Non, cette affirmation n’est pas de mon fait. Elle est le cri ( d’alarme ? ) de mon camarade et ( vieil ) ami Jean-Paul Nozière. Un cri qui est aussi le titre d’un récit en forme de long billet d’humeur, intitulé : « Alors comme ça, vous écrivez ? »

C’est là un bilan autobiographique édifiant, passionnant – et qui, toujours, sonne juste.

Dans ce qui pourrait ressembler à un pamphlet, et qui est en réalité une succession de souvenirs, de constats et d’anecdotes, Jean-Paul Nozière raconte ses nombreux déboires avec… les éditeurs – principalement - mais aussi avec les lecteurs, jeunes ou moins jeunes, avec les profs, les élèves, les organismes invitants, les salons, les offres et/ou demandes de déplacements, d’intervention, les prix littéraires… j’en passe ! )

Bref, Jean-Paul nous ouvre son cœur et nous livre ses doutes ( ceux et celles qui se sentiront visés se contenteront de dire : il crache dans la soupe ).

Faux : Jean-Paul révèle simplement à qui veut l’entendre des faits et des vérités que pas mal d’entre nous ( lecteurs, écrivains, éditeurs, enseignants et invitants ) préfèrent cacher… ou ignorer. Il annonce déjà la couleur à l’aide de deux citations, en exergue :

« Alors, teh, la première connerie qui vous passe par la tête, vous l’écrivez ? »

( Réflexion d’un habitant du Vaucluse s’adressant à Albert Camus, citée par Olivier Todd, dans « Albert Camus, une vie ». )

« A quoi peuvent servir tous mes mots à part soutenir mon propre ego? » Joyce Maynard ( Une adolescence américaine).

La première fait cruellement référence à l’opinion qu’ont certains de la fonction ( ou du caractère ) dilettante de l’écrivain en général… et de l’écrivain pour la jeunesse en particulier. Eh oui : mettre en mots ce qui vous passe par la tête, c’est vraiment un métier ? Et quand on s’adresse à la jeunesse, ça peut-être sérieux et avoir un intérêt, vraiment ?

La seconde va plus loin : c’est la grande interrogation de pas mal d’auteurs ( dont je suis ) qui s’interrogent sincèrement sur l’utilité de leur occupation : Écrire… mais à quoi bon ? Et si cela n’était qu’un reflet vaniteux de mon moi : le désir égoïste et vain de livrer ( délivrer ? ) ma pensée ?Qui cela peut-il intéresser ?

Mes lecteurs sont en droit de s’interroger :

1/ Pourquoi Grenier nous livre-t-il ici cet avis sur un ouvrage de Jean-Paul Nozière… ici et pas dans sa rubrique habituelle de « critique de la semaine » ?

Réponse : parce que ce récit n’est pas publié. Et qu’il ne le sera sans doute jamais. La seule façon d’y accéder… c’est de cliquer ici, en bas de page – ou encore de se connecter sur le site de Jean-Paul Nozière. Eh oui : Jean-Paul livre ce texte à titre entièrement gratuit, parce qu’il est persuadé qu’aucun éditeur ne prendra le risque de le publier – lequel livrerait, comme on dit, « des bâtons pour se faire battre » ?

2/ Pour que Grenier nous invite à le lire et y attache tant d’importance, faut-il croire qu’il partage l’avis, les doutes et les reproches que son ami Jean-Paul Nozière livre à ses lecteurs ?

Oui : je partage ses doutes – et les questions que pose JPN, elles m’ont toutes un jour effleuré. Simplement, les réponses que j’apporte sont parfois différentes. Parce que notre passé n’est pas le même – mais la situation présente est identique, et tous les auteurs ont à l’affronter.

Pour accéder au récit de Jean-Paul NOZIERE… cliquez ICI