On le sait : les trois mousquetaires étaient quatre, la Révolution d’octobre a eu lieu en novembre  et le Paris-Dakar se déroule désormais en Argentine, quelques heures après le départ la course 2012 compte déjà un mort ( le 21ème du Paris-Dakar ) et un blessé grave.

On va me rétorquer : après tout, si des casse-cou trouvent plaisir à crapahuter dans des contrées désertiques, pourquoi pas ? L’Atacama, c’est quand même mieux que l’Afrique où nos représentants motorisés du monde riche traversaient les villages de populations souvent affamées.
Et puis le sport automobile n’est-il pas apprécié des médias ?
Euh… vous avez dit sport ?

Là encore, je m’interroge.
Se faire les muscles sur un stade  ( ou un cheval ), avec un vélo ( ou un kayak ) bon ! Mais dans une grosse cylindrée ?
Comment ? Ah oui : c’est une compétition et on transpire ( normal, avec 50° ! )
Mais assimiler à un sport une activité qui pollue la planète et prend le risque de faucher des spectateurs m’a toujours paru une activité bizarre.
Peut-être parce qu’elle valorise la vitesse et glorifie le risque.
Comme si c’était là un modèle, un exemple à suivre. Mais si, comment s’étonner après ça que certains se risquent à jouer au rodéo la nuit sur les parkings ou à rouler sur l’autoroute à 230 à l’heure - voire à contresens, histoire de corser la difficulté ? On nous demande sans cesse de lever le pied, d’être prudent, de respecter la vie ( et de consommer moins ) tout en valorisant une activité qui montre… exactement l’inverse !

A y bien regarder, un certain cinéma d’action a d’ailleurs le même programme : ses héros tirent sur tout ce qui bouge ; ils provoquent des carambolages, bousillent dix voitures à la minute, pillent des banques et échappent à la police au plus grand soulagement, parfois, des spectateurs invités à être complices.
Oh, loin de moi l’idée de moraliser, ou de censurer quoi que ce soit.
Mais je note, à titre d’exemple, que depuis deux ans, il a été demandé aux journalistes de ne plus évoquer, le matin du 1er janvier, le nombre de voitures brûlées pendant la nuit. Afin que cette compétition annuelle, cette sympathique tradition incendiaire, soudain privée d’images et de publicité, ait moins d’adeptes.
Et si ce n’était pas si mal vu, après tout ?
N’est-il pas hypocrite d’interdire au public des comportements que les médias célèbrent et, d’une façon insidieuse et détournée, finissent peut-être par encourager ?