D’après l’OMS, les particules fines émises par les moteurs diesel causeraient 42 000 morts chaque année. Vous avez bien lu.
Résultat : on va sans doute proposer une nouvelle « prime à la casse » pour encourager les possesseurs de ces vieux véhicules ( ah oui… les nouveaux modèles ont un filtre à particule, ouf !) à les mettre au rebut pour acheter un véhicule neuf. Et aussi augmenter le prix du gazole pour persuader ces nouveaux acheteurs d’acquérir un véhicule à essence.
Remplaçons un instant le véhicule diesel incriminé par le mot : médicament Duschmoll. Le raisonnement deviendrait le suivant :
D’après l’ANSM ( agence nationale de surveillance du médicament ), le médicament Duschmoll causerait 42 000 morts chaque année. On va donc proposer à leurs utilisateurs de rapporter les boîtes en pharmacie et de les rembourser en partie. Et l’on va augmenter le prix des nouvelles boîtes pour encourager les malades à utiliser un médicament moins dangereux.
42 000 morts par an ! C’est dix fois plus que les accidents de la route !
Mais que fait la police ?
En toute logique, on devrait interdire l’usage de ces véhicules, les retirer aussitôt ( pas de gré, mais de force ! ) du marché. Et au besoin, proposer ( et même imposer ! ) à leurs anciens propriétaires l’achat de véhicules propres, au besoin électriques – imaginons par ailleurs le nombre d’emplois créés à cette occasion !
Ou alors, puisque cette annonce a été malencontreusement précédée par celle… des baisses catastrophiques des ventes de véhicules français neufs en 2013, révéler la vérité  : bon sang, soyez des bons citoyens, achetez une voiture neuve ! Et fabriquée en France si possible ! ( là, c’est plus délicat, il faudrait nuancer : ou alors, hum, des véhicules de marque française, même s’ils sont fabriqués en Roumanie, etc.
Gageons que des technocrates ont étudié d’autres moyens. Par exemple la taxation de véhicules étrangers ( ou français mais vendus à l’étranger ) de façon à ce que l’acheteur français soit incité à obéir à l’injonction ( à peine déguisée ) formulée ci-dessus. Mais là, on se heurte à de nouvelles difficultés : si on taxe ces véhicules fabriqués dans d’autres pays, ces dits pays vont, par mesure de représailles, taxer eux aussi, voire interdire, les produits français ( centrales nucléaires, armes, vins, parfums, foie gras, j’en passe ! ) exportés dans ces mêmes pays.
Ben oui, c’est la logique du marché. De l’économie de marché. Qui fait passer la production, l’emploi ( hum… disons plutôt la consommation ? ) avant la santé de la population. Et qui ne se préoccupe de sa santé ( les cancers du poumon provoqué par la cigarette, par exemple ) que lorsque la dégradation de cette dernière finit par coûter plus cher au pays que l’usage de produits nocifs.
On se souvient de la formule qui tue : « le socialisme, ça ne marche pas ». Dont acte. Mais l’économie de marché, ça marche vraiment mieux ?