Bout du monde, Olivier Silloray, Magnard Jeunesse

Dans le village Bout-du-Monde, le jeune Naïki n’a pas les qualités d’un chasseur comme son frère Yawao. Plus tard, il restera sans doute avec les femmes à cultiver les légumes sans subir les scarifications rituelles à la « Grande Pierre des Ancêtres », porteuse d’une étrange prophétie. Mais un jour arrive au village une belle étrangère, Kikaé, qui va bouleverser le cœur des hommes et pousser Naïki à quitter le village et à explorer le monde…

Son voyage initiatique va le mener hors de la grande forêt, dans Ville, puis au Port… et sans doute sur un autre continent où son aspect et ses coutumes de sauvage vont intriguer ou surprendre, avant que Naïki ne revienne, une fois « civilisé », dans le village de ses ancêtres.

Ce roman initiatique et ethnologique commence comme de la fantasy et se poursuit de façon plus réaliste avec l’unique point de vue de Naïki : sa pensée, son langage, ses réactions face à un monde qu’il découvre : le nôtre. Et c’est là la grande force de ce récit en apparence simple… et en réalité magnifique et terrifiant ! Parce que peu à peu, le lecteur comprend que ce morceau de vie qui va mener le narrateur de sa forêt natale ( L’Amazonie ? ) à la Ville, va lui faire prendre la mesure de sa Différence : les sauvages du Bout-du-Monde ne sont sans doute pas de « bons sauvages » - mais les « Civilisés » qui vont l’accueillir sont bien pires : propriétaires auto-déclarés d’une terre qui ne leur appartient pas, destructeurs d’une nature nourricière, individus violents et prétentieux qui se croient supérieurs…

Ce récit bref et édifiant possède une force peu commune. Littérature jeunesse ? Non : récit philosophique qui rappelle le meilleur de La Forêt d’Emeraude de John Boorman !

Lu dans sa version unique, un joli format moyen, belle couverture et typographie agréable.

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