Comme l’indique la Quatrième de couverture, ce livre « ne traite que d’un seul sujet, une idée fixe : les hommes ». Du premier amour au mari, de l’amant au passant, à l’éditeur, au père et même au lecteur, Camille Laurens décline son sujet sous tous les angles, physique, sentimental, personnel, relationnel…

Il ne s’agit pas là d’un roman mais d’une longue confidence, avec le prétexte narratif d’une confession à un psy dont le physique l’a frappée et qu’elle a suivi.

Donner un avis sur cet ouvrage est délicat car il est… attachant mais très atypique ! Non, il ne se lit pas d’une traite dans la mesure où ce catalogue ne suit pas un ordre précis, même si la vie de la ( pseudo ? ) narratrice peut sembler en être le fil conducteur, avec çà et là des généralités et des listes. A la vérité et comme l’auteur le confesse, même si le sujet, ce sont les hommes, cette longue confession est plutôt destinée aux femmes. Dommage en ce cas que les hommes ne la lisent pas. Il ne s’agit pas là d’un pamphlet féministe ( j’allais ajouter : au contraire ! ). En effet, Camille Laurens aime les hommes, tous les hommes, elle les recherche, elle éprouve le besoin de leur présence, de leur contact.

Parfois, le lecteur ( mâle ? ) se surprend à penser : que d’hommes dans la vie de la narratrice ! Ou encore, face à la rudesse ou la crudité de son regard : « là, elle exagère ! » A la réflexion, moins qu’il n’y paraît. D’ailleurs Camille Laurens se défend d’être à l’origine du « j e » qui accompagne la lecture. Un je qui souvent se transforme en « elle » - mais le lecteur n’est pas dupe puisque « elle » a vécu au Maroc et a fréquenté le milieu enseignant…

Il s’agit donc là d’une forme mal déguisée d’autobiographie, à travers le prisme d’un… objectif fixe : les hommes.

Une lecture édifiante qui ne devrait pas échapper aux lecteurs masculins.

Parfois, dans un salon, quand une jeune lectrice achète La Fille de 3èùme B, je me permets de la prévenir : « Attention, malgré le titre, il s’agit ici du journal intime d’un garçon ! ».

Neuf fois sur dix, la jeune lectrice sourit avant de me répondre :

- Pas grave, au contraire : c’est surtout ce point de vue qui m’intéresse ! »

Lu dans sa petite version souple Folio, une réédition qui précise que l’ouvrage a obtenu le Prix Fémina en l’an 2000 - je sais, j’ai du retard dans mes lectures… et, plus étonnant, le Prix Renaudot lycéen. Des lycéennes se sont donc reconnues dans cet ouvrage ?