Test

La baby sitter ayant appelé Anne et Marco au dernier moment pour leur avouer qu’il lui serait impossible de garder ce soir la petite Cora (six mois), les parents ont tout de même accepté l’invitation de leurs voisins, Graham et son épouse, la séduisante Cynthia ; ils iront simplement vérifier que le bébé dort bien, chacun leur tour, chaque demi-heure.

Mais à une heure du matin, Anne et Marco découvrent la porte de devant ouverte et le berceau vide. Désespérés, ils appellent la police…

L’inspecteur Rasbach interroge tous les voisins – mais aussi les parents et les (riches) grands-parents. En effet, il soupçonne Anne ou/et Marco d’avoir tué (peut-être par accident ?) leur bébé et caché le corps. Marco finit par avouer qu’il a été dragué par Cynthia pendant cette soirée… mais Cynthia affirme que c’est Marco qui lui a fait des avances.

Qui ment ? Est-ce un détail, dans ce kidnapping supposé ?

Peu à peu, des indices orientent l’enquête vers un enlèvement. D’ailleurs, quelques jours plus tard, un paquet arrive avec le body de Cora – et une rançon est demandée…

Un thème banal, un fait divers presque ordinaire… pour un thriller hors du commun et haut de gamme ! Shari Lapena, dont c’est le premier roman, offre ici un coup de maître.

Elle rédige son récit au présent en se mettant tour à tour dans la tête et le cœur d’Anne (qui souffre de dépression… et de pertes de mémoire), de Marco (dont l’entreprise semble vaciller malgré l’aide de son beau-père) et de l’inspecteur Rasbach qui, comme le lecteur, s’interroge sur le possible coupable… Un coupable que l’on connaît (ou croit connaître) peu avant la première moitié du récit. Là, on a une petite déception, car la suite paraît alors évidente.

Erreur : les faits s’enchaînent, les révélations se succèdent et le suspense redouble !

Eh oui : il devient impossible de lâcher le livre dont l’écriture fluide et efficace rend le lecteur addict jusqu’au dernier chapitre, qui offre une conclusion à la fois logique… et ambiguë.

Le couple d’à côté est à mes yeux un travail d’orfèvre, une mécanique superbe. Certes, ce roman ne révolutionne pas la littérature mais il offre quelques heures passionnantes.

Attention : dès les premières pages sont livrés beaucoup d’indices, auxquels le lecteur peut ne prêter qu’une attention discrète. Mais chaque détail a son importance.

Bien sûr, on peut reprocher à l’auteur de livrer peu à peu des révélations qui mettent le lecteur sur la piste, et changent la donne ; mais bien malin qui découvrira le nœud de l’affaire avant qu’il ne lui soit révélé !

Lu (pour une fois !) dans sa version France Loisirs et non dans sa version d’origine, aux Presses de la Cité.

Typographie très aérée, papier épais. 360 pages qui se lisent d’une traite !

CG