A deux pas de Cannes, dans les années 1920, les Américains découvrent la Riviera…
Parmi eux, le médecin aliéniste Richard ( dit Dick ) et son épouse Nicole Diver, née Warren, donnent souvent des fêtes dans leur grande et belle villa…
De son côté, la ( très : 18 ans ) jeune actrice américaine Rosemary passe quelques jours de vacances dans l’hôtel Gausse, chaperonnée par une mère ambitieuse. Très vite, Rosemary tombe follement amoureuse de ce couple aussi uni qu’attirant. Elle s’en ouvre à Dick, qui n’est pas insensible aux avances de la trop jeune fille… mais Dick aime sa femme Nicole.
La seconde partie du roman offre d’ailleurs un long flash back évoquant l’enfance de Nicole Warren et surtout ses troubles mentaux : un collègue suisse de Dick, le psychiatre Franz Gregorovious, découvre qu’elle a, enfant, été violée par son père.
Internée et soignée par Franz, Nicole a écrit à ce jeune médecin dont elle est tombée amoureuse. Une passion partagée, et entravée par la riche famille Warren, qui va mal accepter leur union.

J’ai découvert Fitzgerald à 17 ans, à l’Ecole Normale, sur les conseils de mon prof de Lettres. Je me souviens avoir emprunté et lu l’ouvrage ( ainsi que Gatsby ) à la bibliothèque de l’établissement, riche de dizaine de milliers de volumes.
Comme cela se produisait souvent, j’ai aussitôt acheté l’ouvrage ( mon édition date de 1961, avec une couverture non signée… qui pourrait bien être un dessin au crayon ou à la plume de Raoul Dufy ! )
Je crois bien n’avoir jamais relu Fitzgerald depuis ( comme je n’ai jamais relu La Nouvelle Héloïse, L’Emile…ou les Essais de Montaigne, dont il n’était pas question de lire de seuls extraits ! ). Mon souvenir était celui d’un roman passionnant et très… contemporain. J’étais trop jeune pour en juger le style, et la rupture qu’il marquait, dans la littérature mondiale, avec les ouvrages de l’époque ( Duhamel, Gide, etc. ), même si j’avais goûté à Colette, Albert Camus et Françoise Sagan.
Que dire ? Que l’ouvrage n’a pas pris une ride ? Que sa construction, ses personnages et son ambiance ( il y a du Thomas Mann et du Schnitzler dans l’air ), très particuliers, fascinent sans doute encore davantage aujourd’hui qu’hier. Il faut savoir que longtemps, cet ouvrage mécontenta jusqu’à certains inconditionnels de Fitzgerald, qui jugeaient le roman « raté ».
Tendre est la nuit, qu’on pourrait sous-titrer « des Américains à Paris » ( mais aussi « en Suisse et sur la Riviera » ! ) tire son titre d’un vers de L’Ode au Rossignol de Keats. Ce roman, en dépit de sa traduction, possède un charme puissant, évocateur et mélancolique. C’est un crépuscule plein d’odeurs et de couleurs ; et l’on y devine, à peine masqués, le double destin dramatique de Scott lui-même, et de son épouse Zelda.