L’histoire ?

C’est celle de Korigiku, parti du Japon pour arriver en Toscane où il va consacrer toute sa vie à faire pousser du kozo et du taroroaoi pour fabriquer du washi, un papier rare et précieux qui permet de confectionner des origamis.

Korigiku ( dit Monsieur Origami ) vit dans une ruine, face à une mine abandonnée.

Arrive un jour Kasparo, qui veut fabriquer une horloge capable de mesurer « toutes les mesures du temps ».

Euh… oui, c’est tout.

Récit ? Fable ? Conte philosophique ? 

Ce récit étrange, dépouillé à l’extrême, troublera le lecteur qui, à son gré, le jugera abscons et incompréhensible… ou énigmatique et passionnant.

Il y a certes dans Monsieur Origami de multiples métaphores, des vides à combler, des sens à déchiffrer… à l’image de cet art particulier qui consiste à plier une feuille – de deux façons : en creux ( « vallée » ) ou en haut ( « montagne » ) – feuille qui, une fois dépliée, révélera qu’elle a été « lue »…

C’est là un véritable OVNI littéraire qui passionnera les amateurs avides de déchiffrer des énigmes, et qui fera couler beaucoup d’encre – à tort ou à raison.

Des lecteurs et bibliothécaires enthousiastes, qui m’ont assuré que c’était là un chef d’œuvre absolu, m’ont fait acheter ( et dédicacer : « à CG, la rencontre de soi, le dépli de soi et l’amplitude du silence ) ce roman ( euh… récit ? ) qui a le mérite de se lire très vite malgré ses 168 pages. Ah… notons que le nombre de lignes par page est souvent réduit, d’autant plus qu’il faut attendre la page 15 pour commencer et que l’histoire s’achève page 158 ( avec 4 lignes ). La page 157, elle, comporte 2 lignes et demie. La page 156, 4 lignes aussi – mais 9 mots au total ( qui dit mieux ? )

Bref, à l’image de la musique minimaliste, c’est là un récit… minimaliste. L’amplitude des blancs est impressionnante, à l’image des peintures monochromes – aucun doute : ici, par rapport au noir des caractères, c’est le blanc, nettement, qui domine !

A vous de juger si le poids des mots a la valeur du livre ( 15 euros ) Pour le même prix, si vous êtes adeptes du zen, je vous recommande Je médite jour après jour de Christophe André, où le mode d’emploi est explicite !

Lu dans son unique version, la Blanche NRF.

CG