Le tome 1, La prophétie des oiseaux, nous entraîne sur une Terre du futur envahie par les eaux, conséquence prévisible du réchauffement climatique.

La jeune Flavia Maurel ( 16 ans ), orpheline, vit avec son oncle Anatole Farge, l’un des derniers guetteurs chargé de surveiller la montée des océans. Et justement, la haute dune toute proche menace d’être envahie par les eaux.

Anatole et Flavia subsistent en solitaires au bord de l’océan, sans doute quelque part en Aquitaine. Peu de voisins, des visites rares ( celles de Matthieu et de l’oncle Jean ) et un environnement rude, car les communications avec le monde sont quasiment coupées.

Anatole veut convaincre Flavia de fuir cette zone à risque – et de participer à une célèbre émission télévisée, Le choix final. L’heureux vainqueur de ce jeu sera le dernier passager de l’Espérance, un transatlantique qui rejoindra l’Amérique, qu’une digue géante protège de la montée des océans. Le rêve américain, une fois de plus… Un rêve, vraiment ?

Flavia se résigne à quitter son oncle et à tenter sa chance au Choix Final.

En bonne autodidacte, elle est très cultivée, surtout dans les domaines de l’écologie… et des oiseaux. Est-ce grâce à Anatole qu’elle entretient avec eux des liens particuliers, intimes, qui la renseignent sur le climat ?

Grâce à la complicité d’un ancien producteur ( Noël Nora, de l’émission La Planète Bleue ) elle participera à ce jeu. Et finira par partir en Amérique, mais d’une autre façon : avec le Samantha, un étonnant brick-goélette piloté de main de maître par le capitaine Samuel Blunt.

Seulement Flavia n’est pas seule… d’autres migrants sont aussi du voyage.

Migrants ? Oui. Car l’Amérique refuse l’intrusion de tout étranger sur son territoire !

En outre, si New York est bien protégé des eaux, ce n’est pas forcément le paradis dont on peut rêver. Surtout quand on s’y introduit clandestinement…

Faut-il préciser que dans le tome 2, Horizon Blanc, Flavia va faire mille et une découvertes, et comprendre que son statut d’orpheline n’est pas… évident.

Flavia a été recueillie et adoptée par Chris – et leur amour est vite partagé. Sauf que les deux tourtereaux vont être séparés. Leur quête va les mener… au bout du monde !

Jusqu’à une île du Pacifique – c’est le tome 3 : Sur les ailes du vent.

Le lecteur comprend alors qu’une équipe de scientifiques travaille depuis des années à un projet stupéfiant : la mise au point d’une énergie nouvelle qui pourrait permettre à la population de survivre – mais voilà : les pays de la planète sont en décomposition, aucune communication n’est plus possible entre eux, faute de satellites.

Et surtout, un pouvoir totalitaire maintient les Américains dans l’ignorance totale de ce qui se passe ailleurs.

Sans que la population s’en inquiète le moins du monde…

Difficile et délicat de résumer les aventures de la jeune Flavia sans dévoiler les secrets de famille dont elle est l’objet… une famille nettement plus grande que le lecteur peut imaginer !

Et elle n’est pas la seule dans ce cas. Car le capitaine Blunt lui-même…

Bref, voici une vraie ( fausse ) trilogie passionnante qui relève autant de l’anticipation que du fantastique.

Fantastique ? Oui, sans doute.

Car Flavia entretient avec les oiseaux des rapports quasi surnaturels.

Et le Samantha va passer de l’Atlantique au Pacifique d’une façon… très acrobatique !

Hélène Montardre est un auteur majeur de la littérature jeunesse contemporaine.

Dans Océania, elle parvient, de tome en tome ( ah oui… en réalité, il y en a quatre ), à tisser des liens familiaux qui frôlent les ambitions d’un Ken Follett !

Dans Le murmure des étoiles ( le tome 4 ), on en apprend davantage sur cette fameuse énergie nouvelle, dont la mise au point est en réalité le nœud de tous les événements des trois tomes précédents.

Le jeune lecteur sera captivé par la personnalité de l’héroïne, et entraîné dans mille et un rebondissements grâce à un style à la fois vif et poétique, très riche en dialogues.

Anticipation ? Fantastique ? Science-fiction ?

Dystopie ? Roman d’apprentissage ?

Il y a un peu de tout cela, dans Océania.

Avec, il est vrai, certains faits que l’actualité a démentis.

Par exemple, quand Noël Nora, dans Sur les ailes du vent ( page 309 ), explique qu’ « au début du siècle, la planète a dû faire face au changement climatique. Certains gouvernements s’y étaient préparés, comme celui des Etats-Unis, d’autres se sont laissé surprendre. »

C’était avant l’élection de Donald Trump !

Oui, La Prophétie des oiseaux est sorti en 2007.

Cela enlève-t-il l’intérêt d’Océania ? Pas une seconde !

Car l’analyse de ce futur me semble plus que pertinente, avec le durcissement des pouvoirs, l’égoïsme des nations riches et l’action souterraine de ces « grands groupes financiers ( qui ) se sont constitués et sont devenus des acteurs incontournables en matière d’économie et donc de politique. »

Lu dans sa version d’origine, trois magnifiques grands formats superbement illustrés ( dépliez les rabats… et vous aurez un tableau panoramique du plus bel effet ! )

Océania est aussi disponible en poche !

C.G.