La petite Caris, fille d’un riche Lainier, entraîne dans la forêt le jeune Merthin et son frère Ralph pour essayer un arc ; elle est accompagnée d’une pauvresse, Gwenda, et de son frère cadet Philémon. Les enfants assistent alors à un drame : l’arrivée d’un chevalier qui tue ses poursuivants avant d’enfouir au pied d’un chêne une mystérieuse lettre.

Dix ans plus tard, on retrouve tous ces personnages…

Gwenda survit difficilement ; elle aime en secret le beau Wulfric qui, hélas, n’a d’yeux que pour la belle et riche Annet qui le dédaigne ; Gwenda sera vendue par son père et parviendra à s’enfuir pour tenter d’acquérir son indépendance.

Après avoir été l’apprenti du médiocre menuiser Elfric, Merthin devient un artisan génial mais malchanceux. Il aime sans espoir la belle Griselda. A la suite de l’effondrement dramatique du vieux pont de Kingsbrige, il est choisi pour sa reconstruction, des travaux indispensables si la ville veut survivre avec ses « foires à la laine », foires qui font d’ailleurs aussi survivre le monastère…

Merthin finira par s’attacher à Caris la Lainière, qu’il a connue enfant.

Justement, la mort du Prieur du monastère va permettre au jeune et ambitieux Godwin de se faire élire… Soucieux de réformer les lois, Godwyn va pourtant se révéler plus retors que ceux qui l’ont précédé, au point de s’opposer à Merthin-le-constructeur. Il est en cela aidé par Philémon, devenu son conseiller… et son âme damnée.

Caris, elle, aurait voulu devenir médecin – mais cette profession est réservée aux hommes. Elle fera fortune dans la laine avant le dramatique effondrement du pont de la ville… Indépendante, elle ne veut pas s’encombrer d’un enfant. De quoi provoquer sa rupture avec Merthin qui l’aime désormais - et qu’elle aime aussi.

Quant à Ralph, le brutal frère cadet de Merthin, il rêve de devenir chevalier – n’a-t-il pas sauvé son maître William de la noyade pendant l’effondrement du pont ? Il aime sans espoir Philippa, la femme de William. Dépité et brutal, flanqué d’un complice à ses ordres, il va devenir un violeur sanguinaire, condamné – avant d’en réchapper de façon aussi inattendue qu’inespérée… grâce à la guerre avec la France où il compte bien s’illustrer.

Il y a enfin le mystérieux chevalier du début de cette histoire, Thomas Langley, devenu moine et manchot, Thomas qui pourrait bien détenir la clé de ce récit monumental dont les multiples protagonistes s’opposent, se déchirent, tant sur le plan de leur mission et de leurs ambitions que sur celui des sentiments qui souvent les opposent…

Vous avez aimé Les Piliers de la Terre ? Vous serez forcément séduit par ce récit géant ( 1300 pages en grand format ! ) qui se présente comme la suite du chef d’œuvre de Ken Follett – les personnages sont en effet les descendants directs de Jack et Tom le bâtisseur ( voir ma fiche des Piliers de la Terre, du côté de… 2009 ? ).

Vous n’avez pas lu Les Piliers de la Terre et vous aimez la fantasy ? Alors vous plongerez sans mal dans cet univers foisonnant qui a pour cadre… l’Angleterre du XIVe siècle, mais dont les personnages, l’action, les conflits d’intérêt et les descriptions rappellent le meilleur d’un genre qui n’a pas besoin d’un univers reconstitué puisque ce décor historique authentique s’y prête parfaitement ! Oui, vous vibrerez en suivant l’étrange destin de Caris, lainière soupçonnée d’être un peu sorcière, sorcière devenue religieuse, religieuse restée amoureuse, amoureuse qui s’improvisera médecin, puis écrivain, et dont les sentiments pour Merthin feront tenir en haleine le lecteur jusqu’au bout de son destin !

Grâce à Ken Follett, génie du genre romanesque, qui présente habilement les personnages les uns après les autres, le lecteur ne les mélange jamais malgré leur nombre. Très vite, on est entraîné dans le flot impétueux d’une histoire haletante aux fils certes innombrables, mais mêlés d’une façon si passionnante qu’on ne peut jamais abandonner sa lecture !

Certes, on peut reprocher à Ken Follett quelques facilité et invraisemblances. Sur les traces de Stendhal et de son Fabrice del Dongo, il nous fait notamment assister – et qui plus est, du côté français et anglais – à la bataille de Crécy ! Un combat qui oppose moins les Anglais et les Français… que Caris et Ralph, devenus ennemis jurés. Un combat que la grande peste prolongera, de Florence à Abbeville !

Comment ne pas s’incliner devant l’habileté avec laquelle Ken Follett utilise une documentation phénoménale pour nouer les destins de tant de personnages ?

Résumer ce monument, évoquer chacun de ses protagonistes serait vain. Il suffit de se laisser entraîner dans cette saga stupéfiante… une semaine de lecture ininterrompue que vous n’êtes pas près de regretter !

Lu dans sa superbe version géante au papier bible, dont le seul inconvénient est… le poids, car le papier est à la fois fin et lourd !

CG