Condamné à trois ans de travaux forcés au Tibet, compagnon de misère de la 404ème Compagnie – des Tibétains condamnés – l’inspecteur Shan, en mal de sympathie avec le régime, découvre un corps récemment décapité, et un briquet en or à proximité.

Le responsable du camp, le colonel Tan, confie l’enquête à Shan qui découvre et confond le coupable, ainsi que ses étranges motifs…

Soudain libéré de ses chaînes pour cause d’enquête, Shan doit bientôt gérer une tâche autrement plus lourde et délicate : la grève des moines prisonniers que leur responsable, le père supérieur Chaje Rimpoché, juge indispensable de mener pour calmer la colère des dieux : en effet, le cadavre a été tué trop rapidement ; et il trouvera d’autant moins le repos que son exécution a eu lieu dans « la gorge du dragon », une vallée encaissée et sacrée.

Polar ? Sans doute.

Mais c’est là avant tout un récit contemporain dénonçant de façon détaillée, méthodique et impitoyable des conditions de vie des prisonniers chinois en général, et des moines tibétains en particulier, condamnés et prisonniers dans leur propre pays.

Auteur exigeant ( son roman a obtenu le Prix Edgar Award ), Eliot Pattison brosse des portraits hauts en couleurs, celui du gardien Trinle, du sergent Feng, du docteur Zhong, de son adjointe Mme Ko… et du jeune Li Aidang ( traduction : Qui Aime Le Parti ) venu en renfort de la capitale pour superviser l’enquête.

Un roman dense et foisonnant, qui se veut davantage un témoignage sur la Chine contemporaine ( et ses excès ) qu’un simple roman policier.


Lu dans l’excellente et exigeante collection du Domaine policier, un super-poche au joli papier blanc et à la présentation de qualité.