Un an après la mort de Sherlock Holmes, le fidèle Dr Watson se résout enfin à relater une enquête complexe et sordide…

Le marchand de tableaux Edmond Carstairs a été dévalisé et le précieux butin détruit.

Les coupables étaient les jumeaux O’Donaghue, du fameux gang des « casquettes plates ». L’un d’eux est mort mais l’autre, Keelan, a visiblement décidé de se venger. Et Carstairs fait appel à Holmes car il craint pour sa vie. D’ailleurs, un rôdeur balafré s’est introduit à Ridgways Hall, la propriété du marchand, et il a dérobé de l’argent et un collier.

Carstairs veut aussi protéger sa sœur Liza, et sa jeune et récente épouse Catherine, dont il est tombé amoureux sur le transatlantique qui le ramenait des USA en Angleterre…

Holmes retrouve Keelan Donaghue et lance sur ses traces le jeune Ross, un petit voyou des bas-fonds de Londres. Holmes et Watson découvrent bientôt le corps de Ross, mort et mutilé, avec, noué à la main, un étrange ruban de soie…

Tous deux subodorent que derrière ce meurtre se cache un complot d’envergure ; ils partent à la recherche de Sally, la sœur de la jeune victime. Le fil de l’enquête conduit Holmes à soupçonner des personnalités de plus en plus en vue, et à découvrir cette mystérieuse « Maison de la soie » qui pourrait bien avoir un rapport avec le trafic de l’opium.

Sur le point de lever le voile, notre célèbre détective va tomber dans un piège terrifiant… il est soudain accusé de meurtre. Trois témoins oculaires ( et non des moindres ) l’accusent formellement.

Va-t-il se tirer de ce guêpier ?

Evidemment !

Cette excellente ( et longue ) enquête inédite de Sherlock Holmes, particulièrement riche en rebondissements, a une particularité : malgré les apparences, Conan Doyle n’en est pas l’auteur ! Ce récent récit est dû au talent d’Anthony Horowitz, mandaté par les ayants droits de Conan Doyle, un auteur dont l’exploit est moins d’avoir écrit un roman à énigmes ( et le pluriel d’énigmes se justifie pleinement ! Que de fils noués ! ) que d’avoir adopté le style de Conan Doyle… ou plutôt celui de Watson. C’est en effet l’ami du détective qui, comme toujours, se charge de raconter les exploits de son co-locataire du 221B Baker Street !

L’enquête, trépidante, s’achèvera dans l’univers glauque d’une aristocratie londonienne dépravée, un milieu qui fait étrangement écho à des problèmes de société très contemporains.

Chapeau bas à Anthony Horowitz qui nous montre une facette inattendue de ses multiples talents ! Pour être d’une fidélité absolue à l’ambiance ( ah… quel plongeon dans le Londres de 1890 ! ) et au ton de Conan Doyle, ce récit est bien sûr réservé en priorité à ses fans.

On y trouve des descriptions et des portraits savoureux comme la littérature du XXIe siècle n’en accepte plus - et c’est parfois bien dommage !

L’auteur manie l’humour et cette « distance » toute britannique avec un brio qui force l’admiration. Les connaisseurs prendront un plaisir tout particulier à noter, de page en page, combien Horowitz – qui ne tombe jamais dans la parodie - est fidèle à son modèle. Les autres, collégiens ou adultes ( l’ouvrage sort dans deux collections différentes, même texte, même prix ! ) liront ce récit comme l’une des meilleures enquêtes du plus célèbre des détectives.

J’ai eu le plaisir, il y a 10 ou 12 ans, de signer à Montreuil aux côtés d’Anthony Horowitz et de bavarder avec lui ( il parle mieux le français que moi l’anglais ! ) à l’époque où le thème des premiers Harry Potter lui semblait étrangement inspiré de son best seller de l’époque, L’île du crâne. Si Mme Rowling a lu ( et repris ? ) le roman d’Horowitz, ce dernier fait ici la démonstration qu’il est en mesure de prendre la suite de Conan Doyle. En annonçant la couleur.

Un vrai tour de force. Et un roman qui, une fois le pacte avec le lecteur accepté, se lit d’une traite !

Lu dans sa version jeunesse, un très beau grand format dont la couverture aurait pu être celle de… Une étude en rouge !