étaient plutôt rebutés avec le passage obligé du Père Goriot de Balzac en classe de Cinquième.

Beaucoup croyaient ce combat enfin gagné.

Ils se trompaient : un simple texte de loi, quelques instructions ministérielles ont suffi pour renverser la vapeur. Les derniers chiffres fournis par les éditeurs sont éloquents : l’achat des textes pour la jeunesse, notamment par les collèges, a chuté de façon vertigineuse ! On élimine Brisou-Pellen et Odile Weulersse au profit des valeurs sûres comme Maupassant et Zola.

Au dernier salon de Montreuil, le bruit court que les ventes en jeunesse et la fréquentation ont chuté de 20 à 25%.

Quant aux textes jeunesse dit « prescrits » ( c’est à dire recommandés par les instructions des années précédentes ), leurs ventes a chuté d’une façon vertigineuse ! Si l’on ajoute aux conséquences de ces nouvelles directives les subventions des conseils généraux plutôt orientées vers les tableaux électroniques et l’achat d’ordinateurs que vers les livres, on comprendra que la situation du Livre en général et du Livre Jeunesse en particulier devienne… préoccupante !

J’en entends certains ricaner : « On tue la poule aux œufs d’or ! Les éditeurs et les auteurs jeunesse vont moins vendre, voilà pourquoi ils pleurent ! »

En-dehors des questions financières, les plus grands perdants seront sûrement… les lecteurs. Les jeunes lecteurs. Donc, à terme, les lecteurs en général, ceux qui plus tard auraient lu Gracq, Proust et Jean-Philippe Toussaint !

Désormais, le fossé (qu’il avait fallu des dizaines d’années à combler ! ) se creusera encore plus entre les jeunes gens rebutés par des lectures difficiles, accessibles à une élite, attirés par les écrans – et une frange de plus en plus réduite de jeunes lecteurs bien armés : ceux qui, sans nul doute, s’orienteront vers Prépa, HEC, l’ENA ou Polytechnique. Ceux qui savent, de gré ou de force, que la culture et la réflexion passent davantage par les écrits que par les écrans.

Vision pessimiste ?

J’aimerais me tromper.

Mais ici et là fleurissent à nouveau les discours de ceux qui ne jurent que par la vraie, la grande littérature, accessible bien entendu dès le CP. Ceux-là, bien entendu, n’ont jamais approché que de loin une littérature jeunesse où l’on trouve certes le pire, mais aussi le meilleur – comme dans la littérature vieillesse, d’ailleurs !

CG

Jeudi 10 mars 2011

Mais si, on nous dit tout !

Attention : si mon titre parodie celui de célèbres chroniques, ce n’est ici en aucun cas une attaque contre Anne Roumanoff.

Mais il faut bien le reconnaître : si les choses, en ce moment, changent si vite, si Eric Worth et Madame Bettencourt ont décrié la chronique l’an dernier, si MAM a aujourd’hui tant d’ennuis, c’est parce que justement, on nous dit tout sur tout le monde ( en général ) et sur celles et ceux qui font l’actualité en particulier. C'est-à-dire les hommes d’affaires et les femmes politiques ( ou les femmes d’affaires et les hommes politiques ).

Autrefois, quand Internet n’existait pas, les journaux restaient timides et le devoir de réserve prioritaire. Même quand on était parfaitement au courant de la situation, on taisait les enfants cachés des présidents de la République et les cadeaux ou voyages offerts par les dictateurs. Ah ! Il y a bien eu les diamants de Bokassa, mais il faut avouer que dans les années 70, les scandales étaient rares.

Aujourd’hui, il n’y a même plus moyen de mettre ses lingots à l’abri, de prendre ses vacances à l’étranger ou de remplir ses comptes en Suisse sans que le Canard Enchaîné ne l’apprenne.

Autrefois, les bénéfices de Total ( 120% ) ou de la Société Générale ( 600%, en 2010, tout de même ! ) faisaient la fierté de notre pays et la Une de certains magazines.

Aujourd’hui, on s’en scandalise… eh bien il est temps !

En 1989, il paraît que le Mur de Berlin est tombé parce que les Allemands de l’est regardaient un peu trop les émissions de l’Ouest.

Vingt ans et des poussières plus tard, c’est Internet, les téléphones portables et Facebook qui font de nouveaux ravages : voilà une donnée sur laquelle Ben Ali, Moubarak et Kadhafi auraient dû compter.

Désormais, on communique.

Les gens se disent tout ce qu’ils apprennent ou savent.

Et la presse, la radio, la télé, pour ne pas passer pour ringardes, s’empressent de relayer ces infos.

Mais si : on commence à tout nous dire.

Et certaines de ces informations ne nous font pas, mais pas du tout rire !

CG

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