Dans la paisible petite ville suédoise de Fjällbacka, le vieil Eilert Berg découvre un matin sa voisine, la belle Alexandra, morte dans sa baignoire, sous la glace – la chaudière de la villa s’est éteinte. Malgré les veines tailladées d’Alex, son suicide est vite écarté par la police locale, dirigée par le répugnant et prétentieux commissaire Mellberg et l’enquêteur principal, le jeune Patrik.

La plus touchée par ce drame est Erica, son amie d’enfance ( et presque voisine ), laborieuse auteure de biographies… mais aussi de polars en puissance. A ses yeux, Alex cachait au moins un secret – ne serait-ce que parce que, à l’adolescence, elle a brusquement rompu toute relation avec Erica. Si bien qu’elle ne connaît même pas Henrik, le riche époux d’Alex.

Erica a d’autres soucis : suite à la mort de leurs parents, Anna ( sa sœur, mariée à un Lucas cupide et violent ) et elle vont devoir vendre cette belle maison familiale de pêcheurs, qu’Erica préférerait garder – mais hélas, elle n’a pas le premier sous pour racheter sa part.

Tandis que le timide Patrik rêve de séduire Erica, dont il est amoureux depuis l’enfance, l’enquête nous fait peu à peu découvrir la famille d’Alexandra : ses parents Birgit et Karl-Erik Carlgren, et la sœur d’Alex, la jeune et laide Julia. Au cours des obsèques, celle-ci va d’ailleurs être abordée de façon étrangement familière par la vieille et riche Nelly Lorentz, héritière de la grosse conserverie locale. Or, Nelly est la mère légale de Nils, un fils disparu sans laisser de trace, et la mère adoptive de Jan, un ancien jeune délinquant qui attend patiemment la mort de Nelly pour prendre définitivement la tête de cette grosse affaire.

Enfin, on fait aussi la connaissance d’Anders un peintre génial ( mais ivrogne notoire ), qui semble avoir entretenu avec la belle Alex des relations très, très étroites et dont seule se soucie aujourd’hui sa pauvre mère Vera.

La vieille Nelly a-t-elle un rapport avec la jeune Julia ?

Erica finira-t-elle par convaincre sa sœur Anna de ne pas vendre la maison familiale ?

Filera-t-elle le parfait amour avec Eric ?

Serait-il possible que tous ces protagonistes aient un lien avec la victime ?

Mais oui !

Souvenez-vous…

Après le succès fulgurant des trois volumes de Millenium est apparu, dans les vitrines des libraires, un volume dans la même collection et de la même allure que celles des Stig Larsson.

Nombreux sont les lecteurs qui, espérant un récit de la même veine, ont acheté La Princesse des glaces. Sans avoir le souffle et la force de Millénium, ce gros roman policier tient ses promesses. Certes, le roman est dense, les personnages ( et les points de vue ) nombreux et l’intrigue complexe. Certes, certains personnages ( je pense à Mellberg ) sont brossés à gros traits, avec une insistance qui frise la caricature. Et le lecteur pourra aussi être irrité que certains protagonistes découvrent des indices majeurs ( Erica chez Alex, Patrik en rappelant un numéro ) que l’auteur se garde bien de livrer au lecteur, dommage !

Mais ces quelques remarques ou défauts mis à part, ce vrai policier s’achève en dénouant tous les fils emmêlés au cours de l’intrigue… au final, une sordide histoire de familles ( le pluriel est volontaire ! ) où le sens de l’honneur, la cupidité et la peur du qu’en dira-t-on ont fini par entraîner, bien plus tard, une série de catastrophes.

Lu dans sa ( luxueuse ) version poche, la collection Babel Noir, petit format mais très beau papier, 500 pages dans un format minimum !