Jocelyne a 47 ans, une bouée en guise de taille, une mercerie à Arras, un blog ( dixdoigtsdor ) qui marche très fort, un mari ordinaire ( Jocelyn, comme Jocelyne mais sans e, très important ), un bébé-fille mort à la naissance, un fils presque perdu de vue à Grenoble, une fille cinéaste et prometteuse, une maman décédée d’une attaque et un papa AVC qui perd la mémoire toutes les six minutes…

Bref, Jocelyne n’a plus beaucoup d’illusions.

Ah, elle a aussi deux gentilles voisines coiffeuses ( Danièle et Françoise ) qui jouent au Loto depuis 18 ans. Et perdent très souvent.

Jocelyne, elle, joue une fois. Et gagne. 18,5 millions d’euros.

Alors commence une série de listes ( celle de ses besoins, de ses envies, de ses folies ) et une série de réflexions. Jusqu’à ce que survienne un événement inattendu. Lié à une lettre en trop.

Quant à la suite… eh bien il faudra la lire !

Et ça ne vous prendra pas très longtemps.

Parce que La liste de mes envies n’est pas un roman-fleuve. Plutôt une novella, comme disent les Américains. Pourtant, ce petit roman ch’ti est bien français. Un récit qu’on lit en moins de deux heures et qui, au départ, n’a l’air de rien. Une histoire pleine de mots simples, de phrases courtes, de passés simples inattendus et, peu à peu, de formules évidentes et superbes qui font mouche à tout coup.

Eh oui… après une page ( 98 ) géniale qui vous arrache des larmes, le livre acquiert soudain une densité et un rythme inattendus. Car la suite est pleine de surprises, d’amertume, de peines et de bonheurs. Si l’on excepte quelques invraisemblances ( difficile d’imaginer Jo lire et digérer Belle du Seigneur, mais bon… ), c’est là, comme le prétend la rumeur populaire, un texte inattendu et rare.

Moralité : de même que L’amour dure trois ans ( Frédéric Beigbéder ), le bonheur coûte moins de quarante euros ( p. 78 ). Juste seize.

Eh oui, seize euros, c’est le prix de ce beau livre format moyen, dans la ( fausse ) Collection Blanche de chez JC Lattès. Un livre que vous finirez même par prêter à vos pires ennemis.