Tom et sa mère célibataire, Jocelyne ( dite Joss, 25 ans ) vivent chichement dans un mobil home. Aussi, Tom va-t-il de temps à autre chaparder des légumes dans le jardin de leurs voisins anglais retraités, Odette et Archibald, qui font gentiment semblant d’ignorer ces chapardages…

Devenue mère trop jeune, Joss fait passer Tom pour son frère cadet ; aide-ménagère intermittente et un peu paumée, elle cherche l’âme-sœur avec l’aide de sa copine Lola. Et surtout, elle en veut au petit voyou qui l’a engrossée à 13 ans et a disparu ( il était en prison pour vol ! ) Joss en veut aussi à ses gros seins qui attirent toujours le regard des hommes. Elle économise pour se faire réduire la poitrine qui, croit-elle, fait d’elle une femme-objet.

Entré clandestinement dans un jardin inédit, Tom y découvre une vieille femme qui, depuis la veille au soir, n’a pu se relever. Il la relève et la soigne avant de nourrir ses chien et chat aussi vieux et pitoyables qu’elle. Difficile de voler une arrière-grand-mère impotente !

Tom appelle donc les pompiers à la rescousse avant de s’éclipser. Mais il reviendra souvent pour lui donner un coup de main ; il fait aussi la connaissance de Samy, un employé des pompes funèbres qui s’intéresse de près à lui… surtout depuis qu’il a deviné que Tom est né juste après qu’il a plaqué Joss, qu’il aimerait bien retrouver.

 

En lisant Petit Tom… on pense forcément à l’Ajar de La vie devant soi et à la Gavalda de Ensemble c’est tout. Car ce qui fait le charme de ce petit roman, c’est…

* son ton très enlevé – son style « indirect libre » qui met le lecteur successivement à la place de chacun des nombreux protagonistes : Tom, Joss, Madeleine, Samy, Archibald et Odette…

* ses personnages presque tous border line, en marge de la société, des portraits attachants et hauts en couleur.

* une sorte de naïveté généreuse qui met le lecteur d’autant plus en joie que la conclusion, très attendue, révèle pourtant de très bonnes surprises.

Un roman alerte et positif, où toutes sortes de misères ( financières, sociales, intellectuelles ) côtoient une entêtante joie de vivre.

Barbara Constantine écrit aussi pour la jeunesse ( Voisins, voisines et Jules le chat chez Rageot, pour les 9 ans et plus ! )

 

Lu en livre de poche classique, un joli petit ouvrage pas cher et tout vert.