La jeune Robin, chômeuse, vient de se fiancer à Mattew ; elle trouve un emploi intérimaire de secrétaire chez le détective privé Cormoran Strike, qui est endetté et frôle la faillite.

Strike a 43 ans, est amputé d’une jambe et porte une prothèse. De plus, son amie de toujours, Charlotte ( une éblouissante beauté brune ) vient de le quitter – après de nombreuses brouilles successives - ce qui l’oblige à squatter son propre bureau, où il dort désormais.

Mais une nouvelle affaire pourrait le remettre à flot : John Bristow, le ( demi-) frère de la célèbre mannequin Lula Landry vient lui demander d’enquêter sur son décès. En effet, trois mois auparavant, Lula s’est jetée du balcon de son appartement ( un immeuble de luxe, sécurisé ) – sans nul doute un suicide, justifié par les disputes avec son ami du moment ( Evan Duffield, une vedette ! ) et sa nature instable et dépressive. Mais John Bristow n’y croit pas.

En effet, Tansy Bestigui, la voisine du premier étage, ( hélas accro à l’héroïne ) a entendu une dispute cette nuit-là ; et elle aurait vu quelqu’un pousser Lula depuis son balcon ! Difficile de croire ce témoin : sa chambre dispose d’un triple vitrage – et il gelait à – 10° cette nuit-là.

Strike enquête, superbement secondé par Robin : il contacte les proches de la victime :

  • une SDF black que Lula avait prise en amitié ( enfant adoptée, Lula était métisse et revendiquait ses origines africaines, aqu grand dam de ses parents adoptifs ! )

  • Ciara Porter, une collègue mannequin,

  • Evan Duffield, son ancien amant qui devait la retrouver ce soir-là – mais il dispose d’un alibi en béton.

  • sa mère biologique – et sa mère adoptive, en train de mourir d’un cancer.

  • Guy Somé, le grand couturier pour lequel Lula travaillait

  • Bryony, la maquilleuse de Lula.

  • L’époux de Tansy Bestigui, un producteur qui souhaitait faire tourner Lula avec…

  • Deeby Macc, un rappeur célèbre, et le futur nouveau voisin de Lula.

  • Kieran, le chauffeur de Lula, beau comme un dieu et qui espérait un rôle au cinéma.

Ce qui intrigue Strike ( et le lecteur ), ce sont ces deux inconnus ( des Blacks ? ) qui semblent fuir dans les rues de Londres à 1H30 du matin. Et aussi la présence d’une feuille de papier bleu sur laquelle Lula aurait griffonné quelque chose… un document qui a disparu.

Bref, l’enquête de Strike s’annonce longue et complexe – et elle passionne sa secrétaire au moins autant que lui.

Le détective aurait dû s’en séparer mais il finit par la garder, quitte à la payer au noir…

Robert Galbraith… cet auteur vous est inconnu ? Non, vous la connaissez : c’est le pseudo qu’a choisi J.K. Rowling pour sa nouvelle carrière après la fin de sa saga Harry Potter !

On sait d’ailleurs comment elle a échoué, en présentant un premier roman ( Une place à prendre ) à vingt éditeurs qui l’ont refusé. Une affaire qu’elle a livrée au grand public… et qui a fait du bruit, évidemment !

Par la suite, sous le nom de Robert Galbraith, J.K. Rowling a entamé une série policière dont L’Appel du coucou est le premier ( gros ) volume et Strike l’enquêteur récurrent. Le coucou en question est le surnom que donnait le couturier Guy Somé à sa mannequin préférée.

Que dire de J.K. Rowling en tant qu’auteur de roman policier ? Sincèrement ?

Pour ma part, j’en pense… le plus grand bien !

Est-ce parce qu’il s’agit d’un auteur jeunesse ? Force est de constater que son style ( sans effet, sans recherche, mais d’une excellente tenue, très classique ) est d’une grande efficacité. L’action avance, tout se succède sans effort, les personnages – très nombreux - sont typés et très attachants, les rebondissements nombreux – et parvenu à 100 pages de la fin, le lecteur est incapable de lâcher le bouquin, qui se révèle avant tout une sombre affaire de famille !

Bref, on ne s’ennuie pas une seconde et jamais on ne se perd dans les méandres d’une enquête pourtant difficile. De la belle ouvrage, comme on dit, de facture très classique.

Ah : si vous cherchez de l’horreur, de la violence, du sexe, des courses-poursuites et du sang… passez votre chemin. Ce n’est pas un polar mais un vrai roman policier, doté d’une vraie surprise finale. Les éléments livrés au fil du texte pourraient d’ailleurs ( si vous avez les talents de Sherlok Holmes ) vous permettre de découvrir le ( ou la ? ) coupable.

Gageons que vous n’y parviendrez pas et que vous serez aussi bluffé que moi.

Cette première enquête démontre avec éclat que J.K. Rowling est un écrivain authentique ( après Harry Potter, elle pourrait vivre tranquillement de ses rentes, non ? ) et le digne successeur ( désolé, le mot n’a pas encore de féminin, ; dommage ! ) d’Agatha Christie.

Lu dans sa superbe version grand format, chez Grasset ( 572 pages, 21,50 euros ).

Mais le livre est sorti en poche. Il existe deux suites aux enquêtes de Cormoran Strike – et une série est en cours de tournage.