En 1968, je suis prof, pas encore écrivain, mais déjà passionné de SF.

Abonné au magazine Galaxie, je lis, en septembre, le N° 8 de Galaxie bis ( celui du N° 52 ), le roman, Simulacron 3, d’un écrivain américain inconnu, Daniel F. Galouye.

C’est le choc !

Un choc dont je me ferai l’écho avec ( quatre ans plus tard ) mon troisième roman, La Machination, où j’évoque un univers virtuel, l’Onirium, écho de la machine stupéfiante imaginée par Daniel F. Galouye.

Depuis, dans mes interventions et conférences, je ne cesse de clamer mon admiration pour ce roman méconnu, écrit en 1964 par un auteur qui – à mes yeux – allait déjà plus loin, plus vite et plus fort que Philip K Dick. Les œuvres de Dick, après sa mort, bénéficieront de nombreuses adaptations cinématographiques, de Blade Runner à Total Recall. En 1999, je cours voir l’adaptation cinématographique ( Passé Virtuel ) réalisée par Joseph Rusnak. Honnête, certes, et très fidèle à l’esprit du roman.

Et je découvre ce mois-ci… que Simulacron 3 avait déjà été adapté à l’écran.

En 1973 !

Et par qui ?

Par Fassinder, excusez du peu !

Comment et pourquoi une telle adaptation avait-elle pu m’échapper ?

C’est simple : ce n’est pas un film que Fassbinder a tourné en 1973, mais un téléfilm. J’ai beau être germaniste, cette diffusion m’avait échappé. Il est vrai qu’à l’époque, je n’avais pas la télévision, et que le téléfilm a dû toucher uniquement l’Allemagne.

Pourquoi cette réactualisation soudaine ?

Parce que l’œuvre de Rainer Werner Fassbinder ressort fin 2010 sur grand écran !

Ai-je été la voir ?

Non. Et pour cause : une seule salle la diffuse – et à Paris, bien entendu !

Je suis peu étonné que Fassbinder ait été fasciné par l ’ouvrage ( sans doute traduit en allemand autour de 1970 ) ? Et je ne doute pas que son film soit passionnant, moi qui ne suis pourtant pas cinéphile, et qu’irrite la question récurrente des lecteurs : « vos ouvrages ont-ils été adaptés au cinéma ? ».

Fait étonnant : si le livre est court ( 180 pages ), d’une précision, d’une efficacité et d’une économie de moyens stupéfiantes, Fassbinder en a tiré un film de trois heures et demie !

Aussi, en attendant que je reçoive le DVD ( qui sort en même temps que ressort en salle la version cinéma des deux anciens téléfilms réunis ), je ne peux que vous recommander d’aller voir le film. Et, surtout, de lire ce roman qui, à mes yeux, marque un tournant dans l’histoire de la SF et ouvre l’ère du genre cyberpunk !

CG