Lucy Shaeffer travaille dans un cabinet de New York.

D’origine russe, elle a quitté la Californie et son mari Scott après la mort ( subite du nourrisson ) de leur bébé Stevie . Elle a aussi et surtout quitté sa famille : sa sœur Jane, ses tantes, son père et sa mère – devenue folle elle aussi peu après la noyade de son troisième enfant, le petit Nicky.

Mais à l’annonce de la mort ( suspecte ) de son père, noyé dans l’océan au même endroit que Nicky ( il avait alors quatre ans ), elle se voit contrainte de revenir dans la maison familiale. Elle va y subir, comme beaucoup d’autres proches et amis de la famille, l’interrogatoire d’une jeune policière et de son vieux collègue, Rougemont, qui a participé à l’enquête à la mort du petit Nicky.

Lucy a d’étranges souvenirs ; elle a déjç été traumatisée par l’étrange légende familiale de sa famille qui a dû quitter la Russie au début du XXIe siècle : un long et terrifiant périple au cours duquel sa grand-mère a perdu son bébé dans un train…

Bref, beaucoup d’enfants décédés ( y compris parmi les amis de la famille Shaeffer ), dans des conditions parfois bizarres et/ou suspectes.

A contrecœur, Lucy va donc retrouver sa famille et ses anciens voisins, qu’elle a bien connus quand elle était petite. Et mener un peu malgré elle sa propre enquête sur la mort de son père et, à l’occasion, sur celle d’autres bébés – dont le sien !

Je suis tombé sur ce vieux thriller ( il date de 2004 ), une « lecture de vacances » improvisée.

Un long récit ( 500 pages ) à la première personne, relaté par une femme qui se croit coupable de tout et a parfois du mal à savoir si ses souvenirs sont authentiques ou inventés – c’est là le ressort principal et psychologiquement pertinent - du récit.

Une histoire pleine d’apartés, de souvenirs d’enfance, de descriptions et de rebondissements.

Car les circonstances de la mort du père vont l’entraîner très loin dans le passé.

Et la présence d’un inconnu qui s’introduit clandestinement dans la maison du défunt va peu à peu la mener à suivre d’autres pistes… il faut attendre la fin de la première moitié du récit pour obtenir un renseignement capital… et lire les cinquante dernières pages pour comprendre que tous ces événements étaient bel et bien liés.

C’est un roman sans aucun doute facile et agréable à lire, un récit familial édifiant – et terrifiant en définitive.

Liz Rigbey sait tenir son lecteur en haleine, même si elle a parfois tendance à ralentir l’action en insérant des descriptions ( parfois sans lien avec l’action ) et des souvenirs entre les dialogues. Certains chapitres pourraient sans doute en faire l’économie, mais c’est la liberté de l’auteur ! Au final, un thriller bien ficelé, aux personnages multiples – mais là, prudence : la plupart d’entre eux ont de près ou de loin un rôle dans le cœur de chacune des énigmes.

Et la fin ( à la manière d’Agatha Christie ) justifie les attentes ( et parfois les impatiences ou l’agacement ) du lecteur.

CG