Allons, inutile de faire semblant de ne pas se souvenir.

Ou plutôt, laissez-moi vous rafraîchir la mémoire : on a commencé à jouer avec le feu dès le milieu du XIXème siècle, avec l’essor industriel et l’usage immodéré du charbon. Puis du pétrole, avec (entre autres) l’essor de la voiture individuelle (merci, Ford !).

Pendant un bon siècle, rares furent les scientifiques à se préoccuper du rôle de l’excès éventuel du CO2 et autres GES (gaz à effet de serre).

À la fin des années soixante, c’étaient les injustices sociales, la critique du mode de vie (métro-boulot-dodo) et la pollution qui étaient montrées du doigt.

L’un des premiers à soulever publiquement le problème du réchauffement, à la télé, en 1979, fut… le volcanologue Haroun Tazieff (vite remis à sa place par plusieurs contradicteurs, dont le commandant Cousteau !)

Dix ans auparavant, les membre du Club de Rome (un groupe de réflexion réunissant des scientifiques, des économistes et des industriels de 52 pays – une sorte de G20 avant l’heure… ) commandaient à un certain Dennis Meadows un rapport concernant le futur de notre planète.

Cet ouvrage, le fameux Rapport Meadows ( rédigé à plusieurs, notamment des gens du M.I.T., le Massachusets Institute of Technology) fut publié en 1972.

Ce dernier évoquait clairement les limites de la croissance – et la nécessité de parvenir à une… croissance zéro !

Ce que pointait ce fameux Rapport Meadows ? (je cite Wikipedia) :

  • l’accélération de l’industrialisation

  • la croissance de la population mondiale*

  • la persistance de la malnutrition mondiale

  • l’épuisement des ressources naturelles non renouvelables

  • la dégradation de l’environnement (les dégâts de la pollution)

Les conclusions du rapport annoncent un futur inquiétant pour l’humanité.

Bref, nous étions prévenus.

Confidentiel, le Rapport Meadows ? Pas vraiment : 12 millions d’exemplaires vendus, traduits dans 37 langues. Petit rappel :

  • en 1670, nous étions environ 500 millions sur Terre.

  • en 1970, 5 milliards

  • en 2020, nous sommes 7,7 milliards

  • en 2050, nous serons sans doute 9,7 milliards

  • en 2100, autour de 11 milliards.

Depuis cinquante ans, des voix (écologistes) s’élèvent pour tenter d’expliquer que la croissance ne peut pas être infinie dans un monde fini.

Mais les Terriens sont devenus asservis (et accro) au dieu Économie.

Du coup, la planète réagit : l’excès (annoncé) de l’industrialisation, le pillage (conscient, organisé) des ressources naturelles, la combustion du charbon et du pétrole entraînant la montée des températures, la disparition des espèces et la raréfaction (voire la fin) d’un grand nombre de denrées précieuses – l’eau ?

Ce n’est qu’un début, renseignez-vous.

Mais non : on préfère fermer les yeux, regarder ailleurs, comme disait feu Jacques Chirac qui euh… a également regardé ailleurs après sa brève prophétie !

Tandis que les riches s’enrichissent et (que) les pauvres font des enfants (Rapport Meadows dixit), nous continuons comme avant. Plus préoccupés par notre pouvoir d’achat que par la situation que nous laissons à nos descendants.

Le premier grand lanceur d’alerte fut René Dumont, l’auteur de L’utopie ou la mort (1973). Las ! Aux élections de 1974, il a obtenu… 1,32% des voix.

En novembre 2017, 15 364 scientifiques de tous les pays du globe lancent un appel désespéré : cet appel des 15 000, vous en avez entendu parler ?

Tapez donc appel des 15 000 sur votre moteur de recherche, c’est si compliqué ?

Aujourd’hui, quand Greta Thunberg supplie les dirigeants de la planète à écouter le SOS des scientifiques, tous les économistes (dont les médias relaient les réactions indignées !) ricanent et lui conseillent de retourner à l’école.

Refuser de savoir, de comprendre que nous scions la branche sur laquelle nous sommes assis, refuser de réagir pour exiger que les autorités compétentes prennent des mesures contraignantes, c’est devenir complice d’un crime contre l’humanité : nous participons à un suicide programmé.

CG