Le commandant Adam Dalgliesh a hérité d’une tante un vieux moulin dans le Norfolk, où il va retrouver son ancien collègue Terry Rickards, qui y est devenu inspecteur principal.
Or, le Norfolk en général, et la Centrale nucléaire de Larksoken en particulier, sont en émoi. La région est en effet hantée par la présence d’un tueur en série, surnommé le Siffleur, qui tue des jeunes femmes à la nuit tombée, leur grave un L sanglant sur le front, et leur glisse des cheveux – des poils, plus précisément – dans la bouche ( mais ici, le mot hair a l’inconvénient en anglais d’être le même pour poil et cheveu… ce détail a hélas une grand importance dans le récit ! )
Bref, les femmes n’osent plus sortir le soir – et 500 employés travaillent à la Centrale, près de laquelle opère toujours le Siffleur.
Quant aux suspects, ils sont nombreux. Il y a par exemple Blaney, ce pauvre veuf qui gère ses trois enfants et vit sur le domaine d’Hilary Robarts, la sévère responsable de la Centrale. Il y a aussi Neil Pascoe ( et Amy, la jeune paumée qu’il a recueillie ), qui vit lui dans une caravane et est un antinucléaire notoire, Hilary Robarts est devenue son ennemie intime…
Peu après un dîner donné par l’écrivaine Alice Mair ( dont le frère Alex, avec lequel elle habite, est le second d’Hilary Robarts… et même son ancien amant ) auquel participent quelques amis et employés, la dite Hilary est retrouvée morte au bord de la plage – par Adam Dalgliesh en personne… qui va donc faire partie des suspects, d’ailleurs c’est Terry Rickards et ses collègues qui enquêtent, pas lui !
Toutefois, même si ce meurtre a toutes les caractéristiques d’un assassinat du Siffleur… ce ne peut pas être lui  ( pour des raisons que le lecteur curieux de lire l’ouvrage n’a pas à connaître ici ! ). Qui a voulu lui imputer cette nouvelle victime ?
Un assassin peut en cacher un autre…

C’est là sans doute l’enquête la plus complexe, mais peut-être aussi la plus passionnante d’Adam Dalglish. L’auteur se régale sans doute en égarant une fois de plus le lecteur dans une longue galerie de portraits hauts en couleurs, et dans une véritable jungle d’indices et d’intérêts mêlés. Aussi ne faut-il pas hésiter à prendre des notes au fil de la lecture pour savoir qui est qui, et retrouver les liens ( femme, fille, époux, secrétaire, ex directeur, frère, sœur, ancien amant, j’en passe ! ) existant entre tous ces personnages.
Une fois de plus, on peut aussi déplorer les tics de P. D. James qui passe d’un personnage à un autre et va même parfois jusqu’à oublier ( volontairement ? ) de dire au lecteur de qui il s’agit… Un petit jeu qui peut finir par irriter, d’autant que le labyrinthe est déjà assez complexe. Bref, un vrai grand et bon roman policier ( devenu d’ailleurs un classique ) à lire si possible d’une traite, pour ne pas perdre le fil, et un crayon en main !
Ajoutons, à l’usage des traducteurs et correcteurs, qu’on ne change pas la rondelle d’un robinet ( ça s’appelle un joint ), et qu’à la question : Vous avez vu si elle était chez elle ? on ne peut pas répondre en français : J’en ai vu ni pied ni aile – qui doit être l’expression anglaise traduite mot à mot, no hands, no feet no wings ?

Lu dans sa version Pochothèque. C’est là le troisième et dernier roman du volume 2 de l’intégrale ( Classiques modernes… bel oxymore ! ) des enquêtes d’Adam Dalgliesh de P.D. James.