Au cours d’une mission périlleuse, Sally Goodchild, grande reporter américaine, est séduite par Tony, un sympathique et séduisant journaliste anglais. Enceinte de Tony, Sally accepte de l’épouser, de s’installer à Londres avec lui et de quitter - provisoirement, croit-elle – son emploi.

L’accouchement se révèle difficile. Le bébé, Jack, doit rester aux soins intensifs tandis que Sally, en proie à une grosse dépression postnatale, commence à comprendre que Jack n’est peut-être pas l’époux idéal. Souvent absent, il semble plus absorbé par l’écriture d’un roman improbable que par le bébé. Malade, proche du suicide, délaissée par un mari égoïste, isolée dans un pays aux habitudes et mœurs qui lui semblent bien étrangères, Sally ignore encore que le pire est à venir : une séparation inattendue, avec son mari… mais aussi avec son fils et son ancien emploi. Désormais aux abois, Sally ne peut plus compter que sur sa sœur, restée aux Etats-Unis, une voisine providentielle, et sur une assistance juridique qui se révélera d’une efficacité à laquelle le lecteur lui-même ne croyait plus.

Même si son style s’apparente davantage à celui d’un John Grisham qu’à celui d’un John Le Carré, Douglas Kennedy reste un conteur hors pair, même lorsqu’il se lance le défi de relater à la première personne la descente aux enfers d’une mère de famille trahie et abandonnée. On pourra reprocher à ce thriller intimiste le défaut dont souffre aussi Quitter le monde : une certaine propension de l’auteur à imaginer une série d’enchaînements catastrophiques ! Au moins, ici, la narratrice finit par s’en tirer. Au-delà de son intrigue sentimentale et professionnelle aux rebondissements multiples, ce roman se veut aussi ( et surtout ? ) une étude de mœurs contemporaine sur les différences culturelles entre l’Angleterre et les Etats-Unis : « la grande différence entre Yankees et Roastbifs, c’est que les premiers considèrent la vie comme une affaire sérieuse mais non désespérée, tandis que les seconds pensent qu’elle est sans espoir mais pas sérieuse du tout… »

( Version grand format assez fragile, sur papier ordinaire – mais à la typographie agréable et aérée )