Le Blog de Christian Grenier, auteur jeunesse

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La minute du vieux schnock

La minute du vieux schnock : billet d'humeur

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Lundi 09 novembre 2020

A propos des infos ...

Les Français ne font pas confiance aux journalistes. Qu’il s’agisse de la presse écrite, de la télé ou d’Internet, les sondages sont formels : ils pensent que les journalistes ne sont pas indépendants du pouvoir politique.

Euh… j’ai une autre théorie : je pense que les journalistes, en effet, sont dépendants… du média pour lequel ils travaillent, qu’il s’agisse de la presse écrite, d’Internet (quand on lance un site, on cherche à fidéliser le maximum de lecteurs), de la radio ou de la télé.

Les chaînes, en effet, ont une priorité : leurs auditeurs et leurs spectateurs : on veille à ce que le taux d’audience monte (ou ne fléchisse pas), ceci ayant un rapport direct avec les annonceurs qui paieront plus cher un média dont le taux d’écoute est plus important.

    Résultat : un matin, sur France Info, j’ai la surprise d’entendre : d’abord, voici les résultats sportifs… Dix minutes sur le tennis, le rugby, le foot, les matches, les interviews des joueurs – on passe ensuite à l’Iran, l’Irak, Le Covid 19, Trump, les grèves, les retraites – d’accord (ce qui n’empêchera pas, à 7H40, l’inévitable passage à la rubrique sportive).

    Par ailleurs, je note, toujours concernant les infos, qu’aux heures de grande écoute, à la télé, on interroge en priorité la population : les gens, dans la rue, et même les enfants.

    Résultat : ce ne sont plus des informations mais du ressenti, de l’émotion – et le plus souvent, hum, avec un vocabulaire limité, des phrases incomplètes, une succession de en fait, en fait… avec une expression souvent incorrecte.

    Alors je m’interroge : pourquoi ?

Autrefois (ce qui justifie le titre de ma chronique, oui : je suis un vieux schnock), on interrogeait un spécialiste du domaine en question : un météorologue, un scientifique, un universitaire. Mais non – et je crois comprendre pourquoi : les spécialistes sont des gens diplômés, ils s’expriment (trop) bien, avec un vocabulaire complexe – et soit on comprend mal, soit (ce qui est pire) on se sent en état d’infériorité – et il faut faire un effort pour comprendre, c’est insupportable !

Là, au contraire, on a enfin au micro (ou à l’écran) un interlocuteur comme toi et moi, qui cause de trucs de tous les jours, qu’on comprend et qui exprime la même chose que ce qu’on ressent, ouf ! Et si c’est un enfant, c’est encore mieux – parce que là, on a même un petit sentiment de supériorité.

Bref, les journalistes (ou les responsables des rédactions) veulent privilégier l’audience, l’écoute. Pas question de mécontenter son public : il faut lui livrer ce qu’il a envie d’écouter ou de voir (ou de lire).

Ainsi, pour les incendies en Australie, on montre les flammes, les gens qui ont perdu leur maison (ouf, on n’est pas concernés, on y a échappé) et les gentils petits koalas blessés, brûlés et qu’on soigne. Les causes des incendies, c’est secondaire et désagréable. Et pour les animaux morts, on se contente de chiffres : un milliard et demi – et seulement quelques dizaines de victimes directes des incendies, quelle chance !

Ce qui fait écho à l’un de mes billets d’humeur précédent, où je relayais les propos de Laurent Alexandre qui, à juste titre, affirmait que le nombre de victimes des catastrophes naturelles a beaucoup baissé, contrairement à ce que les médias tentent de nous faire croire.

Quelle chance ! Les incendies en Australie n’ont causé que 24 morts.

Combien de morts, en Afrique, avec comme cause indirecte la désertification, la disparition de l’eau (et des poissons) – j’en passe.

Bah, moins intéressant, comme images, moins spectaculaire… et puis l’Afrique, c’est loin !

Comment ?

L’Australie est plus loin encore ?

Ah oui, mais là-bas, les gens sont civilisés, et ils nous ressemblent !

Je caricature ?

Vous êtes sûr ?

CG

Lundi 31 août 2020

NÈGRE… VOUS AVEZ DIT : NÈGRE ?

Candide - Voltaire

Oui, vous l’avez appris : il n’y a plus une seule fois le mot nègre dans Les dix petits nègres dont le titre français a changé. Le terme de nègre est devenu… malvenu.

On est prié de lui trouver un ou des substituts !

 

Aimé Césaire, au secours ! Il faudra modifier ta glorieuse et assumée négritude.

Dans les manuels scolaires, on va la transformer en quoi, en africanitude ? En noiritude ?

Certains mots deviennent interdits, soit.

On a commencé par le terme « aveugle », qui semblait (est toujours ?) discriminatoire. Si, si, renseignez-vous ! Il y a désormais des malvoyants – mot d’autant plus étrange qu’un aveugle est un pasvoyantdutout. Vous le savez bien : il n’y a plus de handicapés mais de personnes à mobilité réduite.

Si le mot nègre est une insulte, c’est parce qu’il a une histoire, un usage – et que l’employer aujourd’hui dans un certain contexte l’apparente à une insulte, OK.

Mais s’il faut le bannir, c’est très mal parti. J’imagine qu’un jour, le mot juif pourrait subir le même sort. Arabe aussi, ainsi qu’intellectuel (il est vrai qu’intello, pour l’instant, reste une insulte encore couramment admise).

 

L’usage, j’en ai déjà parlé, est de modifier la langue pour… transformer la pensée !

George Orwell l’avait déjà prédit avec la novlangue de son roman 1984.

Mieux vaut dire fermier que paysan, technicien de surface que balayeur, issu de l’immigration plutôt qu’étranger,  demandeur d’emploi plutôt que chômeur, flexibilité plutôt que réduction de salaire ou d’emploi – la liste pourrait être longue !

 

Autrefois, il était courant, en URSS, qu’on efface des photos officielles certains membres du PC devenus des opposants ou des traîtres.

les pays libres, on en riait ! Pourtant, on a commencé à les imiter : en enlevant la cigarette à Malraux, le mégot de Lucky Luke. Aujourd’hui, on déboulonne les statues de gens qu’on a autrefois admirés. D’une certaine façon, Colbert rejoint Staline. Et Victor Schoelcher Adolf Hitler – ben oui… On va aussi refaire le procès de Christophe Colomb qui a vraiment eu tort de découvrir l’Amérique – mais mieux vaudrait expliquer comment et pourquoi tous les indiens caraïbes ont été massacrés. Evoquer leurs sociétés égalitaires et non héréditaires (quel scandale !) Comme si le fait de changer un mot, ou de l’interdire (attention, il n’y a plus de race, il faut dire espèce – sauf que scientifiquement, ce n’est pas du tout la même chose !), permettrait de supprimer racisme et discriminations.

 

Revenons au mot nègre, un terme très gênant – mais qui est historique, ce qui veut dire… quoi ? Qu’en essayant de le supprimer, on aimerait bien changer l’histoire !

Au lieu de la modifier, mieux vaudrait la connaître, l’expliquer, étudier le contexte.

Et assumer. Assumer qu’une bonne partie des Français, entre les deux guerres, n’aimait pas les juifs – il suffit de lire les best-sellers de l’époque ! Assumer, pour les Allemands d’aujourd’hui, que leurs grands-parents ont sans doute, un temps, était pronazis – il suffit de voir les millions de bras levés au passage d’Adolf Hitler.

Eh oui, c’est ainsi. Il faut le savoir. Ne serait-ce que pour se souvenir que le ventre est encore fécond d'où a surgi la bête immonde (épilogue de La résistible ascension d’Arturo Ui, la pièce de Bertold Brecht)

 

Il n’y a pas si longtemps, on a bien failli interdire la publication de Tintin au Congo.

Euh… pour ma part, j’aurais volontiers simplement ajouté à l’album une page sur « les atrocités commises entre 1885 et 1908 au Congo par l'administration belge du roi Léopold II. .... Un massacre de masse qui a fait probablement plusieurs millions de morts entre 1885 et 1908. Une tuerie inouïe de cruauté. (sic : trois lignes extraites de Wikipedia)

Aux U.S.A., dans certains états, la projection d’Autant en emporte le vent a été interdite.

Racistes, le roman – et le film ?

Oui, sans doute ! Mais voilà : on est en 1936.

Et Margaret Mitchell a signé et assumé.

32 ans plus tard, Martin Luther King faisait un rêve – comme quoi les lois supprimant l’esclavage ou/et les discriminations sont loin d’être suffisantes et efficaces !

 

Ah, j’ai (réellement !) un problème personnel : dans l’un de mes ouvrages, Pour l’amour de Vanille, dont l’action se déroule sur l’île Bourbon (La Réunion) en 1841, le jeune esclave noir Edmond Albius découvre le secret de reproduction de la vanille.

Le mot nègre, notamment dans les dialogues, est souvent prononcé.

Que dois-je faire ? Quel terme employer ?

Merci, chers lecteurs de me livrer vos conseils !

Ah : et pour mes collègues enseignants, j’ai aussi une question et un défi : il faut absolument retrouver les descendants de Voltaire. Que tous les Arouet lèvent la main !

Et pour suivre l’exemple de l’arrière petit-fils d’Agatha Christie, qu’ils se mettent d’accord pour réécrire le chapitre 19 de Candide en supprimant le mot nègre.

Eh oui, Le nègre de Surinam est un classique. Il figure en bonne place (page 167) dans mon vieux Lagarde et Michard XVIIIe siècle. Et sûrement, en 2020, dans beaucoup de manuels..

La solution… supprimer le chapitre ?

Ce serait bien dommage. Cent ans ou presque avant l’abolition de l’esclavage, ces quelques pages en sont un magnifique réquisitoire.

CG

Lundi 20 avril 2020

ON NE VEUT PAS SAVOIR ...

et quand on sait, on répugne à agir ...

 

Le 17 janvier dernier, à 8 heures, sur la chaîne télé France Info, match théorique entre Bruno Servigne (l’auteur de Comment tout peut s’effondrer) et Laurent Alexandre (faux climatosceptique) sur le thème de la fin du monde, le premier étant baptisé (à tort) collapsologue et le second démontrant, chiffres à l’appui, que la situation de la population de la planète n’a cessé de s’améliorer depuis 1950. Ce qui n’est pas faux : moins de « pauvreté mondiale », amélioration du niveau de vie grâce à l’augmentation de l’exploitation des ressources planétaires…

Seulement voilà : aucune comparaison ne peut être établie entre ces deux constats – même si les affirmations de Laurent Alexandre devraient être sérieusement nuancées puisque, pour ne prendre que cet exemple, l’écart entre les riches et les pauvres ne cesse de se creuser !

Quant à l’exploitation des ressources de la planète, tous les voyants indiquent que ça va mieux qu’avant – le problème est de savoir… jusqu’à quand ?

 

Nous sommes sur le Titanic. Et tout va bien, même si les passagers se disputent pour avoir un peu plus de confort (que les autres, car la place sur le navire est réduite) dans leur cabine.

L’orchestre continue de jouer, la vitesse du navire ne cesse d’augmenter. Le problème, c’est l’iceberg qui se pointe à l’horizon et que personne ne veut voir.

Et quand on l’aperçoit, on est à peu près sûr qu’on trouvera un moyen de l’éviter – et puis même si on le heurte, qu’importe ? Le navire, on le sait, est insubmersible…

 

En 1972, le rapport du Club de Rome lançait la première alerte, en affirmant que sur le pan des ressources, les problèmes sérieux allaient se poser vers 2030 (et il n’était même pas encore question du réchauffement climatique !)

En 2020, les effets de ce changement se font sentir et les scientifiques sont tous d’accord pour assurer que les ressources vont effectivement manquer, ce qu’Alain Souchon  avait d’ailleurs symboliquement résumé dans sa chanson On est foutus, on mange trop.

Nous sommes près de huit milliards d’humains sur une planète qui se vide… et se réchauffe.

Mais c’est encore très supportable, comme le pense la grenouille dans sa casserole qui continue de chauffer sans que ça l’inquiète trop… parce qu’elle s’habitue.

La vérité, c’est que, comme l’affirme François Gemenne dans son essai Atlas de l’anthropocène (dont un Télérama de janvier s’est fait l’écho dans son éditorial), il n’y a ni crise ni même transition : les changements sont globaux et irréversibles.

Et si l’humanité veut voir la température non pas baisser, mais cesser de monter dans deux ou trois siècles, c’est de toute urgence (et avant 2040) qu’il faut baisser drastiquement le niveau du CO2 – et envisager de réduire notre niveau de consommation énergétique – en le divisant… par six – ben oui !

Or, ce défi fait ricaner les économistes… et la majorité de la population des pays industrialisés.

 

Eh oui : qui est prêt à le faire ? Qui est prêt à admettre que c’est là le prix à payer pour que l’humanité perdure et que soit enrayé l’emballement climatique que nous avons déclenché ? Sûrement pas Laurent Alexandre, qui comme beaucoup préfère… attendre.

Aujourd’hui, affirme François Gemenne, la majorité de la population mondiale veut encore une société productiviste, de court terme, et se moque de la destruction du climat et de la biodiversité, il faut en être conscient.

CG

Lundi 30 mars 2020

J'écoute les scientifiques

En ces temps de confinement et de crise coronavirusienne, je ne viens pas ajouter ma voix à toutes celles qui condamnent et additionnent les erreurs, atermoiements et retards des autorités. Je retiens cette affirmation du chef de l’Etat :

- J’écoute les scientifiques.

Soit – même s’il a fallu en effet une semaine, voire un mois pour que soient prises des décisions de confinement.

Sans vouloir applaudir la Chine, il faut reconnaître qu’après une méchante bévue (le médecin lanceur d’alerte accusé d’avoir menti…et mort lui-même du Covid 19 !), ce pays a pris, le 24 janvier, des mesures dictatoriales propres à limiter les dégâts.

Deux mois plus tard : 3 500 morts pour 1 milliard 300 millions d’habitants.

Qui dit mieux ?

A l’heure où j’écris ces lignes, le 25 mars, en France nous approchons les 1 000 morts avec 67 millions d’habitants. Cherchez l’erreur.

Aussi, je rejoins l’analyse de Jean-Baptiste Fressoz, chercheur au CNRS, qui juge que c’est le moment pour agir contre le changement climatique : cette crise pourrait être l’occasion de décarboner notre économie !

Soyons cynique : au moins, le Covid 19 a eu un effet bénéfique… eh oui : le CO2 a commencé à baisser – forcément, la circulation (et la consommation) ont nettement chuté ! C’est la preuve que des mesures drastiques ont des résultats immédiats.

 

- J’écoute les scientifiques ?

Mais ils sont 15 364 à lancer l’alerte ! Une alerte qui ne date pas d’hier :

- Notre maison brûle et nous regardons ailleurs !

Saluons feu Jacques Chirac qui a prononcé cette phrase… le 2 septembre 2002.

Déplorons aussi et surtout qu’il n’ait pris aucune mesure pour limiter l’incendie – pas plus lui que tous ses successeurs !

 

 Las ! Pour le réchauffement climatique, ce n’est pas un ou deux mois de retard que nous avons pris mais VINGT ANS.  

Et même QUARANTE si l’on se souvient des avertissements d’Haroun Tazieff en 1979 – voire bientôt 50 ans avec le fameux Halte à la croissance du Rapport Meadows en 1972.

Les victimes ? Elles seront beaucoup plus nombreuses : les plus pessimistes affirment que l’humanité pourrait disparaître en l’espace de deux siècles.

Ah oui… c’est vrai : ça nous laisse le temps. Avec le Covid 19, les morts s’accumulent en quelques jours ou quelques semaines. Alors on s’affole un peu.

Avec le réchauffement, c’est plus sournois, car plus lent – mais inexorable.

Parce qu’un jour (cet été sans doute) on verra le bout de la pandémie.

Pour le réchauffement climatique, c’est différent : le bout, c’est la fin de l’humanité.

 

Si la crise du coronavirus pouvait servir de leçon, il serait temps en effet de prendre des décisions à la mesure d’une menace qui ne date pas d’hier.

Ah oui, j’oubliais : il y a l’économie. La croissance. Et le PIB.

Tiens ?  Grâce au Covid 19, on commence à comprendre que ce n’est pas la priorité.

CG

Lundi 10 février 2020

La guerre des mondes, une nouvelle adaptation

La guerre des mondes ? Ça n’en finit pas…

Je suis très étonné (pour ne pas dire scandalisé) que ce titre ait encore le droit de figurer au programme d’une série qui s’éloigne de plus en plus de l’ouvrage initial.

Rappelons les faits, s’il vous plaît…

La guerre des mondes est un roman publié par H.G. Wells en 1898 qui relate (à la première personne, comme si l’auteur avait vécu les faits !) l’atterrissage puis l’invasion, dans la banlieue de Londres, d’objets venus de la planète Mars. Ces grossiers obus ont été mis au point par les habitants de la planète rouge vieillissante, soucieux d’occuper la Terre pour s’y installer, et qui vont traiter leurs actuels habitants (nous !) comme de vulgaires insectes ou animaux inférieurs. Merci, donc, de bien vouloir lire l’original (et la préface que j’ai rédigée pour la version Folio chez Gallimard) avant de voir de pâles adaptations cinématographiques. Parce que ce chef d’œuvre de la SF n’est rien d’autre qu’une critique acerbe du colonialisme, et une réflexion toujours aussi pertinente sur l’adaptation des espèces à leur milieu.

En 1953, un film (de Byron Haskin) adapte le roman de façon assez fidèle, en situant l’action dans le présent. D’autres adaptations du roman, moins réussies, précèderont le film éponyme que tournera Steven Spielberg en 2005 – en situant l’action à New York et en s’autorisant des modifications étonnantes au scénario d’origine.

Or, comme on n’arrête pas une affaire qui marche, La guerre des mondes est devenue une série. Mais les envahisseurs, pour des raisons de modernité (contrairement à ce que pouvait supposer H.G. Wells, on sait depuis longtemps qu’il n’y a pas de Martiens !) viennent cette fois d’une autre galaxie. Bien entendu, ces méchants extraterrestres sèment la terreur. Entretenant l’illusion rassurante que si notre belle planète est en danger, la cause en est extraterrestre.

Le cinéma, plus encore que la littérature, a longtemps entretenu le mirage d’autres fins du monde possibles, par exemple à la suite de la chute d’une météorite pouvant causer la mort de l’humanité - voir -ou plutôt éviter de voir) Armageddon, entre autres.

Ces « fictions catastrophe » nous permettent de nous cacher la réalité : si une espèce menace d’exterminer l’humanité… c’est la nôtre, pas une autre !

Mais ce serait trop désagréable de nous mettre la nez dans notre propre caca.

Alors une fois de plus, faisons-nous une bonne grosse peur pour rire, histoire de mieux dégager notre responsabilité… et nous faire oublier la réalité : les responsables de la disparition des espèces, de l’eau potable, les responsables des famines, épidémies et autres calamités, ce ne sont pas de dangereux et belliqueux extraterrestres ou insectes géants à la sauce Starship Troopers ( film adapté du roman de Robert Heinlein Etoiles, garde à vous… le saviez-vous ?), ce sont les humains eux-mêmes.

Bah, qu’importe !

Pendant que notre maison brûle, nous préférons imaginer que les incendiaires viennent d’ailleurs.

CG

Dimanche 19 janvier 2020

Au delà de la lumière, Daniel Mat, Scrinéo

A Mondor, sorte de Las Vegas du futur, les fans de la Métamachie, un nouveau jeu virtuel, sont en émoi : la jeune Théa, une débutante, va affronter Ludwig Retter, le champion en titre.

Ce combat en public ne peut avoir lieu que si les deux belligérants passent en mort contrôlée (grâce à des injections) et s’affrontent dans un « rêve lucide partagé ». Un combat virtuel très violent, dans lequel les armes sont… les souvenirs des participants : décors, personnages, événements, tout peut être utilisé pour éliminer son adversaire ! Une expérience qui n’est pas sans risque…

En effet, dès le deuxième round, tandis que Théa et Ludwig transmettent sur écran, pour les spectateurs, les images de leur combat, Théa ne se réveille pas. Ses parents sont fous d’inquiétude… mais moins que David, son fiancé.

Bien sûr, il existe peut-être un moyen de savoir ce qui s’est passé – ou même de rencontrer Théa, et de l’aider à quitter cette mort, qui n’est plus contrôlée. La future championne est considérée comme morte ; et pour qu’elle rejoigne enfin la réalité, David décide de participer lui aussi à un combat. Il se souvient de Théa… mais ce sont ses propres souvenirs qui, contrairement à ce qu’il espérait, vont le gêner !

Eh oui, David n’est pas un champion. Ce n’est donc pas gagné…

Ce premier roman du jeune David Mat nous entraîne dans un jeu virtuel original qui tient à la fois des Mondes d’Ewilan, de feu Pierre Bottero et de la vieille (1996) Cité des permutants de Greg Egan – on songe aussi à Ubik, de Philip K. Dick et au chef d’œuvre de Michel Jeury, son Temps incertain avec ses dangereuses expériences de « chronolyse »…

Ce gros roman (480 pages) se lit aisément quand on est familier de la SF et qu’on accepte le jeu (parfois acrobatique) d’une réalité virtuelle d’un nouveau genre, puisqu’elle n’est accessible que si son utilisateur pénètre dans la frontière qui sépare la vie de la mort.

On devient alors un funambule capable de recréer ses propres univers à l’aide de tous ses souvenirs…

Le narrateur, David, a 17 ans. Il est amoureux de Théa, relate les faits au présent (une technique de plus en plus recommandée, notamment dans les textes destinés aux enfants et aux jeunes adultes) et va partir à la recherche de celle qu’il aime en participant à un tournoi amateur…

J’ai eu l’occasion de lire cet ouvrage (sorti le 24 octobre) en avant-première, et d’interviewer l’auteur lors de sa venue au salon Scientilivre de Labège.

Ce jeune écrivain prometteur a de l’imagination, de l’enthousiasme… et une foule de projets.

Bienvenue au club (de plus en plus intime, je le crains) de la vraie SF, un genre exigeant qui se situe loin, très loin de l’heroic fantasy si appréciée des jeunes adultes. La présentation et le style du roman le situent d’ailleurs très précisément à cette frontière, l’ouvrage pouvant aussi bien être abordé par les adultes que par les ados amateurs de SF.

Lu dans son unique version, un bel ouvrage en grand format à l’impressionnante (et fort belle) couverture noire et jaune.

CG

Lundi 06 janvier 2020

Ils pensent à la retraite... et oublient la planète

Test

©Patrick Chappatte in 'Le Temps' - https://www.chappatte.com


Ils ? Ce sont :

  • les autorités gouvernementales

  • les travailleurs et les syndicats, soucieux de préserver leur propre avenir… et celui de leurs enfants.

Sauf que… prétendre qu’on veut préserver l’avenir de ses enfants, de ceux qui, en 2020, vont entrer dans le monde du travail, c’est un argument qui me fait sourire.

Pourquoi ?

Parce que ces « jeunes futurs retraités » seront concernés en… 2065 ? 2070 ?

Or, où en sera la planète en 2070 ?

Dans l’actualité, on évoque (très peu) l’échec de la COP 25 (quelle victoire fallait-il en attendre ?) pour se concentrer sur les futures retraites, l’âge pivot, le chiffre du fameux point… j’en passe ! Un mois de grèves et de manifestations... soit.

A mes yeux, on oublie de nombreux paramètres :

1/ la perspective (annoncée par ceux qui sont en train de le provoquer !) d’un krach financier qui n’aura aucune commune mesure avec la petite crise financière de 2007/2008, au cours de laquelle de nombreux états sont intervenus pour « sauver les banques ». Avec l’argent public, dans le cadre du grand principe de l’économie de marché : on privatise les bénéfices et on nationalise les pertes.

Ce futur krach, les états ne seront sans doute pas prêts à l’assumer. Je vous laisse deviner l’état de vos économies… et celle des ministères éponymes contraints de revoir leurs chiffres et de réviser les promesses ( en particulier celles qui concernent les retraites ) de 2020 – on parie ?

2/ une « croissance négative » inévitable(j’évite le mot décroissance, synonyme de catastrophe), n’en déplaise à Madame Christine Lagarde qui juge la croissance nécessaire et indispensable – euh… vraiment ?

Allons, qui peut croire que nous allons continuer impunément à piller les ressources de la planète, à produire et à vendre comme au bon vieux temps ?

La plupart des consommateurs le souhaitent, je sais ! Le rêve qui circule, c’est travailler moins, gagner davantage et consommer encore un peu plus.

La décroissance ? On y viendra de force avec la fin du pétrole, la hausse du coût de toutes les énergies et la rareté annoncée de produits dont on vide la planète : poissons, forêts, eau, terres cultivables, terres rares ainsi que l’or, le zinc, le plomb, l’étain, le cuivre, l’uranium – et tout cela avant la fin du gaz naturel et celle du fer, prévues en 2072.

3/ l’arrivée des migrants.

On s’en dispute quelques centaines aujourd’hui : on n’en veut pas ! On vous les refile, OK ?

Les migrants climatiques ?

L’ONG Christian AID estime qu’en 2050, nous en aurons un milliard.

Bon, en théorie, cela devrait relancer l’industrie. Eh oui : il faudra construire beaucoup de digues (pour éviter que la montée des océans ne nous transforme nous-mêmes en futurs migrants !) et surtout beaucoup de béton et de fil de fer barbelés pour éviter d’être envahis par ces gens misérables et indésirables dont le sort et la fuite ont des causes que nous connaissons bien : nous et nos principes consuméristes effrénés, nous qui sommes complices d’un système qu’on condamne parfois du bout des lèvres… mais qu’on aimerait tant voir perdurer !

Nous ? Eh oui : ce ne sont pas les habitants du Bangladesh, de l’Afrique ou de l’Inde qui sont responsables du réchauffement climatique !

Bref, se projeter en 2070, c’est penser au futur état du monde… alors exiger le montant précis d’une retraite qu’il faudra recalculer dès 2030 (si tout va bien) – euh, là encore, on parie ?

Aussi, il me semble ridicule (et même scandaleux) de lever le poing en affichant : Ma retraite ! et en chantantL’Internationale. Parce que l’Internationale, je l’ai entonnée il y a cinquante ans, à l’époque où Michel Jonasz, (en 1976) ordonnait :

- Changez tout !

Aujourd’hui, c’est plutôt :

- Ne changez rien !

Et pour en revenir à On se bat pour l’avenir de nos enfants ! je laisse la parole à Jean-Jacques Rousseau qui, dans son Emile, affirmait (sans penser au futur réchauffement climatique !) : Vous vous fiez à l’ordre actuel de la société sans songer que cet ordre est sujet à des révolutions inévitables, et qu’il vous est impossible de prévoir ni de prévenir celle qui regarde vos enfants.

Avec une nuance de taille : la révolution climatique, elle, est clairement annoncée.

Nous savons comment la prévenir.

Mais nous oublions d’agir.

CG

Lundi 16 décembre 2019

PETIT HISTORIQUE DES CAUSES DU RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE… et autres catastrophes annoncées depuis longtemps

Allons, inutile de faire semblant de ne pas se souvenir.

Ou plutôt, laissez-moi vous rafraîchir la mémoire : on a commencé à jouer avec le feu dès le milieu du XIXème siècle, avec l’essor industriel et l’usage immodéré du charbon. Puis du pétrole, avec (entre autres) l’essor de la voiture individuelle (merci, Ford !).

Pendant un bon siècle, rares furent les scientifiques à se préoccuper du rôle de l’excès éventuel du CO2 et autres GES (gaz à effet de serre).

À la fin des années soixante, c’étaient les injustices sociales, la critique du mode de vie (métro-boulot-dodo) et la pollution qui étaient montrées du doigt.

L’un des premiers à soulever publiquement le problème du réchauffement, à la télé, en 1979, fut… le volcanologue Haroun Tazieff (vite remis à sa place par plusieurs contradicteurs, dont le commandant Cousteau !)

Dix ans auparavant, les membre du Club de Rome (un groupe de réflexion réunissant des scientifiques, des économistes et des industriels de 52 pays – une sorte de G20 avant l’heure… ) commandaient à un certain Dennis Meadows un rapport concernant le futur de notre planète.

Cet ouvrage, le fameux Rapport Meadows ( rédigé à plusieurs, notamment des gens du M.I.T., le Massachusets Institute of Technology) fut publié en 1972.

Ce dernier évoquait clairement les limites de la croissance – et la nécessité de parvenir à une… croissance zéro !

Ce que pointait ce fameux Rapport Meadows ? (je cite Wikipedia) :

  • l’accélération de l’industrialisation

  • la croissance de la population mondiale*

  • la persistance de la malnutrition mondiale

  • l’épuisement des ressources naturelles non renouvelables

  • la dégradation de l’environnement (les dégâts de la pollution)

Les conclusions du rapport annoncent un futur inquiétant pour l’humanité.

Bref, nous étions prévenus.

Confidentiel, le Rapport Meadows ? Pas vraiment : 12 millions d’exemplaires vendus, traduits dans 37 langues. Petit rappel :

  • en 1670, nous étions environ 500 millions sur Terre.

  • en 1970, 5 milliards

  • en 2020, nous sommes 7,7 milliards

  • en 2050, nous serons sans doute 9,7 milliards

  • en 2100, autour de 11 milliards.

Depuis cinquante ans, des voix (écologistes) s’élèvent pour tenter d’expliquer que la croissance ne peut pas être infinie dans un monde fini.

Mais les Terriens sont devenus asservis (et accro) au dieu Économie.

Du coup, la planète réagit : l’excès (annoncé) de l’industrialisation, le pillage (conscient, organisé) des ressources naturelles, la combustion du charbon et du pétrole entraînant la montée des températures, la disparition des espèces et la raréfaction (voire la fin) d’un grand nombre de denrées précieuses – l’eau ?

Ce n’est qu’un début, renseignez-vous.

Mais non : on préfère fermer les yeux, regarder ailleurs, comme disait feu Jacques Chirac qui euh… a également regardé ailleurs après sa brève prophétie !

Tandis que les riches s’enrichissent et (que) les pauvres font des enfants (Rapport Meadows dixit), nous continuons comme avant. Plus préoccupés par notre pouvoir d’achat que par la situation que nous laissons à nos descendants.

Le premier grand lanceur d’alerte fut René Dumont, l’auteur de L’utopie ou la mort (1973). Las ! Aux élections de 1974, il a obtenu… 1,32% des voix.

En novembre 2017, 15 364 scientifiques de tous les pays du globe lancent un appel désespéré : cet appel des 15 000, vous en avez entendu parler ?

Tapez donc appel des 15 000 sur votre moteur de recherche, c’est si compliqué ?

Aujourd’hui, quand Greta Thunberg supplie les dirigeants de la planète à écouter le SOS des scientifiques, tous les économistes (dont les médias relaient les réactions indignées !) ricanent et lui conseillent de retourner à l’école.

Refuser de savoir, de comprendre que nous scions la branche sur laquelle nous sommes assis, refuser de réagir pour exiger que les autorités compétentes prennent des mesures contraignantes, c’est devenir complice d’un crime contre l’humanité : nous participons à un suicide programmé.

CG

Lundi 28 octobre 2019

L'humanité, un suicide programmé

Photo Flickr / Michael, The world is melting

Photo Flickr / Michael, The world is melting


Je boycotte les bulletins d’infos. Pourquoi ?

Parce qu’ils nous gavent d’informations mineures par rapport au sort de notre planète en général et de l’espèce humaine en particulier !

Tous les faits d’actualité, même les plus graves, sont étudiés à court terme, qu’il s’agisse des migrants ( « comment s’en protéger, comment éviter qu’ils nous envahissent ! » ) ou même, et et c’est plus rare, de la lutte contre le réchauffement climatique : « doit-on vraiment baisser la vitesse des voitures de 20 km/h en cas de pic de pollution des particules fines ? » Laissez-moi sourire…

Au lieu de se protéger des migrants, peut-être devrait-on répondre à la question :

- Pourquoi tant d’individus risquent-ils leur vie pour abandonner leur famille et leur pays ?

Au lieu de baisser la vitesse de nos voitures, ne devrait-on pas se demander :

- Pourquoi l’air devient-il irrespirable ? Comment contrer l’excès de CO2 ?


2° de plus ? On y va !

La plupart des climatologues sont unanimes : si l’on dépasse un seuil de 2°, un processus irréversible risque de se produire, un « point de non retour » avec un effet domino, et une hausse de la température sans retour en arrière possible.

Or, une planète avec 5 ou 6° supplémentaires ( un scénario hélas envisageable ) sera invivable pour la plupart des espèces.

On me rétorquera qu’on en est encore loin.

Certes, mais on en prend le chemin, et de façon inéluctable.

Les mêmes climatologues estiment que pour éviter ce scénario, il faudrait réduire de 50% nos émissions AVANT 2040. En réalité, m’affirme un climatologue ( Vincent Cailliez ) dont les calculs sont hélas à prendre au sérieux, c’est 90% de réduction qui seraient nécessaires.

90% ou 50% de réduction ?

On est très loin d’en prendre le chemin, comme l’affirme le site Notre Planète infos :

 « Loin des engagements pris et des belles paroles répétées chaque année, les émissions de CO2 ne baissent pas, rendant toujours plus impossible l'adéquation de celles-ci avec les objectifs de réduction des émissions pour limiter le réchauffement planétaire à 1,5 °C ou même 2°C. (…)

L'objectif principal de l’Accord de Paris est de maintenir la hausse de la température moyenne mondiale en dessous de 2°C, voire même 1,5°C au-dessus des niveaux préindustriels.

Un voeu pieux puisque cet objectif est à la fois irréalisable ( la température a déjà augmenté de 1,1° ) dépourvu d'engagements chiffrés et non contraignant pour les pays signataires.

C'est pourquoi, les émissions de gaz à effet de serre ne diminuent pas et que la hausse moyenne des températures mondiales devrait plutôt atteindre 3°C d'ici à 2050.(…) Selon le rapport 2018 du Global Carbon Project publié le 5 décembre 2018, après 3 ans de plateau, les émissions de CO2 fossile mondiales ont augmenté de 1,6% en 2017 et cette augmentation globale est projetée à 2,7% en 2018. Ainsi, Les émissions planétaires de CO2 provenant de la combustion des énergies fossiles et de l'industrie ont encore augmenté en 2017 pour s'établir à 36,2 milliards de tonnes de CO2 (GtCO2), c'est 63 % de plus que l'année de référence du Protocole de Kyoto (1990) »

Bref, notre espèce se condamne à une auto-extinction prochaine.

Des solutions existent-elles ?

Mais oui !

Sauf qu’elles nécessitent des engagements mondiaux, notamment celui d’un changement radical de notre économie basée sur la croissance à tout prix.

Une croissance que, drogués à l économie de marché, nous exigeons – et que réclament les pays en voie de développement qui nous prennent pour modèles, alors que nous savons, sans nous l’avouer, que ce modèle de développement n’est plus viable – ce que nos chers économistes nous cachent soigneusement, relayés par les médias.

Excusez-moi…

Je jette un pavé dans la mare ?

Je parle de choses désagréables ?

Je suis peut-être trop pessimiste, attendons encore un peu pour voir ?

D’accord.

Maintenant, passons aux résultats des sports.

CG

Lundi 03 juin 2019

POUVOIR D’ACHAT, CO2 ET… DÉCROISSANCE ?

Et si on se trompait de problème ?

Souvenez-vous : le mouvement des gilets jaunes a débuté avec une revendication simple : protester contre la hausse des carburants.

On en est loin.

Aujourd’hui, la priorité ( des gilets jaunes ? ) semble être l’augmentation du pouvoir d’achat. Pouvoir acheter plus de quoi ?

De nourriture ?

Oui, il semblerait qu’on ne mange pas à sa faim… La preuve : 40% des 12-14 ans ne prennent pas de petit déjeuner ! Faute d’argent, vraiment ?

Ou parce que les ados…

  • n’ont pas faim le matin.

  • se lèvent trop tard pour prendre un petit déjeuner.

  • tout ça parce qu’ils ne dorment pas assez à cause… d’un smartphone ( d’une tablette, d’un écran, etc. ) resté allumé le soir trop longtemps ?

Réfléchissons : le budget nourriture est loin d’être le premier dans un ménage : 35% dans les années 60 et… 20% en 2014 !

Mais voilà : ce budget, c’est l’argent qui reste après avoir payé : le loyer, les impôts locaux, les assurances, le carburant et l’entretien de la voiture ( souvent indispensable pour aller travailler ), les abonnements divers ( Internet, téléphone, eau, gaz, électricité, téléphone… ), j’en passe !

Beaucoup de ménages n’y arrivent pas parce que les dépenses obligatoires et ordinaires ( hors nourriture ! ) se multiplient.


La voiture !

Elle m’intéresse – à cause du CO2, bien sûr.

Savez-vous combien coûtait ( en moyenne ) une voiture en 2016 ?

Vous allez rire : entre 5 500 et 6 000 euros, amortissement, assurance, carburant, etc. compris.

Soit 500 euros par mois !

Soit, après le loyer, le budget le plus important d’un ménage.

Mais la voiture, c’est sacré. Pas question d’y toucher.

Dans son budget, le carburant n’est qu’une partie du problème – on évoque peu les péages dont le prix, parfois, approche celui du carburant pour certains trajets ! ( Merci à nos dirigeants qui, en 2006, on vendu à Vinci – et ailleurs – les autoroutes que NOUS avions financées pendant des décennies, Vinci qui s’enrichit à milliards et ne paie que 4,3% d’impôts sur son chiffre d’affaires ! )

La voiture, c’est une grosse partie de l’industrie et de l’activité d’un pays – regardez donc les pubs, dans les magazines ou à la télé : combien sont consacrées à vous convaincre d’acheter un nouveau véhicule – moins polluant, bien sûr ! ( euh… c’est bien sûr, vraiment ? )


La survie de l’humanité ( je sais, c’est mon antienne ) est conditionnée à une baisse urgente et drastique du CO2.

Une baisse de 50% avant 2040, jugent beaucoup de climatologues du GIEC ( une baisse de 90% avant 2040, m’affirme « mon »climatologue Vincent Cailliez, chiffres et calculs à l’appui ).

En réalité, rien n’est fait pour que cette baisse soit effective – sauf des décisions qui, depuis 40 ans, ne sont pas appliquées !

Des chiffres ?

Selon l’OCDE, « en 2017, le fret «de surface» émettait 2230 millions de tonnes de CO2, contre 929 millions de tonnes pour les frets aériens et maritimes réunis. Et en 2020, le fuel marin sera toujours responsable d’environ 250 000 morts et 6,4 millions de cas d’asthmes chez les enfants chaque année. 

En 2040, notre planète basculera dans un processus probablement irréversible.

Et de nouveaux calculs seront à refaire… avec de jolies catastrophes à venir.

En attendant, les affaires continuent et l’économie de marché prospère.

Parce que personne ne veut vraiment changer le système et ses règles du jeu.

Un jeu très dangereux.

CG

Lundi 13 mai 2019

Quelques chiffres

Oui, je sais, la lecture de mes précédentes « minutes » durait plutôt un quart d’heure.

Alors cette fois, pour faire court, je vous livre simplement quelques chiffres…


  • 2018 : année record absolu concernant la moyenne des températures. Nul doute que les années à venir battront d’autres records.


  • Google : 100 milliards de chiffre d’affaire ! Et 50 millions d’euros à débourser que réclame la France. Soit, à vue de nez, 0,05 % du chiffre d’affaires.

Euh… sur le plan des impôts ( que ne paient pas ou quasiment pas les GAFA, ils protestent car ils trouveraient ( le conditionnel est de rigueur puisque rien n’est encore fait ! ) injuste d’être imposés sur le chiffre d’affaires, et préféreraient l’être… sur leurs bénéfices !

Bizarre : moi, quand je paie mes impôts, c’est sur mon salaire, pas sur les économies que je fais ( il est vrai que si on payait un impôt sur ce qui reste de nos salaires… on ne paierait pas grand-chose, nous ! Tandis que les GAFA… )


  • Carlos Ghosn a perçu en 2012, 11,2 millions d’euros ( salaires Renault + Nissan ).

Soit, en un mois, ce qu’un smicard gagne en… 53 ans : une vie et demie de travail. Et le patron de Renault paie des impôts… aux Pays Bas, devinez pourquoi ?

Ce n’est pas juste ?

Non, mais c’est légal !

L’ex patron de Renault-Nissan joue pourtant petit bras, parce que…


  • L’an dernier, 46 personnes les plus riches de la planète possédaient autant d’argent que… la moitié la plus pauvre de toute l’humanité, soit 3,8 milliards d’individus.

En 2018, ils n’étaient plus que 26 !


  • En tête, on trouve Jeff Bezos, le patron d’Amazon, avec 155 milliards de dollars ( et il paie… très peu d’impôts ! ).

Ce qu’on sait, en revanche ( selon l’ONG Oxfam ), c’est que :


  • Les plus riches cachent au fisc 7.600 milliards de dollars

Ce n’est pas juste ?

Non.

Mais c’est légal.


CG

Lundi 22 avril 2019

28° en février

Plan B - Lester R. Brown

Le merveilleuse nouvelle est tombée chaque matin à la météo : il fait chaud !

Le 28, on a frôlé les 28° à Perpignan – et les 15° à 1500 mètres d’altitude, dans les Alpes, trois jours auparavant.

Tiens, l’association Respir proteste : alerte aux particules fines en île de France, dans le Lyonnais et ailleurs, les conducteurs sont invités ( invités ) à réduire leur vitesse de 20 km/heure – on est prié de ne pas sourire.

Suffisant ? demande la journaliste au responsable de Respir.

Non, pas du tout, l’Etat ne prend pas ses responsabilités, ajoutée au pic de grippe, cette situation aggrave les asthmes, il y aura des décès. Il faudrait imposer des mesures drastiques.

Lesquelles ? Le responsable ne précise pas.

Alors je le fais pour lui : dans les vingt ans à venir : supprimer les voitures individuelles, arrêter de consommer du charbon, du gaz, du pétrole.

Mais ce serait la mort de l’économie ! répondent… les économistes.

Oui. Mais la seule chance pour l’humanité de survivre.

J’exagère ?

Eh bien renseignez-vous. Par exemple auprès des 15 000 scientifiques qui ont lancé un cri d’alerte ( mais qui en a entendu parler ? )

Ou bien tapez Aurélien Barrau, astrophysicien. Trop jeune, pas assez fiable ?

Alors écoutez Michel Serres, philosophe, académicien, historien des sciences ( 88 ans ). A La Grande Librairie du 27 février dernier, il a déclaré que l’humanité était en danger et que le problème majeur, prioritaire, était le réchauffement climatique.

Depuis des mois, dans l’actualité, les gilets jaunes font la une.

Ils sont 40 000 mais en parle toujours.

Et l’Affaire du siècle, vous en avez entendu parler ?

Dommage : nous sommes 2 millions à l’avoir signée, en gros : deux millions de Français à exiger des pouvoirs publics qu’ils prennent des mesures exemplaires, voire impopulaires, pour contrer le réchauffement climatique. Réponse : le gouvernement n’est pas concerné.

Bizarre !

Quand il y a des morts sur les routes et qu’on installe des radars, qu’on limite la vitesse à 80 km/h, il se sent concerné ! Quand il augmente le prix des cigarettes pour tenter de limiter les cancers du poumon, il se sent concerné !

Sur 100 personnes interrogées dans la rue, combien vous répondront, à la question : « avez-vous entendu parler des gilets jaunes ? «  100%. !

Et à l’Affaire du siècle ?

Essayez !

Pourquoi ? C’est simple…

1/ Pour qu’on parle de vous, il faut faire du bruit et/ou des dégâts. 40 000 gilets jaunes qui veulent plus de pouvoir d’achat sont plus écoutés que 2 millions de citoyens attentifs à l’avenir de l’humanité.

2/ On gère le présent ou le futur immédiat. Le réchauffement, on s’en occupera quand les effets se feront vraiment sentir. Dans 30, 50 ou 100 ans – oui, mais il sera trop tard.

Pour l’instant, 28° en février, c’est magnifique !

3/ Comme l’affirmait Nicolas Hulot ( in préface de Le plan B de Lester R. Brown, Hachette Littératures, 2006, page10 ) : « l’espèce humaine est ainsi faite que parfois, elle préfère choisir l’aveuglement plutôt que se coltiner avec la réalité »

Je lasse mes lecteurs ?

Dommage, car je reviendrai à la charge.

Je n’imiterai pas certaines ( presque toutes les ) chaînes d’infos qui, après avoir consacré trois minutes à l’extinction des espèces ou à la disparition de la grande barrière de corail, s’empressent d’ajouter :

- Et maintenant, on passe aux sports !

Ouf, on va enfin savoir qui a gagné…

Dans deux ou trois siècles, c’est l’espèce humaine qui aura tout perdu.

Et pourtant, on l’aura prévenue.

CG

Lundi 11 février 2019

A propos des migrants : Lettre ouverte à nos amis américains en général… Et aux Républicains en particulier

Chers amis Américains ( et Républicains ),

Ainsi, quand 4 000 méchants migrants venus du sud ( Honduras, Mexique ) tentent de rejoindre votre beau pays et lancent des pierres à la police qui les empêche de progresser… vous jugez légitime que 15 000 policiers répliquent en tirant sur eux à vue.

Soit. Mais vous avez la mémoire courte.

En Amérique ( et aux Etats-Unis ), les premiers migrants… c’est vous !

Au XVIe et au XVIIe siècle, attirés par ces territoires tout neufs, vos ancêtres européens, anglais, irlandais, italiens, néerlandais, espagnols, portugais ( j’en passe ) ont débarqué sur ce double continent… qui était déjà occupé.

Il est vrai qu’il était peuplé de sauvages naïfs, peu vêtus, souvent accueillants, et toujours incroyants ( en tout cas, il est vrai : ce n’étaient pas de bons chrétiens ).

Au départ, ils n’ont pas rejeté les migrants qu’étaient vos ancêtres.

Certains Indiens ( ou plutôt Peaux-Rouges – sans parler des descendants des Incas, des Mayas… ) vous ont même accueillis comme des dieux.

Mais la raison du plus fort a eu raison de ces populations décidément gênantes.

Ils étaient plusieurs millions avant l’arrivée des Européens. Et moins de 300 000 il y a cent ans. Parqués dans des réserves.

Eh oui, les bons cow-boys ont eu raison des méchants et cruels Peaux-Rouges, comme voulaient nous le faire croire les westerns des années cinquante…

Quant à votre héros Buffalo Bill, il serait sans doute jugé aujourd’hui pour crime contre l’humanité, responsable de l’extermination de milliers de Peaux-Rouges : en supprimant les bisons, il affamait les Indiens. Eh oui, et puis il fallait bien fournir en viande les ouvriers du Pacific Railway qui voulaient relier l’Atlantique à la côte ouest… en exterminant les populations qui auraient ralenti la marche du progrès.

Les migrants ? Vous en étiez. L’avez-vous oublié ?

De quel droit vous êtes-vous appropriés ces territoires déjà habités ?

Il faut durcir « le droit du sol », a affirmé Donald Trump.

Un sol dont les anciens occupants ont été spoliés, chassés, exterminés.

Par millions. Et par vos ancêtres.

Des migrants.

Pardonnez-moi de vous le rappeler.

Dimanche 06 janvier 2019

La fin du monde… ou la fin du mois ?

On connaît cette formule ( La fin du monde ou la fin du mois ? ) depuis la révolte des gilets jaunes et la promesse d’Emmanuel Macron qui s’engage… à traiter les deux. C’est très courageux. Mais c’est mission impossible.

Je sais que le discours qui suit est à contrecourant de l’actualité.

Mais tant pis.

Assurer la fin du mois, c’est le problème quotidien de millions de Français.

Assurer sa réélection dans deux ou trois ans, c’est le défi permanent des hommes d’état ( Macron, Trump, Poutine… et les autres ! )

Différer la fin du monde, c’est l’obsession des écologistes : Nicolas Hulot, Yann Arthus Bertrand, 15 364 scientifiques ( vous avez lu leur SOS sur Internet ? Tapez Appel des 15 000 ) et accessoirement du GIEC. Un organisme qui, depuis 1988, crie ALERTE ! sans que ses conseils ni les décisions prises ne soient suivies d’effet. Ne parlons pas de la COP 24…

Et cette alerte ne concerne pas 67 millions de Français mais 7,5 milliards d’humains.

Allons ! allez-vous rétorquer. La fin du monde, ce n’est pas pour demain.

Non. Mais pour après-demain. Dans cinq ou six générations - les scientifiques les plus compétents la prévoient.

Désormais, on connaît le bout du chemin. Mais voilà : on préfère ne pas y penser.


(la suite pour ceux qui viennent de l'édito de Janvier-Février !)

Revenir sur la hausse des taxes sur le carburant ?

Bon, c’est vrai : cette hausse était ridicule, provocatrice et improductive.

D’autant plus qu’une part dérisoire de ces taxes devait ( théoriquement ) être consacrée à la « transition écologique ». Mais bloquer le pays pour augmenter le pouvoir d’achat, ça me fait sourire ( jaune ).

Eh oui, chers amis gilets jaunes, chers citoyens du monde, le problème est ailleurs. Quitte à être provocateur jusqu’au bout, je rappellerai qu’il y a 40 ans, le carburant coûtait plus cher qu’aujourd’hui, avec des véhicules qui consommaient deux fois plus. Et l’on commençait à peine à prendre conscience du réchauffement climatique provoqué ( entre autres ) par la consommation du pétrole. Une énergie fossile qui, en réalité, n’a pas de prix.

Parce qu’il faudra des millions d’années pour la renouveler.

Pour la première fois ( enfin ! ), le 22/11/2018, Nicolas Hulot a évoqué la fin du monde. « Peut-être pas la mort de la planète Terre ( encore que… ») mais celle de l’humanité.

Une métaphore ?

Une vue de l’esprit ?

Hélas non : une fois franchi un point de non retour ( dans deux ans, comme le dit Antonio Guterres, le secrétaire général de l’ONU ? Plus vraisemblablement avant le milieu du siècle, soit vers 2040 comme le calculent déjà certains climatologues ), l’emballement climatique sera irréversible.

Avec, dans moins de deux cents ans, une survie impossible sur notre planète.

Difficile d’y croire, n’est-ce pas ? Et surtout, trop gênant d’y penser.

Donc… on oublie ! Et on remet le problème à demain.

Sauf qu’on le remet à demain depuis… 1972, c'est-à-dire le premier Rapport du club de Rome.

Parce que gérer le quotidien ( et sauvegarder l’économie, merci, les banques ! ) est bien plus important que penser à l’avenir de nos descendants.

Le défi est pourtant majeur : si des mesures drastiques ne sont pas prises, c’est l’humanité qui va disparaître. Dans des conditions que les collapsologues jugent désastreuses : sécheresses, conflits, pandémies… un futur qui relègue les vieux Mad Max au rang de conte de fées.

On va me rétorquer : vous êtes sûr de ça ? Qu’est-ce qui nous le prouve ?

Oui : la plupart des gens préfèrent ne pas y croire. Ou plutôt prendre ce risque. Parce que c’est plus facile que de changer notre façon de vivre et de consommer.

La fin du mois, c’est le problème des pays industrialisés, riches et nantis.

Pour des milliards d’autres humains, c’est la survie au quotidien : maladies, guerre, manque d’eau potable …

Autrefois, on pouvait dire : « c’est leur problème ! »

Aujourd’hui, c’est plus délicat parce que c’est notre système économique qui les a mis dans cet état ! Nos sociétés industrielles vivent, on le sait, au-dessus de leurs moyens. Au détriment de pays dont les habitants survivent en travaillant pour des salaires de misère et en traitant les déchets de nos belles technologies (comme le font les enfants indiens ).

Pour fêter la coupe du monde de foot, on peut se rassembler à 500 000 sur les Champs Elysées. Pour faire baisser les taxes, on peut bloquer la circulation, les commerces, brûler les préfectures et obliger l’Etat à plier.

Mais combien sont prêts à manifester pour contraindre nos dirigeants à prendre les mesures propres à assurer… la survie de l’humanité ?

Là, il n’y a plus personne. Si : le 8 décembre, 5 000 manifestants dans la « manif pour le climat ».

On laisse faire.

Parce que, pour agir, on ne devrait pas parler de transition mais de dictature écologique. Avec l’arrêt impératif, immédiat, de production de CO2.

Donc l’interdiction absolue de produire ( et de consommer ) du pétrole. Donc celle d’utiliser les voitures, les camions, les avions, les tankers…

Je vous entends éclater de rire :

- Mais ce serait la mort de toute l’économie ! Une régression sans précédent ! Et le risque de produire des révolutions, des émeutes, des famines !

Exact.

Ce serait surtout le prix à payer pour que survivent la Terre et les êtres vivants qui la peuplent. Ne rien faire ( c'est-à-dire laisser faire ), c’est reculer le problème. Parce qu’une fois le point de non retour atteint, les mêmes problèmes ( conflits, famines…. ) se produiront.

Avec, et cette fois sans retour, la disparition de toutes les espèces.

Pessimiste, catastrophiste, cette prophétie ?

J’ai peur de ne pas me tromper.

Et je sais pourquoi Nicolas Hulot a pleuré.

CG

Lundi 10 décembre 2018

La dictature ? Et pourquoi pas ?

Attention : je n’ai pas dit que j’étais favorable à la présence d’un dictateur.

Et je n’ai pas encore précisé quel type de dictature me semblait souhaitable… non : indispensable !

Il s’agit, on l’aura deviné, d’une « dictature verte – ou écologique ».

Parce que la situation n’est plus urgente. Elle devient indispensable si l’on veut préserver la paix, la sécurité des futures générations et, à terme, l’existence de l’espèce humaine.

En réalité, notre planète subit, de façon insidieuse, une dictature que la population, implicitement, approuve : celle de l’économie. Un monde devenu incontrôlable qui nous fait exiger une croissance à tout prix ( à tout prix, oui : y compris celui du sort – pire : de la survie ! - des générations à venir ). Une économie qui dicte sa loi à toute la planète avec le soutien des « pays riches » ( en gros, ceux du G 7 ou G8 ) qui refusent de modifier quoi que ce soit au mode de vie de leurs concitoyens.

Or, les faits sont têtus : les espèces, l’eau, les terres cultivables ( et je fais court ) disparaissent à vue d’œil, pour le maintien d’un mode de vie basé sur le gâchis, la surconsommation et le mépris du vivant – sans parler du non-vivant ( pétrole, gaz, terres rares, etc. ) dont la disparition, cerise sur le gâteau, contribue à alimenter le CO2 et l’effet de serre.

Question : pourquoi, malgré de beaux discours et des promesses admirables, rien n’est réellement fait pour contrer les catastrophes annoncées ?

Eh bien parce que :

1/ les responsables politiques obéissent aux impératifs économiques ( consommation, PIB, salaires, niveau de vie, etc. )

2/ ils sont davantage préoccupés par leur réélection dans 4 ou 5 ans que par le sort de la planète dans 30 ou 50 ans.

3/ s’ils prenaient les mesures drastiques indispensables, des manifestations et des protestations feraient sortir la population dans les rues ( en bien plus grand nombre encore que pour la coupe du monde de foot, c’est dire ! ).

Ce serait plus qu’impopulaire : insupportable !

4/ Si la France se risquait, en solitaire, à prendre ( de façon autoritaire ) de telles mesures, sa croissance, en chute libre, serait observée en ricanant par les autres pays qui, eux, trop contents, se garderaient bien de l’imiter… comme cela deviendra de toute façon indispensable, un jour, de gré ou de force.

Mais il sera trop tard. Le réchauffement climatique, c’est un peu comme le cancer : si on attend les premiers gros dégâts pour agir, les chances de survie se raréfient.

Les effets du réchauffement que nous supportons aujourd’hui sont la conséquence des excès de CO2… des années 70. Il a fallut cinquante ans pour qu’on les constate.

Pour contrer le réchauffement climatique actuel ( en ne produisant plus du tout de CO2, ce qui est évidemment impensable, impossible ), il faudrait un ou deux siècles.

Il faudrait, car loin d’en produire moins comme nous nous l’étions solennellement promis, nous en produisons toujours plus.

Une « dictature verte », comme je l’évoquais dans mon titre provocateur, ne pourrait être que mondiale. Avec, à sa tête, les 15 000 scientifiques qui ont lancé leur fameux appel, et les responsables des pays les plus riches, les plus producteurs… comme la Chine et les Etats-Unis. Avec non pas l’augmentation du prix du pétrole, mais l’interdiction absolue d’en pomper désormais le moindre baril.

Euh… et les voitures ?

Et l’industrie ?

Oui : vous l’avez compris : des années seraient nécessaires pour mettre en œuvre une telle mesure. Avec le remplacement de la voiture individuelle ( pour prendre un seul exemple ) par un vrai réseau de transports collectifs… fonctionnant au moyen d’énergies renouvelables.

Les transports aériens ?

Le tourisme ?

Il faudra les soumettre à une législation féroce. Savez-vous combien de personnes sont en train de se déplacer dans les airs, en ce moment – et en permanence ?

Deux millions !

Et l’aérien, sur Terre, représente seulement 3% du transport !

La surpopulation ? Il faudra la gérer.

La viande ? Il faudra finir par s’en passer, pour mille raisons qu’il serait trop long de détailler.

Utopiques, ces mesures ?

Peut-être. Mais de gré ou de force, nous devrons finir par nous y plier.

À un moment, dans le futur, où, hélas, il sera déjà bien tard pour agir…

CG

P.S. Difficile et délicat, de vous livrer des liens susceptibles de vous convaincre.

Ayez au moins la curiosité de taper Appel des 15 000 sur votre moteur de recherche.

Ou encore planète étuve si vous avez encore des doutes sur l’avenir de notre Terre – et celui du vivant en général.

Et si vous voulez l’avis d’un scientifique ( qui n’est pas climatologue mais astrophysicien ! Il s’agit d’Aurélien Barrau ), connectez-vous sur :

https://www.youtube.com/watch?v=XO4q9oVrWWw

Lundi 22 octobre 2018

Mort d’une abeille

Réflexion après la diffusion d’un doc « 13H15 le dimanche » sur la 2, en août dernier.

On y voit notamment une abeille en train de mourir. Elle gigote et agonise, victime d’un dérèglement causé par un pesticide… ou même deux pesticides réputés inoffensifs, mais dont la rencontre provoque le même effet dévastateur, comme deux médicaments sans danger peuvent se révéler incompatibles. Son système endocrinien est perturbé, elle est incapable de se diriger –les abeilles se servent du soleil pour communiquer leurs trajets et retrouver leur ruche.

Cette abeille n’est pas la seule à mourir.

En trente ans, on le sait, 80% des insectes ont disparu sur notre planète.

Ce qui rend obsolète la fameuse blague : « A quoi reconnaît-on un motard heureux ? Réponse : les moucherons, sur les dents. »

Les vieux conducteurs l’ont remarqué : autrefois, en été, leur pare-brise était vite constellé par des mouches, guêpes, moustiques et autres insectes projetés sur le pare-brise.

Il n’y en a quasiment plus… merci, Monsanto !

75% des abeilles ont disparu. Ce petit gain de 5% est le fait des apiculteurs qui se battent pour renouveler leurs ruches. Les abeilles ont deux ennemis : les parasites et les pesticides.

Dans le monde, un seul pays n’a pas vu de diminution des abeilles des ruches : Cuba.

Pourquoi ?

Parce qu’après la chute de l’URSS, l’embargo américain n’avait plus d’adversaire.

Cuba n’a plus disposé de l’envoi des pesticides de ses alliés russes.

Les apiculteurs cubains ont été contraints de… faire du bio.

Et là, miracle : les abeilles se sont montrées capables de lutter elles-mêmes, par de rapides mutations, contre leurs parasites naturels ! Sans pesticides, elles ont continué à produire ( du miel ) et à se reproduire. Merci l’Amérique  ( et Mr Bush senior ) !

On me dira : les abeilles vont disparaître… et alors ?

On connaît la phrase ( faussement attribuée à Einstein ) évoquant la fin programmée de l’humanité s’il n’y avait plus d’abeilles : elles sont responsables (à 80% ) de la pollinisation. Sans elles, la biodiversité disparaît ( ainsi que la plupart de nos cultures ).

Or, la responsabilité des pesticides semble entière : ils sont coupables de la mort des abeilles.

Monsanto ?

On sait ce qu’il en est : sans pesticides, ça va coûter plus cher de désherber.

Donc il faut attendre un peu avant d’agir, pour des raisons économiques.

Même Nicolas Hulot l’admet, l’accepte, le soutient – bizarre !

Sauf que pour les mêmes raisons, l’humanité va finir par le payer beaucoup plus cher.

Monsanto, on le sait aussi, a été racheté par Bayer, qui hérite de cette patate chaude.

Monsanto ( donc Bayer ) a été condamné à verser 289 millions de dollars ( 250 millions d’euros ) à un jardinier américain dont la cause du cancer semble bien avoir été établie.

Et ce jugement pourrait faire jurisprudence.

Sauf que Bayer, rassurez-vous, n’est pas près de payer : il fait appel. Le procès peut durer des années, avec l’aide de rapports établissant que le glyphosate n’est pas du tout dangereux. Rapports douteux rédigés par des « spécialistes » tous liés à Monsanto.

Cherchez l’erreur.

L’abeille en train de mourir lève peut-être le doigt ( si j’ose dire ) pour affirmer : ben non, je suis même la victime de pesticides jugés sans danger, alors le glyphosate, pensez donc…

A-t-on estimé le coût ( là, pas en millions mais en dizaines de milliards ) des conséquences ( sanitaires : médicaments, traitements, etc. ) de l’usage de ces pesticides ?

Les 250 millions d’euros auxquels Monsanton vient ( enfin ! ) d’être ( théoriquement, hélas ) condamné sont une goutte d’eau dérisoire.

Le coût de ces conséquences, c’est la sécu qui l’a payée – et la paiera.

C'est-à-dire nous.

Et ce qui se passe pour les abeilles n’est que la surface de l’iceberg de notre belle économie de marché : on privatise les bénéfices ( Monsanto s’est magnifiquement enrichi pendant des dizaines d’années ! Avec un dernier chiffre d’affaire de 15 milliards de dollars, il vient d’être racheté par Bayer pour… 59 milliards d’euro, qui dit mieux ?) et on nationalise les pertes : c’est la société, les impôts ( nous ! ) qui devons réparer les dégâts… quand c’est encore possible.

Ah, pour les abeilles, je rassure mes lecteurs : des sociétés privées ont trouvé la solution : des abeilles robots fabriquées par millions ( je ne plaisante pas, renseignez-vous, Walmart, 485 milliards de chiffre d’affaire, a déposé un brevet ! ).

Les trusts ont toujours une réponse : non contents de s’enrichir en détruisant la biodiversité, ils trouvent encore le moyen de continuer à le faire en inventant des remèdes pour réparer les catastrophes qu’ils provoquent.

CG

Lundi 16 juillet 2018

L’humanité disparaîtra… beaucoup plus tôt qu’on ne le croit

I have a dream, affirmait Martin Luther King.

Mon rêve à moi, plus ambitieux, concernait ( oui, je parle au passé ) le futur de l’humanité.

Il rejoignait les utopies d’un John Wheeler et d’un Elon Musk.

John Wheeler ? Dans les années 90, ce spécialiste de la physique quantique affirmait en substance ( dans un article de la revue Pour la science ) que si l’humanité ne commettait pas d’erreur, elle avait, en germe, les moyens de perdurer pendant des millions d’années1.

Elon Musk ? Le projet le plus fou de ce milliardaire ( il fait atterrir une partie de ses fusées porteuses, il est l’auteur du projet superloop et aimerait coloniser Mars dès 2025 ), son objectif utopique consiste à essaimer l’univers de 1000 milliards d’humains en les faisant coloniser peu à peu les planètes d’autres systèmes.

Des folies ?

Pas tout à fait, si notre humanité s’en donnait à la fois le temps et les moyens.

Mais ce n’est pas le cas, car l’humanité s’offre un suicide programmé.

On évoque souvent la disparition des dinosaures, suite à la chute d’une météorite géante il y a 65 millions d’années. C’est une version réduite de la réalité puisque les causes de cette extinction massive des espèces vivantes sont encore mal connues.

Des extinctions de ce genre, la Terre en a vécu plusieurs.

Celle du Permien-Trias, par exemple ( il y a environ 250 millions d’années ) a vu disparaître 95% de la vie sous-marine et 70% de la vie terrestre.

Ses causes ?

Un réchauffement climatique dû à des libérations massives de gaz à effet de serre. Libérations nombreuses et complexes, notamment volcaniques ).

Un scénario identique pourrait bien nous attendre.

J’entends d’ici les protestations : qu’est-ce qu’on en sait ? Jusqu’ici, on évoque 2° de plus, ce n’est pas grand-chose. On va enrayer ça vite fait ( et/ou ) on trouvera bien des solutions !

La réalité est plus cruelle : enrayer ce réchauffement avant la fin du siècle est de toute façon impossible. Les climatologues le savent : même si l’on cessait dès demain de produire du CO2 ( et on est loin, très loin du compte ! ) ce réchauffement, déjà entamé depuis des décennies, se poursuivrait pendant plusieurs siècles.

En 2100, on sera plus proche des 5° de plus, que des 2° envisagés. En ce moment, le Groenland perd 200 milliards de tonnes de glace par an. Ce n’est pas demain que cette glace reviendra mais ( peut-être et au mieux ! ) dans plusieurs siècles. Voire plusieurs millénaires.

Les conséquences d’un réchauffement inéluctable sont nombreuses et hélas imprévisibles.

Ce qui est sûr, c’est que dans moins d’un siècle ( les enfants qui naissent en ce moment auront 80 ans ), la hausse du niveau des océans, la raréfaction de l’eau potable, les désertifications, la surpopulation ( nous serons 10 milliards en 2050 ; et en 2100, l’Afrique comptera 4,4 milliards d’habitants ) et les migrations massives entraîneront des conflits majeurs que nous redoutons d’imaginer – à quoi bon en parler ou les évoquer ? Ca paraît loin, improbable.

Et l’économie de marché a une priorité absolue : produire et nous faire consommer.

Le décroissance n’est donc pas pour demain.

Et les décennies à venir risquent de surprendre nos descendants, nous leur léguons un futur difficile. Alors autant faire semblant de l’ignorer pour mieux profiter du présent.

Si je partage les craintes d’Yves Paccalet2, je suis en totale opposition avec sa formule : comme la plupart des astrophysiciens, je pense que la Terre est une planète aux capacités rares, peut-être uniques – et l’homme un miracle de l’évolution.

Notre espèce avait les moyens de devenir un modèle d’intelligence – Nietzsche, Arthur C. Clarke et Stanley Kubrick ont ( entre autres ) illustré ce rêve.

Un rêve que notre mode planétaire de société condamne à un cauchemar annoncé.

Après tout, c’est normal : les défauts de notre espèce entraînent inéluctablement son extinction Euh…. non, je refuse de le croire.

L’humanité méritait mieux que ça.

Cette formule, c’est peut-être celle que répéteront tristement les rescapés improbables de notre chute, dans quelques siècles. Quelques siècles… je vois trop loin, vraiment ?

Il y a 500 ans, Léonard de Vinci ( et tant d’autres ! ) nous promettaient le meilleur.

Dans 500 ans, qu’en restera-t-il ?

Oui, je l’avoue : j’ai très peur.

CG

1en maîtrisant la génétique – un projet repris et adapté par les transhumanistes.

2 L’auteur de l’essai L’humanité disparaîtra… bon débarras.

Lundi 25 juin 2018

A propos du passé simple…

Le sujet est large et multiple.

Et le projet qui préconise l’enseignement du passé simple « réduit à la troisième personne du singulier et du pluriel » a provoqué en son temps une levée de bouclier.

Les faits sont là : le passé simple a disparu de la langue orale.

Comme a quasiment disparu de la langue écrite l’usage de l’imparfait du subjonctif.

S’en offusquer est inutile. Et sur le plan pratique, mieux vaut être efficace et tenter de faire maîtriser aux élèves ce qui est le plus accessible… et le plus courant.

En revanche, il devient indispensable d’aborder ces temps et ces modes parfois complexes si l’on veut lire ( comprendre et apprécier ) les textes classiques, Et là, on parvient à une scission dramatique : seule une partie des élèves y parviendra, pour des raisons diverses et souvent culturelles : milieu social, accès à la lecture dès l’enfance, aide à la maison, goût de l’effort…

Ici, l’enseignant se heurte à des difficultés qui, hélas, dépassent les instructions. Combien seront-ils à l’arrivée ( peut-être cinq cents sur trois mille ) ceux qui liront sans ricaner et sans effort :

Nous partîmes cinq cents ; mais par un prompt renfort

Nous nous vîmes trois mille en arrivant au port.

En littérature jeunesse, il est devenu courant de raboter la langue, les mots ou expressions difficiles, les phrases longues et les « modes et temps compliqués ». Je me bats contre cette tendance, essayant d’imposer ici ou là un terme ou un mot jugé «  vieux ou plus très usité ». Parce que cette course à la simplification entraîne les auteurs ( s’ils veulent être publiés et lus ) à réduire de plus en plus leur vocabulaire et leurs ambitions littéraires. Ce qui n’est pas vraiment l’objectif – à mes yeux. Face à mes réticences, les directeurs/directrices littéraires ont des arguments de poids : « si vous laissez ça, le jeune lecteur va bloquer. Il risque de fermer le livre ! » Donc de ne plus en acheter un de la même collection. Ne prenons pas de risque !

Le résultat, c’est la quasi-obligation pour l’auteur ( sujet à l’autocensure plus que lui-même ne le croit, car au fond, il veut être publié et lu ! ) de préconiser le présent et l’usage du je, pour que le ( jeune ) lecteur accède facilement à l’usage des verbes et s’identifie plus facilement au héros. A noter que le passé composé a ses adeptes, parce que c’est le temps du passé à l’oral !

Dommage. Car il faudra bien aborder les textes plus anciens et la littérature classique quand le moment sera venu – même si pour certains, on le sait, il ne viendra pas, il ne viendra jamais… mais battons-nous pour que ce soit possible !

Non pas par goût réactionnaire de la tradition mais pour faire partager au plus grand nombre les textes qui sont le terreau, les racines de notre littérature.

Et pour ça, tous les moyens sont bons.

Y compris la parodie.

Il y a quarante ans, je n’hésitais pas, pour expliquer et commenter Le Cid, à citer le poème de Georges Fourest, alias Microphane Trapoussin. Dans la bouche de Chimène, la fameuse litote : Va, je ne te hais point ! devenait ( à part soi ) :

Qu’il est joli garçon, l’assassin de papa !

Et comment ne pas conclure le douloureux dilemme de cette Minuts du vieux schnock ( « pas si simple, aujourd’hui, de faire passer le passé simple « ! ) sans citer in extenso la fameuse Complainte d’Alphonse Alllais, à la mode de Racine, avec son inoubliable finale à la mode de l’imparfait du subjonctif :

Oui, dès l’instant que je vous vis, 
Beauté féroce, vous me plûtes ; 
De l’amour qu’en vos yeux je pris, 
Sur-le-champ vous vous aperçûtes ; 
Mais de quel air froid vous reçûtes 
Tous les soins que pour vous je pris ! 
En vain je priai, je gémis : 
Dans votre dureté vous sûtes 
Mépriser tout ce que je fis. 
Même un jour je vous écrivis 
Un billet tendre que vous lûtes, 

Et je ne sais comment vous pûtes 
De sang-froid voir ce que j’y mis. 
Ah! fallait-il que je vous visse, 
Fallait-il que vous me plussiez, 
Qu’ingénument je vous le disse, 
Qu’avec orgueil vous vous tussiez ! 
Fallait-il que je vous aimasse, 
Que vous me désespérassiez, 
Et qu’en vain je m’opiniâtrasse, 
Et que je vous idolâtrasse 
Pour que vous m’assassinassiez !


Lundi 23 avril 2018

65 millions ...


C’est, en 2017, le nombre de migrants recensés dans le monde, toutes catégories confondues. Oui, je sais, il faudrait différencier les migrants politiques, économiques, climatiques… mais à mes yeux, ces nuances ont peu d’importance, même si, en principe, les réfugiés politiques ( donc menacés de mort ) pourraient avoir une priorité sur les réfugiés économiques ou climatiques : après tout, jugent certains à voix basse, pour ces derniers, c’est leur faute : ces gens n’avaient qu’à naître ailleurs !

En France, les voix s’élèvent contre le laxisme des autorités : avec 100 000 « demandeurs d’asile », mais où allons-nous ? C’est oublier que l’Allemagne, depuis 2015, en a accueilli… un million !

Nos voisins, allez-vous nuancer, avaient de bonnes raisons : ils manquent de main d’œuvre et leur natalité est en péril. D’ailleurs, face aux protestations, Angela Merkel a dû réduire la voilure. En Syrie, depuis l’an 2 000, trois millions d’habitants ont fui. Depuis 2015, l’Allemagne en a accueilli 21 000. Et la France, depuis 2013… 1 500. Qui dit mieux ?

Et là, ce ne sont pas des « migrants économiques ou climatiques ».

Où Grenier veut-il en venir ? vous demandez-vous.

À examiner le problème sur le plan planétaire…

Par exemple, en constatant que la loi du marché autorise :

  • des sociétés à s’implanter n’importe où dans le monde, pour y exploiter, par exemple, les habitants du Bangladesh ( surtout les femmes ), qui fabriquent pour deux euros par jour ( si, vérifiez ! Le salaire moyen mensuel y est de 32 euros/mois, le textile paie deux fois plus, magnifique ! ) des vêtements que les mêmes sociétés vous vendent avec de scandaleux bénéfices. Ne parlons pas des enfants de 7 ou 8 ans, en Inde, qui récoltent des tomates qu’on leur achètera… 1 centime d’euro le kilo - j’en passe.

  • que ces bénéfices réalisés par ces trusts internationaux soient placés dans des paradis fiscaux grâce à des astuces complexe tout à fait légales.

Donc : ces lois qui autorisent la libre circulation de l’argent et des marchandises… refusent la libre circulation des travailleurs qui produisent ces marchandises - donc ces richesses.

Au XIXe ou au XXe siècle, on pouvait encore oser objecter : chaque pays gère ses biens et sa population comme il l’entend. Ne nous mêlons pas des affaires du voisin – ce qui, en soi, est déjà risible puisque, dans notre glorieux passé, les pays les plus riches ont envahi des territoires qui ne leur appartenaient pas, de l’Afrique aux deux Amériques, en anéantissant ou ( au mieux ) en asservissant les populations locales.

Aujourd’hui, ce discours n’est plus supportable : si le marché chinois éternue, les Etats-Unis s’enrhument. La bourse est mondiale, comme l’est devenu le système économique de toute la planète. Une planète que les Etats-Unis ( et déjà les Chinois ) inondent de leurs produits, Coca Cola, Mac Do, Google et cinéma compris.

Comment alors s’étonner que les pays pauvres envisagent d’accéder au même système ? Et cherchent à rejoindre nos pays qui, sans produire ces richesses ( coton, huile de palme, terres rares, etc. ) en récoltent les fruits ?

Ah, il y a un problème : les ressources de notre monde sont limitées. Mais ce sont les pays industrialisés qui en bénéficient – plus pour très longtemps, à en croire les économistes.

Et les statistiques risquent d’effrayer : dans les années à venir le chiffre des migrants va sans doute exploser. Celui des migrants économiques ( non, non, restez chez vous, débrouillez-vous avec ce qui vous reste ) comme celui des réfugiés climatiques : oui, 60% de la population mondiale vit au bord des océans. Des océans dont le niveau va monter.

Quant aux zones menacées par la désertification et le manque d’eau potable, elles se multiplient à vitesse grand V.

Au fait, tout ça, à qui la faute ?

Au réchauffement climatique provoqué par les gaz à effet de serre, essentiellement produits par… eh bien justement : les pays industrialisés. Quant à l’Afrique, L’Inde, le Bangladesh et d’autres pays du Sud-Est asiatiques, ils sont les premiers à en pâtir.

Alors bien sûr, il y a des solutions provisoires : construire des digues, élever des murs, promulguer des lois et revendiquer l’indépendance de sa petite vallée, crier très fort : « interdit d’entrer, on est chez nous,! »

Sauf que chez nous, désormais, c’est la planète.

Et n’en déplaise au dieu croissance, le jour viendra où il faudra, de gré ou de force, se résigner à en partager les fruits – enfin, ce qu’il va en rester.

CG

Lundi 05 mars 2018

LA COUVERTURE D’UN LIVRE… ou


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