Dernier d’une fratrie de quatre, Daniel Pennacchioni était un cancre, au grand désespoir de sa mère ( persuadée jusqu’au bout qu’ « il ne s’en sortirait jamais » ) et malgré l’appui et la complicité de son frère Bernard. Sa scolarité chaotique fut cependant sauvée par quatre profs exceptionnels, auxquels l’auteur rend hommage.
Devenu lui-même enseignant de Lettres ( notamment à Belleville ), Pennac se souvient de s’être intéressé… aux cancres, et avoir usé avec eux de mlle stratagèmes pour les initier à la lecture, l’orthographe, la grammaire… et à la littérature en général.

Une biographie ?
En partie. Ici, l’auteur de Comme un roman tente de comprendre la nature même du cancre d’autrefois… et celle des jeunes d’aujourd’hui, qui sont fréquemment en difficulté scolaire.
Didactique, cet essai déguisé ? Non, très modeste au contraire. Au fond, Pennac livre au lecteur ( et aux profs de Lettres ! ) quelques trucs et ficelles, au fil de souvenirs et d’anecdotes tour à tour drôles, émouvants, attachants.
Cet ouvrage inclassable, qui se dévore d’une traite, devrait être lu par les enseignants, les parents… et celles et ceux qui ressassent le même regard critique sur l’école.
Si Pennac attaque parfois certaines méthodes d’enseignement, il livre aussi des clés qui, à mes yeux, paraissent évidentes. Sans doute parce que ( sans être Pennac ! ), j’ai le même âge et le même parcours que lui, notoriété en moins. Elève en difficulté, prof puis écrivain, j’ai usé en classe de la même pédagogie et souvent des mêmes trucs pour faire lire mes élèves.
Sa réflexion sur « l’élève consommateur », qui clôt l’ouvrage, est exemplaire. Parce que le cancre est moins le résultat du système éducatif… que du système tout court, notre belle société de consommation !

Lu dans sa version poche pratique et bon marché… un classique du genre.