A Mondor, sorte de Las Vegas du futur, les fans de la Métamachie, un nouveau jeu virtuel, sont en émoi : la jeune Théa, une débutante, va affronter Ludwig Retter, le champion en titre.

Ce combat en public ne peut avoir lieu que si les deux belligérants passent en mort contrôlée (grâce à des injections) et s’affrontent dans un « rêve lucide partagé ». Un combat virtuel très violent, dans lequel les armes sont… les souvenirs des participants : décors, personnages, événements, tout peut être utilisé pour éliminer son adversaire ! Une expérience qui n’est pas sans risque…

En effet, dès le deuxième round, tandis que Théa et Ludwig transmettent sur écran, pour les spectateurs, les images de leur combat, Théa ne se réveille pas. Ses parents sont fous d’inquiétude… mais moins que David, son fiancé.

Bien sûr, il existe peut-être un moyen de savoir ce qui s’est passé – ou même de rencontrer Théa, et de l’aider à quitter cette mort, qui n’est plus contrôlée. La future championne est considérée comme morte ; et pour qu’elle rejoigne enfin la réalité, David décide de participer lui aussi à un combat. Il se souvient de Théa… mais ce sont ses propres souvenirs qui, contrairement à ce qu’il espérait, vont le gêner !

Eh oui, David n’est pas un champion. Ce n’est donc pas gagné…

Ce premier roman du jeune David Mat nous entraîne dans un jeu virtuel original qui tient à la fois des Mondes d’Ewilan, de feu Pierre Bottero et de la vieille (1996) Cité des permutants de Greg Egan – on songe aussi à Ubik, de Philip K. Dick et au chef d’œuvre de Michel Jeury, son Temps incertain avec ses dangereuses expériences de « chronolyse »…

Ce gros roman (480 pages) se lit aisément quand on est familier de la SF et qu’on accepte le jeu (parfois acrobatique) d’une réalité virtuelle d’un nouveau genre, puisqu’elle n’est accessible que si son utilisateur pénètre dans la frontière qui sépare la vie de la mort.

On devient alors un funambule capable de recréer ses propres univers à l’aide de tous ses souvenirs…

Le narrateur, David, a 17 ans. Il est amoureux de Théa, relate les faits au présent (une technique de plus en plus recommandée, notamment dans les textes destinés aux enfants et aux jeunes adultes) et va partir à la recherche de celle qu’il aime en participant à un tournoi amateur…

J’ai eu l’occasion de lire cet ouvrage (sorti le 24 octobre) en avant-première, et d’interviewer l’auteur lors de sa venue au salon Scientilivre de Labège.

Ce jeune écrivain prometteur a de l’imagination, de l’enthousiasme… et une foule de projets.

Bienvenue au club (de plus en plus intime, je le crains) de la vraie SF, un genre exigeant qui se situe loin, très loin de l’heroic fantasy si appréciée des jeunes adultes. La présentation et le style du roman le situent d’ailleurs très précisément à cette frontière, l’ouvrage pouvant aussi bien être abordé par les adultes que par les ados amateurs de SF.

Lu dans son unique version, un bel ouvrage en grand format à l’impressionnante (et fort belle) couverture noire et jaune.

CG