Chirurgien spécialisé dans les réparations plastiques, Richard Lafarge maintient prisonnière sa femme Eve, cloîtrée dans l’une des chambres de sa belle villa du Vésinet. A l’occasion, il la sort pour lui faire subir les derniers outrages dans un appartement parisien, où elle se livre à des inconnus tandis qu’il l’observe...
     De son côté, Alex Barny se cache. Le casse auquel il a participé a mal tourné. Certes, il a sauvé le butin ; mais les caméras ont surpris son visage et il est recherché par toutes les polices de France. Il se terre dans le Sud de la France, provisoirement à l’abri grâce à la complicité d’un copain. Ses pensées vont souvent du côté de Vincent, son ami d’enfance, qui a mystérieusement disparu il y a quelques années...
     Et puis, à l’aide d’une troisième narration ( en italique et à la deuxième personne du singulier), on assiste précisément au kidnapping de ce fameux Vincent Moreau, l’ami d’Alex le proscrit. Et à son enfermement interminable, par un mystérieux tortionnaire dont les fins resteront longtemps inconnues...
     Un jour, Alex voit à la télévision un reportage sur les miracles que fait le chirurgien Lafargue. Et la solution s’impose, évidente : ce chirurgien va lui faire un nouveau visage !
     Pour l’y contraindre, un seul moyen : capturer soit sa fille ( mais hélas, elle est devenue folle et séjourne dans un asile ) ou mieux encore : sa femme, Eve !
     Peu à peu, les trois fils de ces narrations indépendantes se rapprochent, se croisent et se nouent, dans un final à la fois inattendu, baroque et monstrueux !

     Récit court et sans doute mineur, Mygale a pourtant bien des attraits – notamment, et comme à l’habitude de son auteur, celui de disséminer avec soin des indices qui permettront au lecteur perspicace de deviner une fin... fort habilement ficelée, même si le narrateur a un peu forcé tous les hasards ! Ce roman a récemment inspiré Pedro Almodovar pour son dernier film, qui sort sur les écrans ce mois-ci : La piel que habito.

     Mygale se trouve être le troisième et dernier récit d’un gros volume qui regroupe trois romans de Thierry Jonquet : un ouvrage de 680 pages qui peut constituer le viatique d’un voyageur amateur de romans noirs. Un bon moyen de découvrir quelques facettes du talent d’un grand du roman policier, prématurément disparu en août 2009.