L’héroïne, Léo, est une ancienne ouvrière de l’usine de chocolat Menier, à Noisiel.

Mais Léo, c’est aussi Léonore Desilles, une fille de bonne famille abandonnée à sa naissance et qui a fini par retrouver (dans un volume précédent, Mon secret est ma chance) ses vrais parents !

Agée à présent de 19 ans, exilée avec son père (et le neveu de celui-ci, Edward) à Guernesey, elle décide de rentrer en France un mois après le retour d’un autre exilé célèbre : Victor Hugo ! Elle retrouve à Paris son amie Margot, sa cousine Hortense… et Emilien, le jeune révolutionnaire dont elle est un peu amoureuse.

Ce dernier va d’ailleurs lui dénicher une place de journaliste à La Marseillaise.

Las ! La France et la Prusse sont en guerre.

Bientôt, c’est la défaite de Sedan et les ennemis s’approchent de Paris…

Tandis que la capitale se prépare à un long siège, Léo se sent déchirée entre deux destins : celui de l’ancienne ouvrière, sensible à la misère du peuple oppressé ; et celui d’une fille de l’aristocratie dont la cousine est une amie de l’impératrice ; eh oui : Eugénie a fui avec son fils en Angleterre après la chute de Napoléon III. Prudente, elle a confié ses bijoux à son amie Hortense, une fortune qui pourrait permettre aux assiégées de subsister…

 

Le lecteur du premier volume va retrouver, avec cette suite, un roman historique fort bien documenté, d’une lecture facile et aux rebondissements nombreux.

L’auteur a le vrai talent de livrer ce qui pourrait tourner en romance mais qui en réalité est un vrai journal : celui d’une jeune Parisienne qui, jour après jour, va assister et participer au siège de la capitale : après l’arrivée de Victor Hugo, la ville subira celle des Prussiens. Léo assistera au vol en ballon de Gambetta, partagera les difficultés des assiégés qui, pour survivre pendant le rude hiver 1870/1871, doivent abattre les arbres des avenues, brûler les meubles, capturer les chats et les rats pour les rôtir – et même, luxe suprême, abattre les animaux du zoo pour en faire des plats destinés à l’aristocratie (on retrouve ici Ficelle, le matou de Léo qui figure sur la couverture du volume 1 ! )

Le style est vif, l’action permanente et la vie quotidienne décrite avec réalisme.

Bref, ce roman « pour la jeunesse » a toute sa place dans les CDI des collèges ; et il pourrait être proposé aux élèves qui plongeraient ainsi dans l’atmosphère de la future Commune de Paris. Ce roman, dans mon esprit, fait écho à un autre récit vieux d’un demi-siècle et qui, je crois, décrocha le Prix Jean Macé en 1975 : l’excellent Les lumières du matin, du regretté Robert Bigot, réédité chez Actes Sud Junior.

Les jeunes lecteurs de 2020 auront sans doute droit à La Commune vécue par Léonore : oui, nul doute que Gwenaëlle Barussaud complètera sa trilogie avec un prochain volume dont l’action se déroulera cette fois en 1971 !

 

Lu dans son unique version, un moyen format à la couverture vivement illustrée.

On apprécie les pages finales qui comportent un historique détaillé ( la guerre de 70 & la Commune ) et le discours que Victor Hugo prononça à son retour d’exil, en septembre 1870.