Sam est un ado qui vit à Paris, dans un quartier populaire, avec sa petite sœur Marie, une mère attentive, un peu sévère et autoritaire… et un père souvent absent. Les voisins ne sont pas toujours sympa - sauf les parents de la petite Juliette, hélas atteinte d’une maladie auto-immune. Sam a aussi un bon copain : Boulazer (pour Boule-à-zéro) un rouquin assez enveloppé… chauve - et sujet à du harcèlement.

Mais surtout, il y a, à l’étage du dessus, le vieux Joseph, un joueur de violon solitaire et bienveillant avec lequel Sam (qui, lui, joue de la flûte) a noué une solide complicité.

Josef intrigue Sam : il porte toujours des manches longues, même en été. Sam rêve de grandir pour devenir indépendant, rouler avec une grosse moto et se faire un tatouage pour impressionner la galerie… Sauf qu’un jour, il découvre devant l’immeuble une ambulance. Est-ce pour la petite Juliette, à nouveau gravement malade ?

Non : elle est destinée au vieux Josef – pour lui, c’est le début de la fin ; mais pour Sam, c’est l’objet d’une découverte qui va bouleverser sa vie… et ses rêves un peu ridicules de tatouage et de moto.

On m’a parfois reproché d’ignorer (ou de laisser peu de place à certains genres littéraires comme le théâtre, la poésie… et la BD.

Je plaide coupable.

Et faute de vous parler du dernier Astérix (qui n’est plus ma tasse de thé depuis la mort de Goscinny), j’ai jeté mon dévolu sur le cadeau que m’a fait récemment l’un de mes prochains éditeurs : Guillaume Belloy, responsable d’Inanna Editions.

Peu convaincu au départ, j’ai commencé à lire cette BD au graphisme attachant et original : de gros traits en noir et blanc avec, de temps à autre, une seule (brève, très brève) touche de couleur : du jaune : jaune le soleil, jaune le ruban du bébé, jaunes une écharpe, un réverbère, un coude rapiécé… un choix jamais expliqué mais clairement justifié.

Le récit est bref. L’histoire simple, sans chichi, se lit d’un trait. Et même si le lecteur averti devine assez vite où les auteurs veulent en venir, l’émotion, forte et profonde, jaillit soudain – eh oui, j’ai moi-même été surpris.

Pédagogique, cette BD ? Sans doute. Très édifiante aussi… mais d’une grande efficacité, grâce à sa simplicité. Parce que la découverte de Sam va, on le devine, changer le cours de sa vie future et modifier son comportement. Les qualités et la simplicité de cet album peuvent convenir à tous les âges – même si, à moins de dix ans, il sera bienvenu qu’un adulte explique certains faits ? La relecture n’en sera alors que plus éclairante et plus riche !

Un album à découvrir, à lire… et à offrir !

CG