( Des ) catastrophes ( pas si ) naturelles ?

Face aux inondations et aux submersions récentes – sans parler d’une douceur exceptionnelle pour un mois de… février – on s’interroge : la météo serait-elle devenue folle ?
De mon temps ( ben oui, je suis un vieux schnock ! ), j’entendais ma mère affirmer souvent : « Y a plus d’saisons ! Forcément, avec tous les spoutniks qu’ils envoient, ça finit par détraquer le ciel ! »
Les météorologues sont plus prudents : la climatologie, ce n’est pas leur truc. Impossible d’affirmer que ces phénomènes ont un rapport avec le réchauffement climatique ( toujours nié ou remis en cause par quelques irréductibles ). Simplement, ils constatent : les anticyclones remontent. Ceux qui frappaient l’Afrique ou l’Espagne il y a quelques années se jettent de plein fouet sur la côte basque et la Bretagne. Bizarre – oh, mais ça s’est déjà vu.
Ah… on nous signale aussi, entre deux infos sur les problèmes de cœur de notre Président et les espoirs de médailles des JO d’hiver, que 2013 a été l’année la plus chaude depuis… j’ai oublié. Et aussi que sur les treize premières années du XXIe siècle, onze font partie des plus chaudes jamais enregistrées. Les climatologues s’accordent aussi à affirmer désormais qu’on est loin de deux degrés supplémentaires redoutés pour la fin du siècle. Le réchauffement climatique se poursuit à un rythme qui permet d’envisager très sérieusement +5° ( de trop ? ) du côté de l’an 2100… ce qui me rappelle un roman dont je crois avoir été l’auteur en 2008, époque où pas mal de lecteurs me disaient : « tout de même, +5°… c’est un scénario vraiment pessimiste ! » J’ai envie d’ajouter : « et encore, on n’a pas tout vu ».
En revanche, ce qu’on constate, c’est que les « catastrophes naturelles » se multiplient, par exemple les incendies de plus en plus incontrôlables dans certaines zones des Etats-Unis ou en Australie. Or, une catastrophe naturelle, l’homme n’en est pas le responsable. C’est comme un tremblement de terre ou une éruption volcanique. Donc les assurances vont payer. C'est-à-dire vous et moi. Et tout ça ( si l’on y réfléchit un tout petit peu ) parce que :
·    les trusts pétroliers se réjouissent de pouvoir enfin exploiter les gaz de schiste ( très bon signe, que la glace de l’Arctique se mette enfin à fondre : ça va dégager de nouvelles voies maritimes commerciales, et permettre le forage en haute mer sans avoir à traverser des mètres et des mètres de glace ! )
·    les maires des villes côtières ou voisines d’un cours d’eau donnent les autorisations de bétonner le sol ( il faut bien construire, ça rapporte des impôts locaux, des particuliers et des commerces s‘installent – et tout ça crée des emplois, non ? ), ce qui empêche les eaux de pluie de s’écouler dans la terre… donc elles ravinent et gonflent les cours d’eau, elles s’étalent…
J’en passe.
Naturelles, ces catastrophes ?
A y regarder de plus près, pas tant que ça. Si vous voulez mon avis, et si vous avez de l’argent à placer, pensez donc aux sociétés d’assurance. Et à celles qui construisent des digues. Elles sont promises à un brillant avenir. D’autant plus que ces remboursements ( ou ces gros travaux ) seront financés ou remboursés par… vous-mêmes, indirectement. Et ayez tout de même une petite pensée jalouse pour ces gros trusts qui, eux, continuent de prospérer en étant les vrais responsables des ces conséquences « naturelles », qui continuent d’échapper à l’impôt et de mettre leurs milliards de bénéfices à l‘abri dans les paradis fiscaux, c’est toujours ça de gagné.
Ah… mais j’ai sûrement tort de mettre le doigt là où ça fait mal. Récemment, un camarade auteur ( qui a le malheur de donner lui aussi dans la SF, l’anticipation et les vains avertissements – qui est-ce ? Devinez !  ) m’a révélé qu’un autre de ses camarades, un poète, passé juste après lui dans un établissement scolaire, s’était entendu affirmer :
- Votre collègue ne nous a parlé que des cataclysmes qui menacent l’humanité dans le futur ! Eh bien on ne l’invitera plus !
Une réaction normale : après tout, dans les civilisations antiques, on avait coutume de mettre à mort ceux qui vous annonçaient de mauvaises nouvelles, le refus de signer un pacte ou une déclaration de guerre. Une politique de l’autruche que le grand philosophe Pierre Dac résumait avec un superbe aphorisme : « Quand on dit :  ferme la porte il fait froid dehors, ce n’est pas parce qu’on a fermé la porte qu’il fait moins froid dehors. »

A méditer.

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