Légiste divorcé et père de deux enfants, le Dr Kerrison, 45 ans, assure l’autopsie d’une jeune fille étranglée dans une marnière, au retour d’un bal.

La fille de Kerrison, Eleanor ( dite Nell, 16 ans  ) prend soin de son petit frère William, n’aime guère la bonne  ( Miss Willard ), et déteste surtout l’un des collègues de son père, le Dr Lorrimer, qui lui a récemment interdit l’entrée du labo où elle venait trouver son père.

Au laboratoire Hoggatt ( le nom de son fondateur ), celui de Kerrison, travaillent aussi l’inspecteur Doyle ( c’est lui qui a trouvé le corps ), Howarth et Middlemass, le « spécialiste des documents » ainsi que l’inspecteur Blakelock, Clifford Bradley ( dit Cilff ), Mrs Foley, Mrs Bidwell ( la femme de ménage ) et Brenda Pridmore, la réceptionniste.

Car peu après le meurtre de la jeune fille… le Dr Lorrimer est retrouvé assassiné à son tour dans le labo !

C’est seulement à ce moment-là qu’apparaît, pour la double enquête, le commandant Adam Dalgliesh et son collègue légiste Charles Freeborn…

Ce résumé du premier quart de Mort d’un expert ne permet pas, hélas, de livrer dans son intégralité la liste des personnages, des suspects et des relations subtiles nouées entre eux au fil des années. Certes, ce roman est ancien ( 1977 ) mais… il a quelque peu vieilli, moins dans l’imbroglio de ces meurtres imbriqués que dans le ton, la structure et le style de P.D. James.

Il est toujours intéressant d’analyser ce qui, malgré toute la qualité ( c’est le cas ! ) d’une intrigue, en ralentit l’action et en rend la lecture complexe, voire laborieuse.

Certes, l’horizon d’attente des lecteurs de polars ( et ici de vrai policier ) a changé. On attend une lecture aisée, si possible claire et fluide afin de disposer des mêmes éléments que l’enquêteur pour deviner qui est le coupable.

Mais ici, comme d’ailleurs dans la plupart des romans de cet auteur, non seulement le lecteur est invité à adopter le point de vue de nombreux personnages successifs, mais il doit aussi être attentif à leur passé, leur caractère, leur domicile, les anecdotes et émotions qui ont sans doute un rapport avec l’action future… De plus, il est toujours gênant de voir apparaître le héros ( ici, le commandant Dalgliesh ) après le premier quart du récit.

Aucun doute : P.D. James est un écrivain authentique ; elle ne se contente pas d’aligner des faits, mais elle met un malin plaisir à décrire le caractère, le physique, et parfois la moindre action  ( souvent mineure ) de ses personnages. Autrement dit, on a vrai un roman ambitieux de littérature générale, ici doublé d’une intrigue complexe que le lecteur perd parfois de vue au profit des descriptions et des détails dans lequel il craint parfois de se noyer.

Ajoutons qu’il s’agit toujours, chez P.D. James, d’un roman avant tout anglais, à la fois dans le ton, l’ambiance et la conduite de tous ses personnages. Un défaut plein de qualités… à moins que ce ne soit l’inverse !

Lu dans une version poche d’une rare densité, une sorte de Pleiade bon marché avec couverture souple : ce volume comporte trois ( gros ) romans, sur papier bible, 1120 pages aux caractères bien serrés. Une semaine de lecture ininterrompue assurée !

CG.