A l’heure où la littérature jeunesse est ( une fois de plus ! ) remise en cause, au moment où les programmes officiels tentent de minimiser ( voire de condamner ? ) le rôle des récits publiés dans les collections jeunesse pour « revenir aux classiques » ( quelle révolution ! ), la publication de cet essai de Raymond Perrin est salutaire et bienvenue !

On ne présente plus cet auteur, spécialiste des « Fictions et journaux pour la jeunesse au XXe siècle » !

Ici, il nous brosse un tableau historique quasi complet, en puisant notamment ses sources dans les « illustrés » des années 50 dont les héros étaient, comme notre bon vieux Tintin reporter, des détectives à peine déguisés ! Après tout, avant la naissance de Michel ( de Georges Bayard ) à celle de Fantômette ( de Georges Chaulet ), le roman policier a eu bien des avatars ( et bien des modèles dans la BD ! ) depuis le classique Emile et les détectives écrit en 1929 et les aventures du pilote Biggles ( Captain W.E. Johns ), arrivées en France en 1946 !

Raymond Perrin nous apprend que Marc Soriano, dans son premier guide de 1959, affirmait que le quart de la production des fictions destinées aux 10/12 ans relevait du roman policier ! Il nous rappelle aussi que la première collection de « vrais » policiers pour la jeunesse fut… Rageot, avec, en 1970, la sortie des Sans Atout ( de Boileau Narcejac, excusez du peu ! ) dans sa collection Jeunesse Poche Policier !

De Bob Morane à Nick Jordan, d’Alice ( détective ! ) au Club des Cinq en passant par le trop vite oublié Paul Berna et le médiatique Vladimir Volkoff ( eh oui… Lieutenant X, c’est lui !), Raymond Perrin nous livre une liste impressionnante de titres et d’auteurs avant d’aborder les années 80, où, avec Souris Noire, s’affirme « la légitimité irréversible du polar ».

Impossible, bien entendu, de livrer ici la liste des auteurs, des éditeurs, des collections, des ouvrages et des héros qui prennent ( enfin ) le roman policier au sérieux. Chaque éditeur veut la sienne : Lune Noire, Heure Noire, Page Noire

En conclusion, Raymond Perrin nous propose une brève réflexion sur « l’histoire sans fin d’un genre apprécié » avant de nous livrer la liste ( impressionnante ) des héros-détectives et un index de ( presque ) tous les noms propres cités.

De la belle ouvrage !

« Une véritable histoire du roman policier pour la jeunesse reste à écrire ! » affirmaient François Ballanger et Catherine Chauchard en 2003.

En 2011, voilà qui est fait.

Merci Raymond Perrin !

CG